‹ La pêche en eau douce et en eau saléeChapitre 157 sur 159 · COMPLÈTEMENT AGRICOLE, — UTILE ET PAS TROP ENNUYEUX · texte numérisé non relu

COMPLÈTEMENT AGRICOLE, — UTILE ET PAS TROP ENNUYEUX

Pottt* ce qtli est de là pomme de terre, il est beàticoiip le terrains qui ne Itii cohvienhèiit pas ; il en est nàôine juelques-uns qui lui rendent certaines des qualités malsaines qui distinguent U plupart des membres de sa famille : ce sont les terrains oîi rhumîdîté est stagnante. Là pomme dé tei*re, pour cotiservèr son nom de c petit pain tout fait, » pour rester farineuse, exquise, iie de- Irrait être plantée qiie datis un sol léger, sablonneux et modérément fumé, de préférence même avec une fiimurè de Tannée précédente.

Mais, quand un produit se vend bien, toiit le monde veut le vendre; on veut môme le vendre sans se pi'éoc-

196 LES FLEIJHS. ■

cuper d'en avoir; car ce n'est pas avoir des pommes è lerre qut; de récolter ces légomea fades, visqueux, qui encombrent nos marchés.

On pliinte les po^nmes de terre ea terre insalubre pour elles, on les fume avec excès, on les récolte annt la maturité pour les vendre plus cher, etc. ; od leorcbicane même la semence.

On a commencé par planter des tubercules. L'excellente parmentiëre a encore donné ses produits arec ^£nèrositË; alors on n'a plus planté qu'an fragment, [luis qu'un œil, puis que la pelure.

Eniin, U est venu un jour où elle a succombe soussi générosité; oii, exténuée, épuisée, assassinée, filie cil tombée malade, et on s'est écrié, avec un élotinement mêlé d'indignation : • Tiens I la pomme de terre est malade! >

Aujourd'hui, on la maltraite, on lui conteste sesqiitlités les plus inconlcslables.

Un agronome très-distingué, M. d('Ga8parin,qui,lw soiinellement, est malveillant pour la pomme de terre, a élè le premier à conseiller quasiment de l'abandonoer pour la fève. Certes, M. de Gasparin a mille fois rdisoft de conseiller d'étendre ane culture aussi prufitahli! qoe la fève; mais j'aurais voulu lui voir un chagrin plus réel et ■'loins de résignalion à l'égard de la poiumc de terre.

Si je cnjiseilie, comme lui, de ile-ii;uider k l;i fève ii«

prodaits abondants et assurés, c'est précisément parce qne la fève se platt dans les terrains où la pomme de terre dégénère, et j'espère qu'une culture plus sensée, moins furieuse, nous rendra, après quelque temps de repos, ce grand bionfait de la pomme de terre, qui parait, en ce moment, nous être repris par la Providence avec plusieurs autres bienfaits, qui, ceux-là, ne peuvent être remplacés par les fèves, et qu'il serait hors de pro* pos d'énumérer ici.

Imitons un «isage de l'Académie française.

Avant de faire l'éloge de la fève et de la recevoir définitivement, faisons l'éloge de la pomme de terre. Je promets de le faire brièvement.

Si Parmenlier n'est pas l'introducteur de la pomme de terre, il en est du moins le zélé, l'opiniâtre propagateur.

C'est à ses procédés, à ses essais, à ses ruses ingénieuses, que nous avons dû de profiter enfin de ces c petits pains tout faits > que la Providence avait don* nés à l'homme. Dieu sait que d'arguments' on mil en avant contre la pomme de terre t On établit, ce qui est vrai, que la pomme de terre a une famille suspecte : les solanées.

c La plupart des plantes de cette famille, dit Poiret, sont sans éclat, d'un aspect mélancolique, d'une odeur désagréable; un grand nombre d'espèces sont narcotiques, vénéneuses, occasionnent des vomissements, des convulsions, le délire et la mort. »

198 LES FLI^URS.

Cilons la j'asquisme, un des poisons les plasdanf^ i ren\ que produise rEorofie; la nicoUane, dont on lire la nicoUiK', ce poison lerrible, et le Ubac, ce poison l';nl; la daLora stramoDiaiu, ud puissant narcoUquo qoi caass, pris à certaines dose!^^ la paralysie et la mort ; la belUdooe, qui vous tue dans le sommeil, etc.

Mais on aurait pu répondre, et on a répondu, sue doute, qu'il n'est pas impossible qu'il se Irouvo un hounote liomaie dans une famille de fripons, quoique M soit fort rare; mais qu'il y n (les exemples asscs nombreux d'un homme puissant par certaines qualilùs dn gëiiic sortant d'une famille de gens médiocres et de coquins; que môme le grand iiommo d'une famille i qoelquefois été formé auK dépens de plusieurs généralioua autérieures et postërieures.

Il y a aussi à dire que k même famille donne déjà à l'alimentation dcui plantes : la ^mme d'amour (tomate), l'aubergine (méJongène).

Toujours est-il que Parmentier, las de donner kt pommes do terre, ne réussit à les propager ud peu qu'«B les faisant voler, et qu'ea J775, Yalmonl: de Boom» rassurait encore les populations sur les qualités taxiqiut aUribuées à la pomme de terre.

A cette époque, où 40 repoussait h pomme de terrt^ on L'appelait parmentière; mais, aussitât qu'elle a été adi^ tée, aussitôt qu'elle a eu pris son rang, on iai a enlari son nom de Parmentier cour l'aççeler pomme de tsrrf,

nom bête qui ne désigne que la forme, et ne la déle que pour certaines esjièces : pain de terre eut été 5UX et plus exact; mais le mieux eût été de ki laisser lom de Parmentier.

Profitons de oê qu'elle est en défoyeur pour tâcb^ de ui rendre.

Parmentier, qui a fait tantda travaux utiles pQVkv Ta* entatioQ^ a, dans Tesprit des savaiits, mais n'a pas is l'opinion populaire, k pkce qui lui ap(3drUeni. lomme est ainsi fait, qu'il dépense toute son admira* a, d'abord pour ceux qui lui font du mal : les iquérants, les despotes, etc., puis pour ceui qui l'absent : les histrions, les danseurs decorde^ etc. Qu'il se présente ensuite un réel bienfaiteur de l'bu* nité, on n'a plus de monnaie. Suppo^z qu'un hec« e ensemencé en blé produise dix-huit hectolitres de lins, pesant à peu près 1,440 kilogrammes : le fâprt moyen d'un hectare planté en parmentiàres est do ,500 kilogrammes.

U ne faut compter^ de ce^ 17^500, que le tiers; car is kilogrammes de pommes de terre o'équivalent, en [Qcipes nutritifs, qu'à un kilogramme de substance tnentaire égale à celle du blé que vous réooiteres ; (st-à«dire qu'une étendue de terrain donnée, plantée parmentières, nourrira qua(re fois autant d'individus e le même espace enscinencé en froment. M. de Gasparin afiirme même qu'en Irlande, un hec-

lare et demi de pommes de terre produirait 28,488 kilogrammes de tubercules, qu'il suppose nécessaires pour la nourriture de cinq personues. Malheureusemeni, le sol de l'Irlande, divisé entre ses habitants, ne peutronrnir (ju'un hectare à chaque famille, tandis que la France, entièrement cultivée, pourrait donner deux hectares i chaque famille de cinq personnes.

Je sais bien que plusieurs personnes, et M. de Gssparin entre autres, prétendent que la pomme de terre est loin de fournir à l'homme une nourriture soffiianlfl. Une faculté incontestable qui a été donnée à l'homine, c'est qu'il est consiriiit pour dévorer tout ce qui existe, ce qui V(''gÈte dans la terre et ce qui miiril sur les arbri'j, ce qui nage dans l'eau, ce qui vole dans l'air, ce qui fuit dajs la plaine ou dans la forêt, pour hoire te laitdes troupeaux, le jus de la vigne et le sang des animaui.

Et nous appelons bêle malfaisante la moindre pcliie chenille qui grignote une pauvre feuille de u'importe quoi!

La mâchûii'e de l'homme, m'ont dit des anatoiiiistes, offre une collection complète de toutes les dents, partagées entre les autres animaux. Cette mâchoire est le plus complet, te seul complet arsenal que la nature ait formé en ce genre. L'homme mange de tout et a besoin, en général, d'une nourriture varii^e, c'est incontestable; mais ce qui ne t'est pas moins, c'est que la pomme de terre n'est pas plus insuffisante sous ce rapport que topt

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autre aliment qui serait unique; et j'ai, d'ailleurs, à opposer à M. de Gasparin, et tutti quanti, un tout petit argument. Les Allemands, les Alsaciens, les Lorrains, les Irlandais, etc., en font, une partie de Tannée^ leur aliment unique.

N'oublions pas, dans les attaques faites contre la parmentière, qu'on lui reprochera d'être la plante de préférence, l'unique nourriture môme de la chenille, du papillon atropos, qui porte sur son corselet la figure trèsexacte d'une tête de mort.

Il y a cent ans, on plaisantait peu avec ce papillon (sphinx atropos).

En 1750, il parut en Bretagne une grande quantité de ces papillons. (Hé! là-bas, les savants ! pardonnez si je me sers de ce mot vulgaire; mais intelligible, de papillon.) Malgré sa forme élégante et ses couleurs harmonieusement fondues, il n'est pas d'un aspect précisément réjouissant. Ses ailes supérieures sont peintes de couleurs sombres, les inférieures sont d'un orangé terne et pâle avec des bandes noires. Tout son corps est rayé d*anneau& alternativement noirs et de ce même orangé triste et mat; puis, sur son corselet, la nature s'est li- Trée à une fantaisie bizarre : sur un fond fauve est parfaitement peinte en noir une tête de mort; de plus, ce sphinx fait entendre une espèce de petit gémissement assez lugubre.

Les curés cultivèrent avec un so\w \\îiT\Âcv\V\Çi^ X-îs. \.^x-

rear, qui ne demandait jms mieux que de natire flanslfl V Mprit9: ils Jaièrent territittîmont en chaire S ce snjfl, ] et donnèrent cea insectes innocents coramo un sign?j^ la eotfrre et on HTant-oonrciir de la vengeance dirine.

Les esprits furent Ir-lleraent frappés, que quelf[n'.personnes firent des confessions puhtiques. De st"legs, appeMs pieux, firent dâponilier des enfants pour Mricliif des élises. Un curé fit nnc tenîMe honiEiie, qu'on peai lire encore dans le Mercure de France k cette époque.

Les pins incrédolts s'attendaient à une peste. J

Cela alla si loin, que le gouvernement demanda nue ^ consultalion à l'Aeatlémie des sciences. L'Académie répondit, par l'organe de Héanmur, ee vrai savant, qu'il y avait beancoHp de apliinx atropos, parce qu'il y Hall en, l'année précédente, bcaui^iup de grandes chenilli» jannes et vertes de ce papilloti qoi n'avaient pas filémsiifçès par les oiseani ; que cela ne vonfait dire c[ue cria ; que le prétendu gémissement ël;tit produit |rar le frollf* ment de la trompe que le papillon déroule et insinM dan& le nectaire des flenrs nocturnes contre les parois qui ia renferme.

Les Pères de TPéyoun blâmèrent yigonren.sement f.^eadémic ft Réanmor. C'était à tort, disaient-ils, qni'i science, cette invention du démon, ce fniii malsain is l'arhre défendu, venait di'?nliuser les gens d'une terreui salutaire i qiie \e çiibWt 4aA\firai<SBn ^Assttfis^çsrte

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qu'il est touj^ra coupable. Rëaumnr, malme»é par les bons Pères, leâ batlit assez brillamment.

M. de Gasparin explique, à propos ie pommes de lerre, yne loi éconemfque que je vais reprodaire ici.

C'est là un grand principe à'agrictiHare, et de Tagriculture vue de haut.

€ Pour que la subsistance d'une nation soit assurée, dît-il à peu près, car je cite de mémoire, e!te doit reposer sur deux substances alimentaires : Tune consacrée à la nourriture de l'homme, comme le blé ; l'autre, qui, consacrée à h nourriture des animaux, puisse en môme temps passer à la nourriture de l'homme, en cas de disette, comme la pomme de. terre.

» Ceci établi, supposez une disette de blé, et Thomme trouve alors une double ressource : il tue et. mange une partie des bestiaux, et en môme temps les pommes de terre destinées à leur nourriture. »

Comme, en France, il n'y a que des modes pour la politique, comme pour les mœurs, comme pour les vices, comme pour les vertus, comme pour les jupes et les gi* lots, quand la pomme de terre était à la mode, on en mettait partout. Sous Louis XVI, lôrs de la lutte de Parmentier, jes femmes portèrent des fleurs de parmenlièrc en coirTiire. Parmentier invita une commission de savants à un dîner où tout, depuis le pain jusqu'au c.ifô et à l'eau-de-vie, était tiré de la pomme de terre; je ne sais s'il connaissait et fît faire, powt c^ tç?ç^'5>\^\îi ^^^^

r-.ÏM LES FLEURS. ^

tain fromage assez bon, qu'on fabrique en Àllemagns 8vec ce tubercule écrasé et du lait caillé. Il aurail pli aussi fiiire peindre la salle à manger arec une peiulure éconoraique, composée depuis peu, par Cadet de Vaui, avec une bouillie de pomme dç terre.

Résumô :

Donc, accueillons bien la fève, mais n'abandonnons pas la pomme de terre. Loin de là, donoons-lui des soins intelligents; adoptons et recherchons les espèces précoces; asseyons et perfeciioniions la plantation d'automne; cultivons la parmentière seulement dans lesieftj rains qui lui conviennent et avec des fumures tri^s-mB*^ dérées, et ayant déjà servi à une récolte préalable.

Donnons aux fèves les terres un peu humides, l«s terres fortes, qui ne conviennent pas à la parineniiëre.

Parlons mainlenanl de la fève, et parlons^n le mm\

Pourquoi les anciens Égyptiens,ou, du moins, certains dévots de ce temps-là, s'abslenaient-ils des fèves? Cic^-ron prétend qu'elles causent un sommeil pesant, qai empêche de faire des songes divinatoires, conseils des dieux. D'autres prétendent que c'était no principe d'hîgiëne, les fèves étant réputées malsaines.

On dit encore, dans certaines parties de la France, que l'odeur des fèves en fleurs rend fous ceux qui s't exposent. Dans le Voyage autour de mon jardin, ]'» cherché ce que i'a\'.ûs W\\\. tonta ma vie dans le mois de

juin, époque de la floraison des fèves dans le pays que j'habitais alors. J'y ai trouvé passablement d'extravagances, ou, du moins, d'actes qui ont dû paraître tels ^anx faux sages et aux soi-disant sérieux. IVlaJs, pour éta* blir tout à fait l'influence pernicieuse de la fève, il faudrait en môme temps établir qu'on n'en pourrait pas trouver autant dans les autres mois.

Pythagore, initié aux mystères des prêtres égyptiens, comme l'avait été Moïse, défendait également les fèves à ses disciples.

€ Le chevalier de Jaucourt, dit le savant Poiret, explique autrement, dans l'ancienne Encyclopédie, les idées de Pythagore au sujet des fèves. La fève était née en même temps que l'homme etMu même limon ; elle devait donc avoir, comme les animaux, une âme sujette aux vicissitudes de la transmigration. >

Horace, qui voulait plaisanter le côté extérieur et vulgaire de la métempsycose, avait adopté cette opinion. II appelle la fève une cousine de Pythagore :

0 quaudo faba P^tbagorae cognata...

€ Les Flamines, dit Yarron» ne mangeaient pas de fèves, parce qu'ils croyaient voir des lettres infernales dans les taches noires de leurs fleurs. >

Pour moi, j'aime «ssez la version qui traduit la pensée de Pythagore par un conseil à ses disciples de s'abstenir des débats politiques, soit que la fève servit à dûxv-

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ner el S compter les suiTragcs pour les élections, soit parcfi f{ae les candidats faisaient parfois an peuple des dislribalions de légumes secs, pois, fèves, lentilles, elc,, ponp capter les suffrages.

« Tu dépenses ton bien en pois et fèves et en lopiDs, i dit Horace i un ambUienx. :

la cLcers aUjiu boaa tu perdai luptolx.

Ce qui me fait penser, conome je le disiis il y a cinqnants lignes, que c'étaient seulement certains dévots Égjpliens gui s'abstenaient des fëres, c'est qu'il est évident^ les Égyptiens en culliviiient beaucoup, et je crois qu'on a eu tort, comme ont fait plusieurs auteurs, d'étendre cette horreur des fèves au peuple égyptien tout entier. J'ignore, à ce sujet, l'opinion du peuple juif, qui, ooW les vases d'or de ses maîtres, emporta beaucoup de choses d'É.jypte.

On pense que la fève est originaire de la Perse et d» environs de la mer Caspienne. Les Romains culiivaÎL'iiL beaucoup de fèves, et en savaient aussi long qoe noas à leur sujet; ils connaissaient les facultés améliorantes des fèves, des lupins, de la vesce, etc.

« Ces légumes, dit Varron, sucent moins la terre. •

( Ils fument le sol, disait Gaton : Segelem stercorant. »

Virgile le ^t également dans les Géorgiques. Oa

LBS VLEDR8. W

pense que la fève tire de Tatmosphëre une grande partie de sa nourriture en absorbant les gaz ammoniacaux, de sorte que la fumure qu'on leur donne en les plantant, non-seulement ne se trouve pas diminuée après la récolte des fèves, mais est augmentée si l'on enfouit une partie de la tige et des feuilles.

En Piémont, les fèves récoltées, on sème des haricots et du maïs, sans nouvelle fumure, dans les sillons mêmes où ont crû les fèves.

M. de Gasparin dit que les Bolonais font précéder le chanvre par l'enfouissement des fèves en fleurs; c'est ce que j'ai vu faire pour le lupin dans les environs de Bordeaux.

Certes, le Mit ânteâllsé, lé gUànô, là pôiidretté grasse, contiennent une puissance fécondante ou excitante incontestable. Cette faculté a été préconisée par de savants chimistes. M. Payen a fait des dithyrambes sur le noir animalisé; mais M. Payen est orfèvre... en iumiers. il existe à Paris une fabrique de noir animalisé, sous la raison sociale : f Salmon, Payen et Lupé. >

Ce ne serait rien, ou presque rien. M. Payen est un homme trop honorablement placé dans la science pour préconiser un engrais qui ne serait pas un engrais. Tout au plus peut-on penser qu'il se laisserait entraîner à en étendre l'usage à certains cas douteux pour quelques agriculteurs; mais, à coup sûr, il ne sortira d'un établissement patronné par M. Payen rien qui soit le moins du

TES LES FLEORS. ^^^^J

monde altéré ou mélangé d'autres matières qae celles annoncées.

Pour ce qui est de la poadrette, da guano, etc., et antres en^'rais polvërulents, qui seraient certaincmenl très-puissants à divers degrés, surtout dans certains cas, on sait, certes, dans quelles proportions hardies on; môle très-friiqueraraent àa la cendre, de ia terre noire de Picardie, du brasier de forge, du résidu de bleu de Prusse ; on sait, certes, et je ne l'ai pas caché, pour m part, à quel misérable el honteux degré de perfection' nemeot est arrivée la fraude commerciale J

La larre — aima parent f — «it mers de tout lacre;

Brune, elle estilu cM ; mail, jaune, eUe est duiucrs.

Il faudrait que le commerce des engrais fût sarveillè, et qu'il y eût partout un contrôle et un essayage des engrais, comme il y a un contrôle et on essayage des monnaies. La monnaie est une richesse de conrention, et l'agricnlture, la seule vraie et solide richesse.

Il serait temps, non plus de discourir sur ragricnttim pour obéir à une mode et placer quelques phrases toolei faites, mais de s'y cramponner de bonne foi, comme i ane arche de salut. Dans les circonstances où nous nous trouvons, d'une part, et, d'autre part, en vue de l'ardeur excessive, la soif de l'argent, qui pousse tout le monde aux chances aléatoires, il serait sage de s'attacher à U vraie, à la seule richeasQ. Lea autres^ comme l'or ^t

par Mîdas, peuvent, dans un temps donné, ne pas vous défendre de la faim. Un journal patronné par le gouvernement l'a dit; je le répète, et n'aurais osé le dire le premier : c La cherté des subsistances est peut-être un bien; cette heureuse calamité va obliger les esprits à s'occuper sérieusement des substances alimentaires. »

L'Europe a un peu faim en ce moment ; il lui sera plus facile de.remettre en leur place beaucoup de choses qui n'y sont plus.

L'agriculture doit être la vraie noblesse, comme elle est la vraie richesse; c'est une vérité que je crie depuis yingt ans, pour ma part, sur les toits et dans les caves, et que je développerai encore une fois un de ces jours.

Pour le moment, revenons au sujet de cet article.

En agriculture, l'art et la pratique, qui devraient marcher ensemble enlacés, confondus, comme un bon mari et une bonne femme, font, au contraire, assez mauvais ménage, et marchent sur deux lignes paraiièies très-éloignées l'une de l'autre.

La science de l'agriculture finit par perdre la terre de vue, et se contente du papier; elle se complaît dans des calculs, des chiffres, des analyses minutieuses, des théories, des systèmes et des solutions aussi absolues que prématurées.

La pratique, après avoir été jetée par la science dans deux ou trois ravins et bourbiers, est en trop grande défiance, et se fait gloire d'obéir à la routine.

r JUI LES FLE[)ItS.

D'une part, il est livid^nl. qu'on hectare de pipier clwrgé d'analyses et de calculs, et arrosé d'encre, us produira pas autant de hlé qu'un centiare de terre fécondôo psr unn petite pluie.

D'autre part, il est impossible que l'intelligence humaine, qui a, (le nos jours, crôô la très-belle science d« la chimii', n'amène pas des progrès immenses dans l'agricullure. Malboureuseimcnt, comme le dit M, de Gasparin, « nous sommes en présence de ces problèmes, mais nous n'en avons pas la solution; > ce que iVt . Gaspario, dont tes livres sont Tort beau^, parait quelquefois oublier dans la façon absolue dont il pose certains principes.

Ainsi M. deGasparin ramène tout à l'azole; les 1&gumes mangent l'azote de la terre; l'homme et les inimaux mangent l'ezote des légumes; la terre mange l'azote que Ini rendent les animaux et l'homme. Il faudrait alors changer le nom de l'azote, qui est formé de l'u pmatif grec ctdezoe (la vie). Eb bienj qui prouve snffisaaiment qu'il ne faut pas tenir compte de beauconp d'autres éléments dans l'appréciation des engrais? Un Anglais n*il-l-il pas fait récemment un gros livre pour établir, tiH contraire^ qu'il ne faut tenir compte que de l'acidc. j'ai Oublié le nom? Certes, la jeune cbimie agricole se pose (les questions intéressantes. Voici des prèinee confiées à la terre.

Jiisqlt'â ce l]tie h plante fin gerii:o dans las gralna lit acqm tout srtfl iiflvelw'pe.mt'nl^ et ai! donné à «on tour

des grains qui la reproduiront, qu'empruntera-t-elle au soU c'est-à-dire après une récolte? quels éléments faudra-t-it rendre au sol avant de lui demander une nouvelle récolte? Très-belle, très-utile, très-riche question; mais on se hâte trop de la résoudre. Un fait des analyses qp\ sont nécessairement fausàes dans Jeur précision. Vous dites : Pour arriver à son développefnent, la plante a dû manger du chlorure de potassium, du chlorure do sodium, du nitrate de chaux, du sulfate de soude, du chlorhydrate d'ammoniaque, de l'acétate de chaux, du sulfate de cuivre, de la gomme, du sucre, de l'extrait de terreau, de l'acide carbonique, etc., etc. Cherchons combien chaque plante a mangé de ces éléments, et rendons à la terre ce qui lui a manqué*

Ce serait très-bien; mais ôLes-vous sûr de connaître tous les éléments qui composent à la fois le sol et l'atmosphère dans lesquels se nourrit la plante par la tôtc et par les pieds? sa vez-vous bien toutes les combinaisons qui peuvent servir à l'absorption de ces éléments? savez-vous la différence que peut amener un nuage qui passe chargé d'électricité, une pluie saturée de tels ou tels sels^ certains détritus arrivés dans le sol précisément à certains momenlSi à un certain état de décomposition et de combinaison?

Vos analyses risquent encore de vous égarer en ceci 3 Totis regardez dîner un homme) vons constnldz qu^il a mangé unpotag<*M la bisque d'écrevisi^o.dn saiT-^^on grillé,

'■^S LES l.-LLUilS. ^^^^^

des haricols verls, des cailles et une crème à la yanille; direz-vous : t L'homme doit monger, pour vivre, de la crÈiue à la vanille, des cailles, elc. ? >

Chaque homme choisit, sur la grande (able misée! servie par la nature, ce qu'il veut et ce qu'il peut manger. Laissez, jusqu'à nouvel ordre, la même laLiiade aat plantes.

Mettez donc dans la cour, au tas de fumier, tout ce qui n'a pas d'aulre emploi dans la ferme : fumiers des chevaux, des vaches, des moulons, des lapins, des poules, des pigeons, herbes sèches, jonc des niisseam, vase di!s étangs, sang des animaux tués, chiffons, jilumes, poils, cendre, et fumez vos terres avec ce mélange ; les plantes choisiront elles-mêmes ce qui leur convient, et vous ne serez plus exposé à une erreur de calcul.

Le fumier de ferme ne contient-il pas, de votre aven, tous, ou à peu près tous les éléments que vous voalei rendre à la terre séparément? Continuez ainsi jusqu'à ce que la science ait fait toutes ses expériences et refait toutes ses additions ; profitez de ce qu'elle découvre, et aidez-la de ce que vous savez.

Posez-lui des questions, et ensuite examinez ses solutions, et critiquez-k'S par des essais pratiques. Mais, selon M. Boussingaull, M. de Casparin, M. Braconnât, etc., voici la composition de mille parties de fumier de ferme: eau, carbone, hydrogène, oxygi'ne, azote, acide carbonique, acide pho8\ihwi[iUP.-. ucide snlfurique, chlon,

silice, sable,^ argile, chaux, magnésie, oxyde de fer, alumine, potasse, soude.

11 semble que la carte est assez fournie et assez variée.

Ne droguons pas la terre.

Quelques-uns des nouveaux engrais préconisés sont Dols, insuffisants ou sophistiqués. Ceux qui sont exci« tants laissent le plus souvent le sol dans un grave état de fatigue et d'épuisement.

Les nouveaux engrais, surtout les engrais spéciaux, c'esl-à-dire apportant au sol tel ou tel sel, tel ou tel élément, doivent être employés avec défiance.

Voici qu'on vante en ce moment la tangue (sable de mer) comme un engrais pouvant remplacer les autres.

C'est une erreur. Ouvrons ici une parenthèse à propos de la tangue.

J'ai vu, pendant bien des années, faire usage de la tangue en Normandie.

Certes, elle produit de bons résultats, et, si l'emploi n'en est pas plus général, c'est à cause du prix énorme qu'en coûterait le transport.

Cependant, il me semble utile de ramener à certaines proportions les éloges que l'on en fait en ce moment au profit d'une entreprise commercial^ qu'il est bon d'encourager, tout en réduisant quelque peu son enthousiasme. Je n'examinerai pas ici si le chemin de fer de Rennes à la mer, desservi par des chevaux, diminuera suffisamment le prix du transport de la tau%vsA.E?\^<^

cas, la Sociâté Tangnière aura rendu un vrai senîH.

La langue est d'un tiLik^ emploi pour ragricoUare, même après que j'aorat dit ici ce que ja croiâ la t^ritû.

( La tangue, dit M. Ange Jamclais, est nn sablon do mer composa ds cbaux, de phosphate et de sel ; c'est l'engrais le plus productif qui soit. >

La tangue n'ost pas prôcisëment uq engrais. On 11 classe dans les smendemcnlâ slimulaires, lorsqu'elle £sl composée autrement que ne l'annonce M. Àn^c Jumelais, c'est-à-dire lorsqu'elle contient des détritus Tégfltaus et animaux; et, comnie c'est ce qui arrive le |)las souvent, M. Jumelais est resté, soua ce rapport,' iD' dessous de la vérité; mais il est un tant soit peu andessus, lorsqu'il signale la tangue comme t l'engraisle plus ppoduclif qui soit, »

En Normandie, on môle toujours du fumier à li tangui;.

Donc, pour les Normands, elle ne constitue pas loUI i fait un engrais.

La tnngue a plus ou moine de valeur, selon la distance de la mer et la localité où on la prend.

Trop loin de la mer, et ne renfermant pas de dsbrii oi^aniqaes, ce n'est plus du tout un engrais, ce n'eil plus qu'un amendement.

En théorie et en pratique, quand on le peat, on emploie 30,000 kiWo^unmfta de {uiaier de terra pour fomer

an heeUre; en emploie d'ordioaire 40,000 kilogrammes le taogue f^r hectare.

Ce» 40,000 kilogrammes de tangue pAue dans de iaMMips eoDdttions, analysée par MM. Pareil et Bottsstn* gault, ne fournissent, selon M. de Gasparin, que TéquiyftiBjït de 43,000 ktlogfamifte^ de fo&iier de ferme.

La tangue, fût-elle employée effieacemeirt, sfttts mé« lange de fumier, ce que je n'ai pas vu, n'aurait donc, fc pûéds égal, qve tout aâ pkig le tiers de ta valeur du fumier de ferme. Il faudrait donc transporter 90,000 klgrammes de tangue par hectare; maie alors il y aurait trop de certains éléments et point asses d'antres. Je n'ai certes aucwie mralreillanee eoMre la Soefôté Tafi« ^èra. Loin de là, je peiise que son eiiploitatfen peut rendre un service à raofriculture.

Mais pourra-i^elte transporter les masses de langue nteessaires à un prix qui n'en fasse pas c le plds cher des engrais, en niSme temps qu'il est loin d^eu être le plus productif. »

Je suis prêt à applaudir ft ce résultat, si etle l'obtient.

Mais je crois devoir, après avoir dit ce que c'est en réalité que la tangue, ajouter que, même comme amendement stimulant, ce qui est le seul titre auquel je crois qu'elle ait des^ droits, elle est loin (le convenir à tous les temins. — • Nobs fermerons kl la çarenthëse ouverte à pn^os de la tangue.

Conclusion. —Ne droguons pasU Vçttt*

Sl6 LES FLKUlliS.

Ne raffinons pas trop, si ce n'est pour [loiis amuser.

M. Liôby, un savant allemand, nîtiroche amèremeni, après analyse, aux soldats de Hesse-Darnistadt, de ne rendre à l'agriculture que 30 pour 100 de l'azote çails inangunt.

M. Barrai constate qu'une femme française, pins honnête, restitue â la terre 56 pour 100 de l'azoM qu'elle consomme.

i. Boussingault établit qu'une tourterelle en rend 64 pour 100.

Tirons-en, si vous voulez, la conséquence qu'il fandrail qu'il y eût, dans le duclié de Hesse-DarmstadUl peut-être ailleurs, plus de tourterelles que de femmes, et plus de femmes que de soldats, au point de vne de l'agriculture.

Je cite ceci, pour montrer quelles distractions les sa- Tants peuvent trouver dars la science. Attendons d'abord que les savants soient d'accord, pour que leurs opinions puissent s'appeler l'opinion de la science, et pnis alors nous attendrons que l'opinion de la science soii approuvée par l'expérience, etd'accord avec la pratique.

En attendant, fumons la terre avec le fumier composé du pins grand nombre d'éléments possible; que les propriétaires exigent de leurs fermiers, quelque petites que soient les fermes, qu'ils y entretiennent des bestiaux ou des animaux autant qu'un assolement intelligenl lo, permeUra.

LES FLEURS. ni

Si vous ne pouvez avoir un cheval, ayez un âne ; si vous ne pouvez avoir une vache, ayez deux chèvres ou deux moutons ; ayez des lapins, ayez des pigeons; vous donnerez ainsi une valeur importante à Therbe des sarclages, transformée en litière et en fumier.

Enfin, cultivez des fèves^ mais n'abandonnez pas la parmentiëre.

XV w

Jt PB» «ET

^il est ai dte pSff i^ehf thsme ik ««fltfé fê pras stfci^î^ ié^ AiUmitsC étf taéM ikaV^s ({\te lé plus crtfeî îfètf éstcl'âûtrés pàï ôîf foft fëéMUtl le fôt de râ férre. Cà rià'viêàtfôrt" e^ rinë gtkiide (îKdSff, et la mécanique, la' ^li^stqtiè, fâ- èlîfrffiè" (ïlif élétfflù lêffre progrès éf lëûf s tffh^étéè &^ éÈ ië ce qtfil pârfârssâltdestMéf ^eritoiâ" ài'hottffl^ <f afteliKÎife. — ÇiîTria j'énMds^arTeTf de quelque' pMi^ iéMmté ^aiîâ- ces s'cîêîicês^ |e âe' detiâfadidê pàrfoi^'^ le Mtlde né serait pas ungraiid probTStte, dn Mffiëii^e' fiSlftls que ïïîèïï aufôil SHîiîiêS t^oMmè à'fésotfdrë', à dé* cBîOTér, à éXpflqbër, et s'il n'est pas* à éfàindfé qû'é,

du jour où l'homme aura deviné le mot, Dieu lui

dira : C'est cela, — c'est fini; el le monde finira.

Mais quand j'ai roulé cette idée dans ma tête, il m'en vient assez facilement nne autre : c'est que les efforts de l'homme pour s'élever sans cesse, pour étendre ses conquêtes, sortir de sa sphère et deveoir une sorte de demi-dJeu, sont et seront sans cesse déjoués comme les efforts de Sysiphe, dont le rocher retombe sans cesse, comme l'entreprise des géants contre l'Olympe, comme la tour de Babel.

En effet, pendant que l'intelligence de l'horanie conquiert, de certains côtés, des domaines nouveaux, il est d'autres côtés par lesquels, loin de gagner, il semble, au contraire, singulièrement perdre. Si je voulais ici parler politique, je ne manquerais pas d'arguments irréfutables à l'appui de celte opinion; mais je ne veux chercher de sujets de crainte que dans l'ordre physique. Voici que l'homme a asservi le feu et l'eau et la foudre, et que des sujets de la terreur de nos pères il a fait des esclaves obéissants; il sait ce qui se passe dans la lune et dans les autres planètes, etc.' — Mais on lit un jour dans les jour^ naux : Maladie des pommes de terre, nialadie des betteiaves, maladie du blé, maladie du raisin, etc. Rii même temps que ces maladies, il se présente laiil

de médecins que^ les uns venaM en aide aux autres, le cas pourrait devenir grave. Et alors à quoi serviraient à rhomme ses nouvelles conquêtes, si les pommes de terre, le blé et le raisin venaient à mourir?

0 mon Dieul s'écrieraient les hommes affamés, altérés et épouvantés, ayez pitié de nous; repreneznous nos sciences et nos savants, et rendez-nous vos anciens bienfaits; reprenez -nous l'astronomie, et rendez-nous le blé, dont le besoin, surtout pour les Français, est poussé jusqu'au préjugé et à la superstition. — En effet, je suis sûr que, si le blé venait un jour à manquer en France, les Français, sans tenir compte des pommes de terre, des fruits et des légumes farineux, et de la viande, et quelle que fût l'abondance de ces aliments, se déclareraient en famine et mourraient de faim.

Reprenez-nous la vapeur, mon Dieu, et rendeznous les pommes de terre, ces excellents petits pains qui poussaient tout faits dans la terre.

Reprenez-nous nos grands hommes politiques, qui appellent Tart de conserver leurs places — sauvegardera société, sauver la famille et la propriété, etc., et rendez-nous le raisin qu'ils ont laissé mourir, le raisin dont le jus nous faisait parfois oublier et eux et leurs bienfaits.

'"9P^ LgS FLEURS. «H

Mais no«s o'eu sonunes ps encore là. Dieu ipeni; le hlé; le raisin, Js poiçme de terre ne sont pas morls, — et i'ai guelfe soiipson .que certains docieuvs es fruits E,t es léguQies agissent à l'exemple d'au cMru;-giefl dont je ac sais plus quel aoteiv a racwté V(iistoire. Cefrater, reçu par l'Académie, n'avait pas t^fijc à repjarquer que, si l'Académie donne les diplômes, e}\o Jie fournit pas les malades. .Après avoir eherclié vainement toutes sortes de moyens de s« délire en évidence et de sç former une clieiUÈle, ,i| s'étajt arrêté Ji celui-ci : sod logis é^aii. i/i. seul liig^ de médecin dans un quartier assez désert; le soir, env(^!oii])é d'un vaste manteau, ilaltendait le pri'mier piitsant Itien niis, lui .donnait un coup de poignard, et s'£jifuy.ftit vite alteçdre .qtj'fti) le jui apportât. Sj porte à cet effet était orftée .d'une laçtexpe sur laquelle m yoy^()r^er eo iwaspafCftt m BPW 4 m

11 y a quelque .iin;aé£5 /ijéjà, dai)S mt j^êcveil p B'appfiJW: /<> Guêpes, i'^i déttoçcé, ^i s J'5v.oj;yris en Aagrant 4élji, .ufl jnêdecln 4e ç,« çepre. )J aïai.t ariûci.u:é daAs Jes j,o«rfla)J?c lîve la CftlèFe céleste t*jjait de dà.'ba.itter uu enneflij Cflpirp le .(^ssis, — ff ■ ,t** nigrum; ~ syiyai^ une d>;scfipMofl sciejiiifip du redoutable animal et des procédés pour Jtfl^cr.coOr

trç jS^ déprédations. Je constatai ^'il s'agissait d*une variété de puceron qui a de tout teinps vécu sur le cassis, çue l'on y trouve tppjoujrs^ -» qui a dû être créé le même jour que le cassis, — soit qu*il ait été ^tpour le caissis ou que le cassis ait été fait pour lui. Cç qui fut cause que notre homme ne put s'intitu^ kr^ comme il en avait eu l'intention et l'espoir, — saitveur du ^ssis et vainqueur de ses ennemis.

Sérieusement j'ai déjà plusieurs fojs parlé des ma* bdies et des dégénérescences qui peuvent se remar* qgçrdans certains végétaux. L'homme fait produire à t4Htt ce qy'Q a soumis à ^ pulsi^ce au delà des desseip^ de la pâture; df plu$» sa recherche incessamtp de nouvelles ^pèces, tout en lui faisant £siir# des découvertes et des conquêtes précieuses, doit de temps es temps produire également des espèces médiocres^ m9U¥aises« maladives. Le bien-$tre suspect ' gui doit ^sssprtir des théories politiques ne devrait

pa$ rempi)rter sur les intérêts réels et sérieux dans resprit de ceux qui gouvernent ou sont censés gouveroer^ et ne sont eu réalité frappés que d'uue idéef

œ proiçut qu'à uo devoir : çpnseryer leurs places et $mpécJier d'autres de les prendre.

Si l'on ét^it miuistre de Tiigriculture pour l'u^ culture, par exemple^ au )îeu d'être ministre de Ta-

ta LES FLEURS. ^^H

gricuUure pour la révisiua de la Constitution ou pour l'aijrogution de l'article 45, il est un projet que j'ai déjà bissé entrevoir et que je proposerais sérieusement.

On a créé des haras dans les départements pour la propagation des belles races de chevaus, de bœufs, etc.; pourquoi ne créerait-on pas dans chaque chef-lieu d'arrondissement une sorte de haras de fruits et de légumes pour propager les bonnes et les nouvelles espèces, et remplacer gradiielleineat les espèces médiocres, mauvaises ou dégénérées qui occupent la plus grande partie des cultures? P(ns marchés sont encombrés de mauvaises espèces de fruits et de légumes; les semences sont achetées et vendues avec une parfaite incertitude.

On pourrait, dans ces cultures-modèles, donnera bas prix aux cultivateurs des greffes et des semences des meilleures espèces; on pourrait faire des essais et des expériences que ne peut se permettre l'industrie privée ; en peu d'années toutes lès bonnes espèces auraient remplacé les autres ; une nouveauté utile, expérimentée, une découverte constatée, ssit en fruits ou en légumes, soit en procédés de culture ou en engrais, par le moyen de ces jardins, serait propagée en quelques mois. On y donnerait des le-

çons pour la taille des arbres, la greffe, etc. ; ce serait une sorte d'école normale de jardinage, et le pro* duit en greffe, en semences, en fruits, en légumes, ne tarderait pas à couvrir les frais de pareils établissements. Mais, je le répète, il faudrait, pour commencer à penser à cela, que la politique ne consistât pas à se battre sans cesse dans les coulisses à qui remplira les beaux rôles, les rôles à oripeaux, et qn*on commençât une pièce pour laquelle le pays paye depuis longtemps sa place.

Ces établissements horticoles, outre les avantages que j'ai énumérés et beaucoup d'autres encore, auraient celui de pouvoir correspondre avec un comité central au ministère de l'agriculture — nous supposons un mmistère de l'agriculture. Quand une maladie, une dégénérescence, se manifesterait dans une contrée, on saurait si elle a paru également dans les autres ; on pourrait demander pour les pays attaqués des semences saines à ceux qui auraient été préservés. Les observations simultanées dans des sols, des e\^ positions, sous des températures 'différentes, amèneraient bien vite la découverte de la vérité. — Citons encore un des services que de pareils établissements auraient rendus depuis quelques années. Jne des causes de la maladie des pommes de terre est que^

depuis viii^ ans l'L plii^, ou miiUii^iie Irs pomneMe terre de bouture egiu reuoirir aa eemis, si ce n'est pour diercher àcA e^mces nouvelles. L'ijuliistrie privée n'ose pas semer des pommes de terre, parce que la graine ne produit la première année que de petits tubercules gros coiiipne les billes qui servent dii jouets aux eufantsj lesquels, ceiais en tt:rre, pr^r ditiraienl de vraies pomioes de Ifrre l'année suivante, mais feraient perdre une année. Les établissements dont je parle, en fourniftsant auï figriculteurs de m petits tubercules d'un an, auraient proiiableoifLit beaucoup contribué h résister à l;i maladie qui envahit ce légume pricieux.

Leajournaux. et lesjournaux spéciaux, entannoncd au commencement de cutta année avec emphase une nouvelle fraise, sous le nom de fi'ait^e Crémont. C'était la vraie, la seule fraise. Jusqu'ici or n'avait maagé que des espaces de rudiments informes de fraises. La fraise était découverte. La fraise Crémont, grosse entre tes grosses fraises, égale k la fraise Hammou^, à la fraise Goliath par ses dimensiens, remontait comme la fraise des Alpes, beaucoup de gens en ont acheté, et entre autres quelques jardiniers normands. Dieu sait avec quels soins fut cultivée cette merveille, quelles espérances on faisait reposer sur ses produits.

El^ )>i^ I )a firf)is^ (irémuni n'^ iowé que à^ fruits

^ put)UQ q^e jif ur qiMtrij^ pagis ig«t up mur m ]»q!m\ il§ perqi^ttj^t 4*aflip)ier k quicpnqmg }^ur pay^ w prix amyeour ^nis^ \\ feu4rgit m^^ prémunir «w^6 }4 r^^c^^ »\ iiu#si ^pire )a fmhjPam; m

1^(^^ yand^ pém^ djinn 4^ jour99U^ qui na ^iepjiiAffl p»s 4e Ji^ }j|j[np pt^tique 49 lil larpmr 4'i^ pbi^ymi pour 4^ wiUipns^

|# u^m fort «»l)ai^A«sé 4e répondre. Cependant la f4ribi ^ que je ne les aio^e guàre. Certes, ^mm fleur n'^ ^ eoutoir» plu» riches et plu» variées, et..,. Taveui^i^je? j'ai fiai par prendre eette auoée un parti yiolent 9 j'ai ee&aé da lea admettre dans moo

^dia.

D'abord mon jardin n'est pas grand ; ensuite il est cnltivé d'une &eon particulière. La culture n'y est pas apparente; les gazons, émaillés de crocus et de ¥iolettes au printemps^ de safrana et de colchiques à Pautorane, ont Tair de gazons sauvages et venus d'eux-mêmes. Les magnolia y sont traités sans plus de ftiçoB que les ormes. Les ronces à fleurs doubles blanches et roses y croissent comme croissent les

' MB LES FLEURS.

ronces sauvages dans les haies. Le muguet, les primevères, les cyclamens fleurissent sous les arlires sans demander aucun soin, si bien qu'on les oublie et qu'on les trouve chaque année. Eh bienl par la faute du jardin, ou par la faute des dahlias, les dahlia» font un très-mauvais effet dans mon jardin. Ils ne veulent absolument pas avoir l'air d'avoir été jetés là par un oiseau ou par le vent. Tout en étalanlleurs riches corolles, ils vous parlent du jardinier; ils montrent leurs tuteurs, ils laissent voir leurs liens, ils sont gourmés, empesés, haut cravatés; enlinnous nous sommes brouillés, ils sont partis. Peut-être aussi y a-t-il une autre raison. Les primevères, les roses, le muguet, l'aubépine, la pervenche, la violette ont été mêlés à notre jeunesse et à nos premières sensations; nous voyons chaque année refleurir avec eux toutes nos croyances, toutes nos illusions fanées; ils nous racontent les jours passés et les rêves finis. Le dahlia n'a rien à raconter aux gens de mon âge. J'ai quarante-deux ans, et il n'y avait pas de dahlia quan(* j'étais enfant. 11 n'y en avait pas dans le jardin où mon âme s'épanouissait au soleil, à ta pensée, à l'amour.

Quoi qu'il en soit, j'ai proscrit les dahlias, mais je les iii i>rosrrits sans haine. Dans ce jardin tout

peuplé d'amis, ils étaient des messieurs, des étrangersy des intrus, presque des indiscrets; ils me gênaient, moi et mes souvenirs et mes rêveries. Mais je n'ai pas renoncé à les voir quelquefois. J'ai un voisin qifi en a une très-riche et très-belle collection, parfaitement soignée; outre que ce voisin est un homme de bon cœur et de bon accueil, j'aime aussi à aller visiter ses dahlias et leurs fleurs si splendidement éclatantes. Peut-être dans ma brouille avec les dahlias est-ce moi qui ai tort, peut-être est-ce au défaut de mon caractère qu'il faut attribuer notre rupture ; je ne le regrette pas, mais je ne conseille à personne de m'imiter.

Je vais, aux premières gelées, faire l'essai d'un procédé que j'ai déjà vu recommander par plusieurs jardiniers. On sait que les héliotropes passent difficilement l'hiver, même dans une orangerie; on sait aussi quel développement ils prennent livrés à la pleine terre ; il s'agit de leur faire passer l'hiver dehors, et voici comment on doit s'y prendre :

Dès la première gelée, les branches de l'héliotrope deviennent noires ; il faut alors les couper toutes au ras du sol, puis avec les débris de ces branches, du sable, des balles de blé, etc. , on forme au-dessus de la toufle une butte un peu plus grosse qu'une taupi-

SSO LES FLEURS.

Dtfcre, tit <|ui doit éoarter l'huiBiiiité du pied de l'béiJolrope. Ce u'ssl qu'à miiUii d'svnl. o'est-k-dife ltiFS(|ii't>ii n'a plus de galées k i:raindre, qu'il but iétruiri; cutle bitUe.

Ud jeurnal daiaaiid vient de puMier des Reeitta ouriemea pour teindre et parFumer tes fleur«, H leur donner la couleur el l'odeur qu'elles n'ont pas salurellemcnt. Il s'agit tout «implement de teindre les fleurs blonrhes en bleu, en noir ou en vert, en mettant aux pieds des plantes une composition de vinaigre, de sel, de fumier de mouton, à laijudleen naéle une poudre faite de. Aeurs de bluete dessécliées, de baies noires, ou du suc de rue.

Pour les odeurs, on Fait tromper les semences diDs du vinaigre, auquel on mile ou de l'ambre, en de l'essence de rose, ou du benjoin, selon l'odeur qu'oD veut obtenir.

Gomme beaucoup de journaux français ont reproduit b notice du journal flamand, et que la chose est dite avec un merveilleux aplomb, il n'est pas hors de propos d'avertir que c'est tout simplement une mystification semblable au moyen Indiqué par madame de Genlis pour se procurer des roses vertes ou noires, en greffant des rosiers sur des houx el des cassis, oupourseprocurer des œillets bleus en plan-

tant la graine dans une racine de chicorée sauvage. Il y a cependant une façon de changer ou de modifier la couleur de certaines fleurs. — J'ai vu quelqu'un déjà enaployer ce moyen à l'égard des dahlias, et il réussissait complètement à tromper, émouvoir et ébahir pendant quelque temps les plus fermes amateurs de cette plante. — Promenez-vous dans un jardin en fumant un bon cigare; ne laissez pas tomber la cendre blanche qui conserve la forme du cigare ; prenez le moment où il reste au bout du cigare deux ou trois centimètres de cette cendre; passez-la alors légèrement sur les pétales des dahlias; *— les parties que vous aurez touchées changeront de couleur. — ? J'ai vu faire l'expérience sur deux fleurs seulement, sur un dahlia jaune et sur un rose. Les pointes des pétales du premier, touchées par la cendre du cigare, devinrent rouge-brique; les pointes du second devinrent vertes.

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