‹ La pédagogie régionalisteChapitre 56 sur 77 · I . En voici les passages principaux · texte numérisé non relu

I . En voici les passages principaux

• L'amélioration de l'enseignement du français préoccupe vivement aujourd'hui tous ceux qui s'intéressent à la prospérité des classes primaires. On cherche à y introduire des leçons spéciales pour étudier la composition française. Pénétré de l'importance de ces études, je me suis proposé d'appeler l'attention des. professeurs sur la traduction du provençal, dont les avantages ont de l'analogie avec ceux du latin que traduisent les élèves des collèges. Ce projet a reçu l'approbation de M. de Pontmartin et d'un professeur de langues vivantes au Lycée d'Avignon, avec l'assentiment de l'Académie et du supérieur d'une Congrégation enseignante des plus répandues. J'ai mis ce moyen à l'épreuve et il a donné des résultats fort satisfaisants. Vous pourrez apprécier vous-même ce travail par la traduction d'un poème de Mistral : t Les Saintes », que vous trouverez ci-joint.

« Les élèves qui s'inspireront à une source si belle et si pure acquerront des avantages précieux qu'il leur était impossible d'obtenir en étudiant la grammaire ou le style, selon la méthode des pensionnats et des cours professionnels.

« A cet effet, un classique provençal sera bientôt publié avec le concours de Mistral, Roumanille, Aubanel ; il aura pour titre : UAbiho prouvençalo, et sera suivi d'un lexique renfermant tous les termes dont les élèves, en général, ne connaissent pas la signification. Les morceaux ont été choisis avec le plus grand soin ; ils pourront servir d'exercice oral et écrit pendant deux années. Il est incontestable que ce nouveau travail doit produire des fruits, parmi lesquels je mets au premier rang : i* l'étude de la propriété des termes, qui est le fondement du style ; 2* la connaissance d'un grand nombre de mots et de locutions que l'enfant sait bien en provençal, mais qu'il ignore en français, môme après avoir fini ses classes primaires ; 3* l'acquisition des idées, des pensées et des sentiments qui embrassent la sphère où doivent se mouvoir l'intelligence et la sensibilité de nos élèves ; 4* ensuite ils abandonnent les défauts du langage populaire pour s'élever à la beauté lumineuse et vivifiante de ces bons auteurs; I ils aiment davantage leur pays parce qu'ils le connaissent mieux, grAce à

}*aide que leur fournit leur langue maternelle. >

Après qu'en 1878, lors de TExposition universelle, M. Michel Bréal eut, devant tous les instituteurs réunis à la Sorbonne, préconisé cette méthode*, les Félibres de Paris mirent au concours la thèse elle-même. Le travail couronné fut publié en 1888 dans Occitania, sous l'initiale S. (Savinien) *.

En i883, la Société littéraire et scientifique des Basses- Alpes avait aussi promis une médaille d'or à la meilleure méthode pour l'enseignement du français dans les écoles primaires. C'est Savinien qui obtint cette récompense.

En 1890, le 6* centenaire de l'Université de Montpellier provoqua dans cette ville la réunion de deux congrès : l'un de langues romanes, d'autre d'études languedociennes. I

Mistral y fit de très justes observations sur l'absence de , l'idiome local dans l'enseignement primaire, et le député Maurice Faure y plaida la cause du provençal avec la chaude éloquence qu'on lui connaît*.

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