I. Voir ci-dessns, p
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deux branches de l'esthésiomètre, dont on fait usage pour le mesurer, peuvent être le plus rapprochées l'une de l'autre sans cesser d'être perçues séparément. Donc, c'est l'époque choisie pour entreprendre l'éducation du toucher. Et les maîtres de nos écoles spéciales en ont bien des témoignages : ils ont constaté, par exemple, combien il est malaisé à ceux qui n'ont pas été initiés très jeunes au braille, de lire jamais les caractère fins imprimés en Belgique, qui, composés de points plus rapprochés que dans les caractères français, exigent un sens du lieu de la peau plus aigu.
La même observation s'impose avec plus de force encore pour l'éducation du sens musculaire. C'est un fait trop peu connu, et que jyj^ine jviontessori a mis en évidence que « parmi les mémoires la plus précoce est celle du sens musculaire ». L'ayant constaté d'abord chez les arriérés, nous avons vu comment elle a fait bénéficier de son observation l'éducation des enfants normaux. Or, de la qualité de la mémoire musculaire, dépend Téducabilité du sens musculaire : c'est grâce à elle que les mouvements sont reproduits et perfectionnés progressivement, et enregistrés enfin sous forme d'habitudes.
Ajoutons que l'oreille musicale aussi s'éduque surtout dans le jeune âge. L'expérience démontre que si l'on cherche à initier à la
musique une classe de jeunes gens de quinze à dix-huit ans négligés jusque-là sous ce rapport, le déchet est considérable : si l'on s'adresse à des enfants de quatre à cinq ans il n'y a presque pas de réfractaires. Il semble, en somme, que presque tous les hommes naissent avec des aptitudes musicales suffisantes, mais que ces facultés s'émoussent vite bien souvent si le milieu n'en favorise pas le développement. Tant que la musique restera pour les aveugles de France un des meilleurs débouchés, par là encore et surtout on voit de quelle importance il est d'entreprendre leur instruction de bonne heure.
Peu importe après cela que le sens de l'odorat et du goût soient chez l'enfant en général assez peu développés : ils n'ont à jouer qu'un rôle très secondaire.
Et puis, les soins d'hygiène nécessaire au petit aveugle peuvent être assurés à l'école bien mieux que dans les familles qui les ignorent. Le double péril que nous avons signalé et qui met souvent les enfants en si grave danger — gâterie ou abandon — y sera à coup sûr évité. Dirai-je encore que ceux de ces enfants qui réussiront à faire des professeurs de musique doivent être déclassés pour la plupart; que, sous peine d'échouer, il leur faudra par leurs manières s'élever à un niveau social dont tout dans la pauvre demeure de leurs
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parents les éloigne? Les habitudes de l'enfance sont si tenaces qu'il n'est pas inutile de commencer tôt ce déclassement.
Ces dernières considérations nous invitent à conclure non seulement à la nécessité d'écoles enfantines mais pour toutes nos écoles spéciales à l'utilité de l'internat qui seul soustrait suffisamment l'enfant à l'influence familiale. Dans un rapport présenté à Edimbourg" en 1905 par M. Stainsby nous lisons que sur 21 maîtres d'aveugles consultés ig ont déclaré leur préférence pour l'internat sur l'externat . Il leur paraît indispensable que la mainmise de l'éducateur sur l'enfant soit aussi complète que possible.
L'internat d'ailleurs, dans la plupart des cas, s'impose comme une nécessité de fait en raison de l'éloignement de l'école. Même dans les grands centres, où la présence d'aveugles relativement nombreux suggère parfois l'idée de créer des externats, la nécessité de conduire les enfants chaque jour de la maison à l'école, puis de l'école à la maison, présente dans la pratique des difficultés à peu près insurmontables pour la plupart des familles. C'est la raison pour laquelle les écoles spéciales situées dans les grandes villes, même lorsqu'elles ne sont pas en principe défavorables à l'admission
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d'élèves externes, en ont en général si peu.
Le mouvement d'opinion contre le principe de l'internat, qui s'inspire de considérations morales si puissantes, s'est pourtant étendu aussi à l'école pour les aveugles, et, surtout aux États-Unis où il a eu des champions ardents, on a créé des externats dans quelques grandes villes. Ils sont toutefois en général annexés à des écoles publiques, c'est-à-dire qu'ils appartiennent au type d'écoles mixtes pour voyants et aveugles dont nous parlerons plus loin.
En Angleterre, la cause de l'école enfantine avec internat est gagnée : la loi fixe à cinq ans l'âge de scolarité pour l'aveugle. Mais la loi n'est guère observée, paraît-il, et c'est dans sa non-observation que M. Illingwoth voit l'explication du nombre élevé des aveugles arriérés.
L'utilité de l'école enfantine et de l'internat grandit donc avec l'inaptitude des familles à créer à l'enfant le milieu spécial dont il a besoin. Elle grandit aussi avec les anomalies et les tares de l'enfant. Plus il s'éloig-ne de la normale, plus on devra recourir de bonne heure à des méthodes particulières. C'est le cas pour les aveugles arriérés et les aveuglessourds .
La pédagogie des aveugles-sourds a pris
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naissance aux Etats-Unis, vers 1824, à l'école de sourds-muets de Hartford ; et c'est aux Etats-Unis aussi qu'elle a eu ses plus brillants développements à l'école d'aveugles de Boston, avecLauraBridgeman, née en 1729 et instruite par le D' Howe — elle est morte à Boston à l'âge de soixante ans — et avec Helen Keller, née en 1880 et instruite selon la même méthode. L'élément original de cette méthode est à son point de départ : il s'agit, à force d'épeler un mot en langage manuel dans la main de l'infirme, tandis qu'on lui fait toucher l'objet correspondant, d'établir une association entre le signe et la chose signifiée, association à la faveur de laquelle jaillira dans son cerveau l'idée du langage artificiel. Le temps nécessaire pour parvenir à cette notion est très variable selon les individus, et bien souvent cette première étape n'est jamais franchie. Par la suite la pédagogie des sourds-aveugles est surtout une combinaison des méthodes pour les aveugles et des méthodes pour les sourds ^ Elle enseigne à parler suivant les procédés des sourds-muets, langage oral compris ; à lire et à écrire suivant les procédés des aveugles. L'en-
I. Outre les ouvrages connus qui ont vulgarisé les procédés employés avec Laura Bridgeman et Helen Keller, voir l'ouvrage de M. Arnould, Ames en prison, et surtout l'ouvrage de Riemann, professeur de sourds-muets aveugles à Nowawes en Prusse, qui a instruit plus de 40 sujets, Tauhstumnt nnd Bliiid ^ugleich (voir la seconde édition très modifiée, Berlin, 1916).
seignement professionnel est également celui des aveugles. Aussi l'instruction des aveuglessourds est entreprise aux Etats-Unis un peu partout, dans beaucoup d'écoles d'aveugles, d'écoles de sourds-muets, et d'écoles mixtes. On en pourrait citer au moins une vingtaine. Il y a pourtant grand avantage à spécialiser cet enseignement et à concentrer les sujets dans quelques établissements, comme celui de Boston, qui seraient à même de faire proafresser les méthodes Les établissements de Wenersbourg en Suède, de Nowawes en Prusse, de Larnay près Poitiers en France, où vient de mourir la célèbre Marie Heurtin, répondent à ce besoin.
L'enseignement a nécessairement un caractère très individuel, les résultats sont extrêmement variables et il ne faut pas regarder comme habituels les brillants exemples qui sont cités dans les manuels de philosophie. Assez rares sont les sourds-aveugles auxquels on peut enseigner le langage oral ; un assez grand nombre parviennent à utiliser le langage manuel et l'alphabet Braille. En tout cas il est important de commencer très jeune.
Il serait de même essentiel que les aveugles arriérés fussent groupés dans des écoles particulières où dans des sections spéciales des institutions d'aveugles. Ils détournent, et pour un profit médiocre, une part excessive de l'at-
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tention du maître, et nuisent à la marche des classes. L'école des aveugles normaux cherche à les écarter ; Técole des arriérés voyants n'est pas outillée pour les recevoir. Il leur faut des méthodes particulières, combinant les procédés appliqués aux arriérés voyants et les procédés appliqués aux aveugles normaux , et ces méthodes ne seront rationnellement dégagées et mises en pratique que dans dc!S établissements spéciaux comme ceux de Chilly-Mazarin près de Paris, de Chailly, près Lausanne en Suisse, etc. En dépit de ce que cette tâche a d'ingrat ils devront être multipliés dans bien des cas, d'ailleurs l'arriération réelle ne se distingue pas immédiatement du retard passager dont nous avons analysé les causes. C'est à l'école d'aveugles normaux, où l'arriéré aura d'abord été dirigé, qu'il appartiendra de la déclarer. Mais plus l'arriération sera traitée tôt, plus elle a de chances d'être guérie ou atténuée. Le cas des aveugles qui ont conservé un reste de vue est opposé. Pour eux aussi, avec raison, on a demandé des sections particulières. Bien qu'ils ne puissent souvent pas suivre avec profit, et même sans danger, l'école commune des voyants, il leur faudrait bien souvent non les méthodes tactiles des aveugles, mais des méthodes utilisant par les moyens les plus favorables ce qui leur reste de vue : livres écrits en gros caractères, images grossies, grande part
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faite dans les programmes à l'enseignement oral, etc. Au point de vue de l'enseignement professionnel aussi ils risquent de ne pas trouver dans les ateliers d'aveugles les moyens d'utiliser leur pauvre vision. Dans les grandes villes et auprès des grandes institutions d'aveugles, dans lesquelles ils forment un contingent assez important, on devra certainement faire quelque chose pour eux comme il a été fait à Zurich, à Strasbourg* et dans quelques grands centres aux Etats-Unis où depuis moins de dix ans un certain nombre d'écoles dites de préservation de la vue ont été instituées en annexes à des écoles ordinaires dévoyants. Mais dans la plupart des cas il est à craindre qu'ils auront à continuer de suivre l'école des aveugles. La condition des demi-voyants est très variable selon le degré de vision qui leur reste. Quand ce degré n'est pas trop bas, il y a souvent avantage pour l'enfant à différer l'internat, et à se mêler aux jeux et aux exercices des petits voyants de son âge.
Pour revenir aux aveugles normaux, la nécessité de créer à leur usage des écoles enfantines en faveur de la généralité n'implique pas, dans
I. Sur les méthodes suivies à Strasbourg voir Elsass-Lotri?igisches Schulblatt, 1916, et VaU?itin Haiiy, octobre 1921,
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ma pensée, la nécessité pour chaque enfant en particulier de fréquenter l'école enfantine. La difficulté que l'École Braille de Saint- Mandé, bien qu'à la porte de Paris, rencontre à recruter sa section d'enfants témoigne assez combien l'internat fait à cet âge reculer les parents. L'internat fait hésiter beaucoup de parents. L'angoisse que certains d'entre eux éprouvent à la pensée de se séparer du petit infirme nous oblige à examiner le cas de conscience qui se pose à eux.
Je crois qu'il est tout à fait souhaitable pour tout aveugle d'avoir séjourné quelque temps dans une école d'aveugles. Il est malaisé sans cela qu'il se familiarise pleinement avec l'outillage propre à la cécité. Mais, dans des cas particuliers, on peut fort bien différer ce séjour jusqu'à la dixième ou la douzième année, et fuir les inconvénients notoires que présente l'internat pour les tout petits.
Cela suppose une famille intelligente, qui s'informe des besoins propres au petit aveugle, persévérante à appliquer les conseils reçus. Nous n'attendons pas d'elle, bien entendu, qu'elle mette en œuvre tout le programme que nous venons de tracer. Toutes nos méthodes et nos règles, au bout du compte, tendent seulement à seconder l'action de la nature. Leur but suprême c'est d'éveiller la curiosité, le vouloir vivre, et toutes les activités psy-
chiques de l'enfant. Gardons-nous de l'erreur commune des pédagogues qui prennent la mesure de leur effort pour la mesure de son efficacité. La vie en famille dispose d'autres moyens pour parvenir au même résultat que l'école. Elle a des stimulants qui manquent au milieu factice de l'école. Le tout est de savoir si ses stimulants seront intelligemment mis à profit et si l'enfant est bien doué. Lorsque ces deux conditions sont réunies, la nature fera son œuvre et elle assurera la suppléance qui est chose naturelle. S'il y a — comme il est inévitable — infériorité sur certains points, il pourra bien y avoir avantage sur d'autres. Des aveugles de marque ont parlé avec une reconnaisante effusion des soins intelligentsqu'ilsontreçusdansleur famille, des jeux, des exercices de toute nature qu'ils ont dû de pratiquer qui à un père, qui à un ami éclairé. La prédilection avec laquelle certains d'entre eux reviennent sur ces souvenirs est significative. Ils se félicitent d'avoir échappé tout enfant à la vie artificielle, méthodique et mesquine de l'école, et pensent avoir trouvé dans le plein air de la vie normale des raisons d'agir et des occasions de se développer que les règlements ne prévoient pas.
Ils ont parfois raison. Mais pour qu'il en soit ainsi, la famille doit se dégager des préjugés courants sur la cécité et comprendre les
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besoins réels du petit infirme. L'enfant aveugle, qui se développe normalement, est volontiers bavard parce qu'il a un surplus d'activité à dépenser. Il questionne beaucoup, parce qu'il est inquiet de curiosité non satisfaite. Il veut palper beaucoup, et mérite le nom de « toucheà-tout » que par une singulière et significative rencontre plusieurs aveugles de ma connaissance avaient reçu de leur entourage ; ce sont là des signes de santé intellectuelle et des promesses d'avenir qu'il faut se garder de contrarier, même lorsqu'ils ne laissent pas d'être gênants. Si l'enfant casse, il faut le gronder d'avoir mal palpé, non d'avoir palpé, comme on le lui reproche d'ordinaire. On doit l'encourager à se rendre compte de tout au contraire. Il faut lui parler beaucoup, de tout ce qu'on voit à la promenade et qui lui échappe. Il faut observer avec lui, se refaire une âme d'enfant pour mettre des yeux à son service, les appliquer auxchosesqui intéressent un enfant, développer sa faculté de synthèse, c'est-à-dire son imagination, qui est toujours la faculté en retard, lui apprendre à remarquer dans la nature ce qu'il y peut g-oûter : qu'il reconnaisse les arbres à leur feuille, les herbes à leur forme, les fleurs à leur parfum. Comprendre les moyens particuliers dont il dispose, et l'aider à les mettre en œuvre pour qu'il participe aussi pleinement que possible aux impressions qui s'imposent à
ses compagnons et se mêle à leur activité, voilà le but qui suppose beaucoup d'intelligence et beaucoup de patience.
Quand le temps viendra où les camarades de son âge entreront en classe, s'il ne reçoit pas l'instruction à domicile, il faudra solliciter son admission à l'école commune, d'abord parce qu'il lui est très utile d'avoir des compagnons, ensuite parce qu'il est important pour lui de commencer jeune à s'instruire.
Mais deux conditions essentielles sont à indiquer : d'abord cet enseignement à l'école commune ne doit pas demeurer purement oral, parce qu'il risquerait de favoriser le penchant naturel chez beaucoup d'aveugles à la passivité, et parce que, pourle développement du toucher, il importe de commencer de bonne heure à lire et à écrire. Ensuite si l'enfant n'y est pas complètement réfractaire, il faut le compléter d'un enseignement musical suffisant à tout le moins pour développer l'oreille musicale.
Ces précautions prises, la valeur de l'enseignement de l'école commune pour l'aveugle dépendra du maître que le hasard lui donnera. On en a beaucoup discuté. La co-éducation a ses partisans convaincus. Elle est pratiquée en Angleterre, aux Etats-Unis. Elle l'est chez nous
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à Lille d'une manière systématique. L'expérience seule peut trancher le débat. Or de nombreuses expériences ont donné des résultats satisfaisants. Seulement il faut pour cela que le maître soit dévoué, attentif à donner au petit aveugle 1-e temps forcément limité qu'il peut distraire en sa faveur, et notamment il faut qu'il accepte de se mettre lui-même à la pratique du Braille. Il faut en second lieu qu'il ne se donne point trop au petit aveugle au détriment du reste de la classe, car avec un instituteur intelligent et enthousiaste cet écueillà n'est pas moins à redouter que l'écueil opposé. Enfin il faut s'assurer que l'enfant est capable de tirer parti d'un enseignement auquel manque bien souvent l'accommodation aux moyens spéciaux dont il dispose.
A Lille, un maître aveugle passe d'école en école, visitant les aveugles, et leur assurant, en sa qualité d'adjoint au maître clairvoyant, les parties spéciales de l'enseignement — procédé sans doute excellent, qui n'est de mise que dans les grandes villes où les enfants aveugles sont parfois en nombre suffisant pour occuper un maître particulier.
Aux Etats-Unis, depuis l'exemple donné par Chicago en 1900, une douzaine de grandes cités ontadopté une organisation analogue. En général les petits aveugles n'y sont admis qu'à fréquenter une ou deux écoles désignées de
manière à constituer de petites classes, et on ne les reçoit que si un certain effectif est atteint. La tâche de l'adjoint spécialiste est ainsi simplifiée, et Ton peut, semble-t-il, faire place dans les programmes à des cours particuliers de gymnastique, de musique et de culture de l'adresse. Seulement il faut que l'école ou des sociétés de bienfaisance prennent à leur charge les frais de guides et de tramways que comporte la fréqueniation d'une école souvent éloignée de la famille ^
Un autre système, pratiqué chez nous depuis longtemps par l'Association Valentin Haiiy, supplée à Tabsence d'une pareille organisation. Il consiste en leçons individuelles à domicile combinées avec la fréquentation de l'école commune. L'association Valentin Haûy invite les parents, en attendant l'âge de l'école spéciale, à envoyer l'enfant à l'école commune la plus proche où il pourra être accompagné par un frère ou par un camarade ; et, à défaut d'un maître spécial rétribué par la ville, elle les met en relation avec un aveugle instruit qui, rémunéré par elle, initie l'enfant aux matières spéciales de l'enseignement. Ce n'est là qu'un moyen de fortune, car l'aveugle désigné n'aura
I. Même ainsi, la charge de nourrir l'enfant restant au compte de la famille, on fait observer que, pour les pouvoirs publics, le coût annuel par tête d'externe est de moitié inférieur à ce qu'il est par tète d'interne, environ 200 dollars pour l'année 191 5- 1916, au lieu de 411 dollars.
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bien souvent aucune préparation pédagogique. Les services qu'il a rendus sont pourtant considérables, et c'est le seul procédé qu'on puisse appliquer dans les villes petites ou moyennes où les enfants aveugles sont très peu nombreux, parfois même dans les grandes.
Mais quel que soit le régime de l'école commune et les améliorations qu'on y peut apporter, il est entendu qu'elle ne doit être que l'antichambre de l'école spéciale. Les parents doivent se faire à cette idée qu'un jour viendra où ils auront le devoir impérieux de se séparer de leur enfant. Et si le petit aveugle manifeste quelque paresse d'esprit ou de corps, c'est très tôt qu'il faudra se décider à recourir aux méthodes rationnelles de l'école spéciale.
Je reproduirai, en terminant ce chapitre, les directives excellentes données par l'Association Valentin Haûy aux familles des enfants aveugles. Elles sont le fruit d'une persévérante expérience : la notice qui les résume a été enrichie et retouchée à bien des reprises d'après les leçons des faits. A l'école du Minésota, une notice analogue est remise aux parents, au début des vacances, afin de les faire collaborer à l'œuvre d'éducation par des exercices ^ 109 €
qu'il est souvent plus aisé d'organiser à la maison qu'à l'école.