‹ La pédagogie révolutionnaireChapitre 18 sur 62 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Le point faible de ce travail général sur l'éducation, indépendamment des critiques de détail que nous avons pu formuler, c'est de creuser un abîme trop profond entre l'enseignement supérieur et celui de la nation. Assurément, c'est par une vue judicieuse et pénétrante que Mirabeau songe à organiser du même coup l'instruction publique et son couronnement, persuadé que l'éducation La plus élémentaire d'un peuple végète et s'atrophie, s'il ne renferme en même temps les éléments d'une culture raffinée et le ferment de la vie intellectuelle et artistique la plus haute. Mais ici le couronnement n'a pour ainsi dire pas de soutien. Le Lycée national (qu'on me passe cette image) est vraiment un projet en l'air. Il n'y a pas, au-dessous, l'édifice d'un enseignement secondaire, et il y a peu de chose à la base dans l'enseignement primaire. Là même, tout est indécis

et flottant. Les plans de Mirabeau ne formaient donc point un ensemble suffisant.

11 serait assez oiseux de rechercher ce qu'on aurait pu faire pour.les compléter et les codifier, puisqu'ils n'ont pas mémo eu l'existence légale de projets parlementaires. 11 n'importe pas davantage de recueillir les idées du grand orateur sur Véducaiion de l'héritier présomptif de la courùnne, sujet d'un quatrième discours, puisque la Révolution va emporter la couronne et confier l'héritier présomptif au cordonnier Simon. Mirabeau meurt lui-même « en emportant le deuil de la monarchie ». Il laisse à d'autres le soin d'occuper les assemblées françaises de leurs idées ou de leurs utopies.

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