BROCHET
couleur générale se change en un beau vert. Parvenu à une certaine grosseur, il a presque toujours le dos noirâtre et le ventre blanc avec des points noirs.
C'est dans les rivières, les fleuves, les lacs et les étangs qu'il se plaît à séjourner. On ne le voit dans la mer que lorsqu'il y est entraîné par des accidents passagers.
Le brochet parvient jusqu'à la longueur de deux ou trois mètres et jusqu'au poids de quarante ou cinquante kilogrammes.
J'en ai pris un de près de douze kilogrammes dans une mare près de la Loire. 11 croît très-promptement. Dès sa première année, il est très-souvent long de trois décimètres ; dès la seconde, de quatre; dès la troisième, de cinq ou six; dès la sixième, de près de vingt; dès la douzième, de vingt-cinq ou environ; et cependant cet animal destructeur arrive jusqu'à un âge très-avancé. Rzaczynsky parle d'un brochet de quatre-vingt-dix «ns. En 1497, dit-on, on prit àKaiserslauteren, près deMannheim, un autre brochet qui avait plus de six mètres de longueur, qui pesait cent quatre-vingts kilogrammes, et -dont le squelette a été conservé pendant longtemps à Mannheim; il portait un anneau de cuivre doré, attaché par ordre de l'empereur Frédéric-Barberousse, deux cent soixante-sept ans auparavant.
Lorsqu'il s'est élancé sur de gros poissons, sur des serpents, des grenouilles, des oiseaux d'eau, des rats, de jeunes chats ou même de petits chiens tombés ou
jetés dans l'eau, et que Tanimal qu'il veut dévorer lui oppose un trop grand volume, il le saisit par la têtey le retient avec ses dents nombreuses et recourbées, jusqu'à ce que la partie antérieure de sa proie soit ramollie dans son large gosier, en aspire ensuite le reste et l'engloutit. S'il prend une perche ou quelque autre poisson hérissa de piquants mobiles, il le serre dans sa gueule, le tient dans une position qui lui interdit tout mouvement, et l'écrase ou attend qu'il meure de ses blessures. La chair de ce poisson est blanche, ferme, se divise par feuillets et est de bon goût quand il a vécu dans une eau vive où il a trouvé abondamment dé la nourriture. On a vu des brochets avaler d'autres brochetons du tiers de leur grosseur. On a compté dans un brochet femelle jusqu'à cent quarante-huit mille œufs. Le brochet est aussi un des poissons qui entendent le mieux. On en a vu un dans le vivier du Louvre, du temps de Charles IX, qui, quand on criait : Lupulle, lupullCj se montrait et venait prendre le pain qu'on lui jetait .