I.BS PLBUfiS
une maison à volets v^rts a sans doute été émis par lui dans son taudis de la rue Plâtriàre, alors que la privation de verdure lui faisait paraître joli le vert, quel qu'il fûtt comme Robinsoa, fatigué de sa soU* tude, fut r^ûui à l'aspect du visage noir do Von* dredi.
Il n'est pa« heureux non plus d'avoir, au milieu des fleurs si richement, mais si harmonieuBemeot peintes par Dieu, planté des écussons or ei rougo; et de quel rouge I de ce rouge bruyant, étourdissant, ahurissant, qui tientdans les couleurs la place que tient la trompette des marchands de robinets dans la musique.— Ces écussooSt $ur lesquels on a inscrit les prix si bien méritas par les exposants, auraient dâ être, comme les treillages, comme les bancs, comme les tuteiu's, peints en une modeste couleur de bois.
Je me rappelle que Lautour-Mézeray , un vieux camarade à moi , qui est aujourd'hui nn excellent préfet à Alger, et qui cultive maintenant sescamellias au grand aîr^ -m avait , rue Pigale ou rue Blanche , un petit jardin et une petite serre. ^ Je le trouvai un jour au milieu de ses fleurs avec une robe de (Cambre écarlate; rrwje lui fis une horrible et légitime scène à ce sujet \ et coimne c'est un homme de bon sens, ^-*- c'est l'hommago que nous rendons tous à
ceux qui sont ou qui deviennent de noire avis,— il se 1
ren es raisons, et nous sacrifiâmes la houppe- |
lanae e -laie. Ceci dit,
il ne reste que des ébg» 1
à ]e 1 l'ordonnance de la fêle. — Fête des yeu, |
Ci saient les Grecs
en parlant des fleurs. 1
!st aussi riche, aussi mapifique que lescor- |
b' d'azuléc!
posées par MM. Michel,
M 1 , Ma et
— C'est une véritable
II a de fleu
Let dodend
ères Lemiche occupenl
légilimei e f(
lie.
On a remarqué sunou
rhododendrùm ï gran-
des fleurs orangées, — rkododendrum javaniam, — je crois, dont la couleur inusitée brillait singulièrement au milieu des yariétés violettes qu'elle fiil valoir en même temps qu'elle leur doit une partie de son éclat.
Les amaryllis de H. Tarlure, ces beaux lis qu n'ont à leur disposition que le ronge, un peu de blanc et très-peu de vert, — trouvent moyen de se passer des autres couleurs et se parent des nuances différemment éclatantes de celles qui leur ont été accordées. — Comme tes camellias, auxquels ou n'a permis jusqu'ici que le blanc et le rouge, on e» a bioi vendu des bleus et des jaunes, dans les journaux, -*
OÙ ils s'épanouissaient entre les veaux à deux têtes, les crapauds généreux et les araignées mélomanes ; mais je ne les ai jamais rencontrés ailleurs.
Les cinéraires de M. Dufoy offrent doucement aux yeux leurs petites marguerites roses ou bleues, avec les diverses nuances de ces deux couleurs. — Les cydames forment une charmante couronne rose et blanche presque au centre de la tente.
J'ai remarqué, dans les primevères de la Chine de M. Constant, une nouvelle couleur qui commence k s'introduire timidement sur les pétales de ces fleurs qui n'avaient été jusqu'ici vêtues que de blanc et de tilas.
Les camellias de MM. Paillet, Lecomte, Ternaux, etc., quoique fort beaux, ne produisent pas tout l'effet désirable ; ces buissons, naturellement peu touffus, ont besoin, pour l'aspect général, d'être entremêlés d'autres arbustes plus feuillus. — Les mimosas Esterhazy, entre autres, dont je n'ai pas vu une seule dans toute l'exposition, s'il y ^n a, il n'y en a guère, produisent dans le jardin d'hiver des frères Lémichez, rue des Trois-Couronnes, un effet qu'on aurait pu imiter à l'exposition.
Les jacinthes, quoique ayant obtenu des prix, lont assez médiocres.
n tiBS FLEURS,
11 t^sl n fésulUl, but d'efTorta inoessuito. qoe J4 oiË (I e incapable d'apprécjçr.
^e vi; : parler de l'ait de faire paraître las fleorii les légumes et Ibë fruiia dans d'aiUres saisons que celles où la nature les produit-
Flusieurii pris ont été distribués à ce sujet.
mûmeat qiie le, résultat
Je veux bie
chprfhé aveu eit 61 eot
épanouies □ belles et pa\
leurs spieiiuuurs au .
epeinflet d'iatelIigeBca est-à-dire que les roses loisde mars, sont aussi e oeUes qui étaleraient iout nalurellemetit, su
mois de juin ; — que les chrysanthèmes et Las k(l^ tmahs, âoDt dp dit k floffii^o» relwdée, -^ sont SHKÏ beauK q^e s'ils avaient lewi àam leur sâiiM Wgalfi.
Nais H.yaàwt {a tiaiiu« do» bamonitfl qu'n* tendent seuls tes p0«tesr<*i'itt^ell« ikoëtes «assi bia mUtm de c«m. qui liâent dts vers ^oe ceix qui « fiHit, eKtre IgEttiKls, mëins à tiéaucoup, je wtwe a titra.
Les shryssBtbèoifls tscjtHrges, avec ieursMidan un peu mornes, leurs «deura, happeUat atttasi 1> Spàt que la fleur, sont une oote au ri^e concert de rautomne ; — ils paraissent tanies «l à peine n-
ftots^ dans k saison rà lœ primevères 61 \eé puemières violettes sortent joyeuses et éclatantes de la t^rre qui, sous les premières caresses au soleil, — commence, selon l'expression si heureuse d^s jardiniers, à cr mtrer en amour. » Vire tumet.
Est-ea que les roses ne doivent pas s'ouvrir au soleil? EsNse qu'elles ne doivent pas être saluées du bourdonnement des abeilles ? Es^ce qu'elles ne doi- Tent pas servir d'asito à la cétoine, cette belle émeraude vivante ?
Est'Ce que les cerises ne doivent pas, pat leurs iNu» aigreSi nous offrir un mets aussi sain qu'agréa- Ue pendant les premières chaleurs, mets disputé par les oiseaux gazouillants?
Mais^ outre cette dissonance qu'amène datis le beau concert de la nature ce déplacement des productions, esl^ce que fleurs, fruits et légumes artificiels — épanouis, mûris malgré eux^ -^ ont Féclat et la saveur de ce qui obéit tout bêtement à la nature, de ce qui fleurit et se colore sous le vrai soleil ? Est-te que ces fruits et ces légumes ne sont pas du navet fade, déguisé, habillé^ peint,^u navet hypocrite^— mais toujours du navet?
Est-ce que ces roses nées avant terme ont Tair de roses viables? — Est-ce qu'elles respirent? Est-ce
ï« LES FLEURS.
qu'elles sont vivantes ? Est-ce que sans les él vous reconnaîtrez — ia Duchesse-de-Sutkerland et le Géant-des-batailles , et Persian-Yellow el le Géniral-Cavaignac, et le Génie-de-Châleauhriand — et le Souvetiir-de-la-Malmaison, et la Rose-de-ta-reme, — et Louis-Bonaparte, fleur dédiée autrefois par M. Laffay au roi deHuUaiide, et la lUarqtase-Bocceth, et cent autres roses si riches, si spieudides? Est-te que vous les reconnaîtrez da»s ces loques, danstes chiffons rosettes, blanch.llres ou jaunâtres?
Est-ce que ces légumes et ces fruits, prémangés par les riches, ont la saveur des légumes et des fruits que mangeront tes pauvres cet été, et que dédaigneront alors les pauvres riches, par vanité?
Après les fleurs avancées, — voici les fleurs retardées, — ces fleurs qu'on a etnpéché de croître,— comme quelques pauvres êtres qui naissent, comine on dit vulgairement, noués.
Mais, d'ailleurs, — voici un chrysanthème.— qù natureUement serait en fleur au mois d'octobre. — A quoi reconnait-on , lorsqu'on le voit épanoui aijourd'hui , en mars, qu'il est en retard sur le mois d'octobre passé, ou en avance sur le mois d'octobre à venir?
J'ea dirai autant de l'hortensia.
LBSFLELRS. 65
Une question de jury. — « Le jury, dît le livret» regrette que la plante de M. Taveroier, — Thorteniia relardé, — ne soit pas plus avancée. » — Mais puisqu'il s'agit de retarder la floraison d'une plante, moins elle est avancée, mieux elle mérite le prix, — ze me semble.
Tout à coup, comme on parcourait la tente en admirant les résultats en vérité très-beaux obtenus par la Société, on a vu s'épanouir deux sergents de ville parmi les camellias ; en même temps , deux gardes municipaux brillaient au dehors. — On s'est dit alors, que cette subite végétation était l'indice certain de l'arrivée promise, disait-on, d'une visite officielle. — De ce moment, l'empressement de rendre hommage aux visiteurs et un peu aussi la curiosité de les voir ont fait un tort irréparable aux fleurs, shacun a choisi sa place, sans se préoccuper d'autre chose que de la visite attendue.
L'apparition des respectables représentants de l'autorité parmi les fleurs me rappelle un dialogue du prince de Ligne et de Frédéric IL — Je copie de ménioire un passage d'une lettre du prince de Ligne :
« Le roi venait de nommer Virgile.
c Quel grand poète I dis-je , — Wiil>^ quel iBauvais jardinier I
M LES FLSUKS.
« — A qui le dites-vous? — dit le roi. — R'ai-je pas voulu semer, planter, cultiver, les Géorgiqit&ï la main ! Quel climat, d'ailleurs ! Dieu ou le soleil me refuse tout. — Voyez mes pauvres orangers, mes oliviers, mes citronniers. — tout cela meuitde faim.
a — n n'y a donc que les lauriers qni pousseni chez vous, sire?
a Puis, honleux de cette fadeur Jt laquelle le hi atàit fait une mine charmante, j'ajoutiii :
n — Il y a trop de grenadiers dans ce pays-ci ; |? mange tout.
« Ri le roi se prit a rire. »
A LÊt)N GÀTAYËS
le t^Qve cd qui snit dans un journal sdentifique s c On a parlé récemment, oomme d'une nouveauté, 4*00 secret pour teindre et parfumer les fleurs, et leur liotiDer la couleur et l'odeur qu'elles n'ont pas naturelleibent. Un sarant botaniste, M. Charles Morren, a rapl^rté que le procédé permettant de teindre et de parfu- Iter les fleurs est connu depuis longtemps. Voici les Indications qu'il a retrouvées dans les anciens traités f horticulture :
« Le noir, le vert et le bleu sont trois couleurs parti* enliërement rares chez les fleurs, et que les curieux lésireraient pouvoir leur donner. Il n'est point difficile l'arriver à ce résultat.
9 Pour obtenir la matière de la conlear noire i coiftmaniqner anx fleurs, on cueille les petits fmits q/à croissent sur les aunes; quand. ils sont bien desséchéSt on les réduit en poudre. Le suc de rue desséché sorti obtenir la couleur verte. Le bleu s'obtient aTee les bhieli qui croissent dans les blés, des deux matières étant bieisèches, on les réduit en poudre fine pour servir i produire la couleur verte et bleue. »
M. Morren recommandé d'opérer de la maniëre nn vante, pour communiquer aux fleurs l'une des trois couleurs précédentes :
f On prend, dit notre botaniste, la couleur dont M veut imprégner une plante, et on la mêle avec du fumier de^mouton, une pinte de vinaigre et un peu de sel. Il faut qu'il y ait, dans la composition, un tiers de la cou* leur; on dépose cette matière, qui doit être épaisse comme de la pâte, sur la racine d'une plante dont te fleurs sont blanches ; on l'arrose d'eau un peu teinte dfl la môme couleur, et, du reste, on la traite comme à l'ordinaire; on a bientôt le plaisir de voir des œillets, qoi étaient blancs, devenir noirs.
» Pour le vert et le bleu, on emploie la môme méthode. Pour mieux roussir, on prépare la terre : il faut la choisir légère et bien grasse, la sécher au soleil,!* réduire en poudre et la tamiser. On en remplit un vase, et l'on met au milieu une giroflée blanche ou un œilW hbnc; car la cou\ewr WaT\rh(> est seule susceptible de
rnbir ce genre de modification; il ne faut point que la jltme ni la rosée de la nuit tombent sur celte plante. Darant le jour, on doit l'exposer an soleil.
» Si l'on vent que cette fleur blanche se revête de pourpre dé Tyr, on se sert; de bois du Brésil pour la pâte, Bl pour teindre l'eau des arrosements. On peut avoir, par ce moyen, des lis charmants. En arrosant la pâte avec les trois ou quatre teintures, en trois ou quatre différents endroits, on obtient des lis de diverses couleurs. »
Un Hollandais, grand amateur de tulipes, mettait macérer les oignons de cette fleur dans des liqueurs préparées dont ils prenaient la couleur. D'autres découpaient un peu ces oignons, et insinuaient des couleurs sèches dans les petites scissures.
Voici enfin le complément de ce curieux procédé, e'est-àHiire la manière de communiquer artificiellement un suave parfum à toute espèce de plantes, même à celles qui exhalent une insupportable odeur.
c On peut commencer, dit M. Morren, à remédier à la mauvaise odeur d'une plante dès avant sa naissance, c'est-à-dire lorsqu'on en sème la graine ; si elle vient en graine, on détrempe du fumier de mouton avec dii vinaigre, 06 l'on a mis un peu de musc, de civette ou d'ambre en poudre ; on fait macérer, durant quelques jours, les graines, ou même les oignons, dans C9tte lîquenr* «
I Les fleurs qni vieniSpont répandront nn parfam Irèidoux cttrès-agrtiabie. Ponr plus de sûretâ, il faal arroser les plantes naissantes de la mixtion où J'oDamtj tremper las semences.
I Le père Ferrari dit qu'ufi de ses amis, bel esf>rilil grand philosophe, entreprit d'ôler au souci d'Afriipe son odeor si ch 'il y parvint. Il mil trem-
per, durant deuK -s ; graines dans de l'ean ie rose, où il avait fait ' i peu damasc.
» Il les laissa sécher quel [ue peu, et puis les sesU, Ces fleurs n'ëtaient pas entiëfement dâpouiJIâes de ien mauvaise odeur; maison ne laissait pas de ressentir, n travers de cette odeur primitive, <• certains petits esprlB 1 étrangers, snaves et flatteurs, «dit le père Ferrari, «Jli * faisaient supporter avec quelque plaisir ce déraul Dïis- » rel. » De ces plantes, dâjà on peu amendées, il sema li graine avec la préparation décrite plus haut. Il cnoiqnil des fleurs qui pouvaient le disputer, par le bon» ofinur, aux jasmins et aux violettes.
«Ainsi, d'une Henr auparavant le plaisir de la tB cl le fléau de l'odorat, il Qt un miracle qui charmait i II fols ces deux sens.
1 A réf,'ard des plantes qui viennent de racine, fe bouture, de marcotte, l'opération se fait au pied, comoe pinir les couleurs. »
Eh bien, le père Ferrari, comme le savant chimfUe Morren, sont des geiisç,»s.