BRÈME
Cyprinus brama. -^ Scarda, en Italie. — Bleitsen, en Âllemogno. — Bream, en Angleterre.
On dirait que la tête de la brème a été tronquée. Sa bouche est petite ; ses joues sont d'un bleu varié de Jaune; son dos est noirâtre : cinquante points noirs ou environ sont disposés le long de la ligne latérale; son dos est arqué et aigu.
Ce poisson habite dans la mer Caspienne ; il vil aussi dans presque toute TEurope. On le trouve dans les gi*ands lacs et dans les rivières qui s'échappent paisiblement sur un fond composé de marne, de glaise et d'herbages.
11 est l'objet d'une pèche importante. On le prend fréquemment sous la glace, et il est si commun dans plu< sieurs endroits de l'Europe boréale, qu'en mars 1749 on prit d'un seul coup de filet, dans un grand lac de Suède, voisin de Nordkœping, cinquante mille brèmes qui pesaient ensemble plus de neuf mille kilogrammes:
Lorsque dans le printemps les brèmes cherchent , pour frayer, des rivages unis ou des fonds de rivière garnis d'herbages, chaque femelle est souvent suivie de trois ou quatre mâles. Elles font un bruit assez grand en nageant en troupes nombreuses, et cependant elles distinguent le son des cloches, celui du tambour ou
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tout autre son analogue, qui quelquefois les effraye, les éloigne, les disperse ou les pousse dans les filets du pêcheur^
On remarque trois époques dans le frai des brèmes. Les plus grosses frayent pendant la première, et lespluA petites pendant la troisième. Dans ce temps du frai, les mâles, comme ceux de presque toutes les autres espèces de cyprins, ont sur les écailles du dos et des côtés de petits boutons qui les ont fait désigner par différentes dénominations, que Ton avait observés dès le temps de Salvian, et que Pline même a remarqués.
Elles sont poursuivies par Thomme, par les poissons voraces, par les oiseaux nageurs. Les buses et d'autres oiseaux de proie veulent aussi, dans certaines circonstances, en faire leur proie ; mais il arrive que, si la brème est grosse et forte, et que les serres de la buse aient pénétré assez avant dans son dos pour s'engager dans sa charpente osseuse, elle entraine au fond d^Feau son ennemi, qui y trouve la mort.
Les brèmes croissent assez vite. Leur chair, molle et grasse, est agréable au goût par sa bonté et à l'œil par sa blancheur. Elles perdent difficilement la vie lorsqu'on les tire de l'eau pendant le froid, et alors on peut les transporter à dix myriamèlres sans les voir périr, pourvu qu'on les enveloppe dans de la neige et qu'on leur mette dans la bouche du pain trempé dans de Talcool. Les pêcheurs prétendent qu'à la fin de mai elles déposent leurs œufs dan? \es herbiers, puis elles se retirent dant
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les eaux les plus profondes, où elles vivent d*însectes, d'herbe et de limon ; suivant eux, elles croissent lentement.