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CHAPITRE XI

Lakanal.

Après les ditféreiiU projets que nous avons déjà rencontrés et étudiés, la fécondité pédago^iqne de la Révolution est pour ainsi dire épuisée. Il ne se produira plus aucune théorie nouvelle di^crne d'arrôter et de fixer l'attention de l'historien. J'ai déjà dû passer sous silence des plans avortés, des discours isolés, des discussions qui n'eurent aucune sanction législative. Il n'est au'^un de ces documents qui ne ressasse nécessairement des conceptions déjà émises; car le nombre n'en est pas illimité et infini. De môme les lois et les règlements auxquels s'en va aboutir le travail de la Convention ne seront plus que le décalque affaibli des magnifiques plans d'ensemble que la science et la philosophie avaient précédemment élaborés.

Les décrets que Romme avait obtenus de la Convention ne subsistèrent pas longtemps. Dès le mois de novembre, on décida de les reviser. C'est en vain que ce grand citoyen, auquel on ne saurait payer un trop large tribut d'admiration et de reconnaissance, lutta vaillamment et interpréta la revision dans le sens d'un arrangement et d'une sorte de codification des dispositions de son projet. L'idéal de la Convention commençait à baisser et à s'obcurcir. Inquiétée, choquée et déroutée par les manifestations anti rclinienses du peuple ; tourmentée par un vague déisme qui avait été en somme, dans le même siècle, celui de Voltaire et de Rousseau; défiante des progrès de ce que le Comité de salut public avait appelé « le philosophisme, •• elle avait pris les cultes sôussa protection morale et se repentait

d'avoir adopté le projet de Romme qui fermait l'école à toutes leurs influences.

Elle donna donc la priorité au projet du jacobin Bouqiiie)\ qui déclarait laconiquement que « l'enseignement était libre ». Tout le monde pouvait prétendre aux fonctions d'instituteur et ouvrir une école, sous réserve de (juelques formalités. La surveillance était remise entre les mains des municipalités ou sections, des pères et mères, des tuteurs et curateurs et de tous les citoyens, en un mot, de tout le monde, ce qui équivalait parfaitement à ne la confier à personne. Ce vice radical du projet suffisait à rendre absolument illusoires les articles qui ordonnatent aux instituteurs de se conformer aux programmes et aux livres d'enseignement désignés par la représentation nationale. Tous les prêtres et tous les vieux maîtres de l'ancien régime allaient pouvoir enseigner à leur aise. On ne leur demandait rien d'ailleurs qui ne fût à la portée du pédagogue le plus ignare: le programme de l'enseignement primaire était honteusement réduit à la lecture, à l'écriture et aux premières règles de l'arithmétique . Pour comble de charité envers ses irréconciliables ennemis, la République s'engageait à les payer elle-même en mandats à vue, à tant par tête d'élève.

A quelque temps de là, le 13 avril 1794, le triste auteur de ce projet eut le front ou la naïveté de le faire suivre d'un rapport sur le dernier degré d'instruction. Partant de ce principe que la République, après avoir payé aux citoyens la dose d'instruction qui leur est rigoureusement nécessaire, ne doit se payer à elle-même que les établissements qui sont rigoureusement préparatoires à ses services publics, il propose, au travers d'une phraséologie emphatique et prud'homraesque, la création d'un certain nombre d'écoles spéciales : écoles de médecine, d'art vétérinaire, écoles militaires, de travaux publics, école navale, école des mines.

Ainsi, entre l'instruction primaire, presque anéantie d'ailleurs, et les écoles spéciales qui supposent une instruction et un enseignement supérieur, se creuse un trou béant que l'auteur ne se préoccupe nullement de combler. Par un défaut total de prévoyance ou de logique, il ne se demande même pas comment il pourra recruter des écoles supérieures, en l'absence de tout enseignement secondaire. Il tombe par là dans l'impossible, pour ne pas vouloir perdre de vue un seul instant l'utile. Tout

ce qui ne rentre pas dans Tétroit cadre de son plat idéal est à ses yeux enseignement de luxe ; il ne se doute guère que l'instruction publique et la science sont la première richesse d'une nation, que les études dites désintéressées lui sont en fait et matériellement indispensables.

Des événements tragiques détournèrent pour un temps la préoccupation publique des questions d'enseignement et firent d'ailleurs abandonner le plan dé Bouquier d'une manière définitive. Ce n'est pas à ce titre que nous les déplorons. Des passions sanguinaires avaient successivement poussé à la guillotine les Hébertistes et les Dantonistes. Enfin, à la date célèbre du 9 thermidor, Robespierre tomba lui-môme ; son parti fui ruiné et entraîna le plan de Bouquier dans sa chute.

Cependant l'impulsion était donnée depuis longtemps aux idées pédagogiques. Par une heureuse circonstance, le Comit<i d'instruction publique se trouvait renfermer quelques-uns des meilleurs républicains encore acquis au véritable esprit de la Révolution. Grâce à leur influence et pendant l'espèce d'accalmie politique qui suivit la fièvre du sang, la Convention entra en auelque sorte dans une période organique et dans une ère d'utiles créations.

Un de ses essais les plus originaux et les plus heureux par ses suites, ce fut l'institution de l'ficole Normale de Paris *. Le mot était alors aussi nouveau que la chose. 11 s'agissait de faire des maîtres qui fussent capables d'enseigner d'après les méthodes et dans l'esprit de la Révolution. Ils manquaient, nous le savons. Ce fut une grande idée que de les faire, pour ainsi dire, sortir de terre. On s'adressa aux départements, auxquels on demanda les meilleurs et les plus intelligents de leurs enfants; et à ces élèves de choix, on donna comme maîtres, comme instituteurs, les hommes dont la réputation et la gloire étaient dès lors et n'ont pas cessé d'être l'honneur du pays: Lagrange, Laplace, Hauy, Monge, Daubenton, Berthollet, Volney, Bernardin de Saint Pierre, Laharpe, etc. L'École Normale prit ainsi naissance dans un décret de la Convention, sur un

1. Je cite spécialement cette école, non par une préférence d'ancien élève qui me ferait oublier les autres, mais parce qu'elle est, au moins dans la conception qui lui a donné naissance, comme une pièce essentielle d'une pédagogie.

rapport extrêmement remarquable dç Lakanal ^ qui présida ensuite la séance d'ouverture et d'inauguration : les cours durèrent six mois et prirent l'utile caractère de conférences fécondes entre les professeurs et les élèves 2.

Le môme Lakanal fit adopter une loi d'enseignement primaire, ayant les plus grands rapports avec le projet qu'il avait présenté jadis pour le compte de Sieyès et de Daunou. Tel quel, ce plan constituait un progrès considérable sur celui de Bouquier. En eifet, il ne livrait plus absolument l'éducation à l'intluence et aux hommes des émigrés de l'intérieur, au vieux, personnel de la pédagogie monarchique et cléricale. Il permettait, il est vrai, d'ouvrir des écoles particulières. Mais il assurait l'avantage de la gratuité aux écoles nationales et remettait, en dernier ressort, la nomination de leurs instituteurs et institutrices à l'administration du district, administration dont on pouvait du moins espérer qu'elle serait républicaine. Cet espoir ne se réalisa pas toujours: Malheureusement aussi, la Convention, maintenant flottante et sans volonté forte, se refusa à admettre le principe de Tobligation. Romme, qu'on est toujours sûr de rencontrer à la défense des meilleures causes, s'opposa en vain à cette défaillance. Enfin le programme se rapprochait beaucoup de celui qu'avaient adopté successivement tous les pédagogues révolutionnaires dignes de ce nom. Il tendait à rendre moins large et moins profonde la lacune, inévitable entre l'enseignement primaire et le secondaire, quand

1. Malgré des imperfections et des erreurs, ce rapport renferme des choses excellentes sur les rapports de l'organisation des pouvoirs publics et celle de renseignement national, aussi sur l'importance primordiale de l'art d'enseigner. Lakanal n'est signalé dans notre livre par aucune construction philosophique. Il est, à cet égard, bien inférieur à un homme comme Rommo. Mais son nom reste attaché à la fondation effective de presque toutes les grandes créations^ conventionnelles. C'est un caractère d'une admirable pureté. Il a bien mérité sa statue et la réputation qu'on lui fait est pleinement justifiée, quoique un peu exclusive.

îl. Quand j'étais élève de l'École normale supérieure, je me suis toujours étonné de voir à l'entrée, sur des plaques de marbre, la date des actes administratifs de Napoléon et de Louis-Philippe, qui l'ont successivement rétablie^ et reconstruite, et aucune mention du décret conventioimel qui l'a réellement créée.

on ne ménage pas entre eux des transitions k la manière de Romme et de Condorceti.

Ce qui contribuait à faire du plan Sieyès-Daunou, jadis coadamné par nous, une solution actuellement acceptable et relativement bonne, c'est qu'il ne fut plus question alors, comme on l'avait voulu d'abord et comme Bouquier l'avait voulu depuis, d'abandonner l'enseignement secondaire à ses propres forces et à l'initiative particulière. Il fut constitué par les écoles centraleSy établies sur un nouveau rapport de Lakanal, infatigable pendant toute cette période. Chose singulière, Lakanal ne veut pas qu'on leur donne le nom d'écoles secondaires. Il craint sans doute de réveiller les susceptibilités des amis inintelligents d'une fausse égalité. Nous ne tenons pas au mot; mais nous attachons une importance singulière à la chose. Or les écoles centrales devaient bien constituer un degré secondaire d'enseignement, puisqu'elles étaient appelées, d'après le rapporteur lui-même, à remplacer les anciens collèges, toujours en exercice licite ou illicite. Elles avaient été réclamées par les adresses d'un grand nombre de départements. On devait y enseiguer des connaissances scientifiques et, dans tous les cas, suivre un programme suffisamment imbu de l'esprit de la science et de la Révolution :

On VOUS a démontré déjà combien il est urgent de former des officiers de santé. Les communes les ont cédés aux armées où l'humanité, toujours sous le fer et dans le feu, réclame les secours les plus prompts. Vous propagerez la science de la vie, noQ comme autrefois, par des formules hiéroglyphiques et quelques adages applicables à tout, et par conséquent à rien ; mais par une étude approfondie de la nature, qui, pour la conservation des trois règnes, a combiné entre eux des actions réciproques et des

1. Delà vient, aujourd'hui même, la tendance d'un enseignement primaire supérieur à se constituer en France.

rapports mutuels. C'est la connaissance de ces combinaisons éternelles qui formera notre système médical. Celui-là sera à l'abri des épigrammes du bel esprit et du mépris des philosophes. L'homme qui le possédera sera le vrai conservateur de l'espèce humaine, et, par un rapprochement qui paraîtra singulier, mais qui n'en est pas moins réel, en guérissant les maux du corps, il portera le plus grand coup à l'incurable fanatisme, puisque, quand les médecins sauront guérir, le peuple n'ira plus recourir à d'impuissantes reliques. C'est dans l'impossibilité de les adresser à un mortel habile dans cet art que la Grèce ouvrait à ses peuples le temple d'Esculape.

Tous les arts, toutes les sciences se tiennent et s'entrelacent; mais il en est qui ont une connexion plus étroite; il en est d'autres, pour ainsi dire supérieurs, qui entraînent dans le tourbillon une foule d'arts subordonnés qui sont comme leurs satellites. Ils sont faits pour se réfléchir mutuellement de leur lumière : ainsi la physique, la chimie, l'anatomie, l'histoire naturelle, quoique chacune ait sa sphère particulière et son existence à part, se rangent autour de la médecine et vous n'aurez fondé des écoles utiles pour celle-ci que lorsque les autres auront leurs chaires et leurs étudiants. Ce sont les membres d'un même corps ; la privation d'un seul arrête ou gène tous les autres.

Nous avons depuis longtemps négligé les belleslettres, et quelques esprits qui veulent passer pour profonds regardent cette étude comme futile. S'ils avaient observé la marche de l'esprit humain, ils auraient vu toujours les belles-lettres s'élever comme

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Taurore des sciences. Ce sont elles qui ouvrent l'esprit au jour de la raison, et le cœur à rimpression du sentiment. Elles substituent la moralité à l'intérêt, elles polissent les peuples, elles exercent leur jugement, elles les rendent plus sensibles et en même temps plus dociles aux lois, plus capables de grandes vertus- Chez les peuples anciens qui ont marqué dans l'histoire, les lettres ont tenu lieu de toutes les sciences; ils n'avaient presque aucune vraie connaissance, mais ils étaient lettrés : ils avaient des poètes, des orateurs, des écrivains moraux, et ils ont été grands aux yeux de l'univers.

L'illustre philosophe de Genève, voyant dans la corruption les peuples éclairés, conclut que les lettres les avaient corrompus; il aurait dû dire qu'ils l'avaient été, non par les lettres, mais malgré les lettres, qui, dans cet état de décadence, modifiaient encore l'action du vice et rallumaient de temps en temps dans les âmes le flambeau de l'honneur ; oui, jusqu'à l'abus qu'on en a fait, tout prouve le bon usage qu'on pouvait en faire.

Encouragez donc l'étude et le perfectionnement des belles-lettres, ressuscitez les langues anciennes pour enrichir la notre de leurs trésors. Les auteurs de l'antiquité respirent l'amour sacré de la patrie, l'enthousiasme de la liberté, et cette haine vertueuse que l'être sensible doit aux oppresseurs de l'humanité. Approchez de vous les langues principales de l'univers moderne; ce n'est que par là que la vôtre pourra se perfectionner ; et vos idées ne s'étendront, ne se rectifieront que par l'importation de toutes les idées étrangères. Dès lors, la poésie, la musique, l'éloquence qui agissent si fortement sur un peuple

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libre, prendront, en France, le caractère qu'elles doivent avoir et qu'elles n'ont jarnais eu. Dès lors, au lieu d'Anacréons, vous aurez des Tyrtées et des Homères ; au lieu dlsocrates, vous aurez des Démosthènes, surtout si, par vos institutions, les grands principes de la morale républicaine deviennent populaires, et si votre législation sublime cesse d'être la science du petit nombre.

En général, on avait senti la nécessité de ces branches d'enseignement. On ne s'était trompé que sur la fin et les moyens. Mais pourquoi l'agriculture, le commerce, les arts et les métiers n'ont-ils jamais eu leurs écoles? Pourquoi les a-t-on livrés à la routine de rinstinct ou à l'intérêt de la cupidité? Croyait-on à l'impossibilité de les réduire en principes? ou pensait-on qu'en ce genre les méprises fussent sans conséquence et la perfection sans valeur? Vous vengerez les arts et les métiers, l'agriculture et le commerce de cet oubli des nations ; non en allant comme les rois poser sur le socle en un jour solennel une main protectrice : cette vaine cérémonie avilit ce qu'elle a l'air d'élever ; mais vous assignerez des instituteurs qui abrègent, qui assurent la marche de l'industrie. L'expérience démontre l'utilité de ces sortes d'établissements. Le célèbre Smith a donné à Edimbourg, des leçons sur le commerce, dont, la réunion et l'ensemble ont formé VEssai sur la richesse des nations, l'ouvrage peut-être le plus utile aux peuples de l'Europe. L'agriculture date des premiers jours du monde, et elle est à une distance immense de la perfection; c'est que la charrue, poussée au hasard, n'a jamais été précédée du flambeau de la réflexion ; si elle est plus florissante sur les bords de

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la Tamise, c'est que la patrie reconnaissante y a rœil sur le cultivateur et que le premier qui y sema du gland, d'où sortent les vaisseaux de ligne, a obtenu des statues éternelles.

Il est sans doute une foule d'exercices auxquels on élevait la jeunesse qu'il faut absolument proscrire de l'éducation nationale et livrer aux fantaisies des particuliers; mais il est du grand intérêt de la patrie de s'assurer que les mathématiques se cultivent et s'approfondissent parce qu'elles donnent le pli de la vé-, rite, parce que sans elles l'astronomie et la navigation n'ont plus de guide, l'architecture civile et navale n'ont plus de règle, la science de l'artillerie et des sièges n'a plus de base. Rien, en un mot, de ce qui a quelque degré d'utilité publique ne doit être négligé dans votre système d'instruction gratuite, pas même le dessin, qui n'a été considéré jusqu'à présent que relativement à la peinture ; mais qui, sous le rapport du perfectionnement des sens, accoutume les yeux à saisir fortement les traits de la nature et est, pour ainsi dire, la géométrie des yeux, comme la musique est celle de l'oreille.

Voilà les principaux objets d'enseignement qui seront traités avec une certaine étendue dans les nouvelles écoles que nous nommons centrales, parce qu'elles seront placées au centre des écoles primaires de chaque département et à la portée de tous les enseignés.

Quel plus beau spectacle que de voir dans toute la République s'élever ces savantes constructions où se réuniront, dans un foyer commun, les lumières de chaque. Vous y rassemblerez les hommes éclairés des collèges que vous allez supprimer; en les unissant

aux élèves sortis des écoles normales, ils seront forcés d'en suivrela direction.

C'est là que les gens de lettres qui, cachés au fond de leur cabinet, y nourrissent salutairementle feu du génie, iront avec allégresse en répandre rinfluence. G'esl là aussi qu'après tant de campagnes célèbres, les amis des arts qui sont dans nos armées viendront servir la patrie d'une manière aussi utile et moins dangereuse, et unir les palmes des lettres auxlauriers de la victoire. C'est là enfin que vous recueillerez, de tous les points de chaque département, les divers monuments des arts qui doivent servir à leur reproduction ; dispersés, ils sont sans objet et sans utilité ; réunis, exposés à l'admiration publique et à l'émulation du talent, ils allumeront dans les âmes le feu qui les a créés.

Mais à cet égard, nous devons à la nation un grand exemple. d'égalité et de fraternité. Vous avez dans la commune de Paris des richesses incroyables dans ce genre. Il est sans doute essentiel que les artistes et les savants trouvent, dans cette métropole des sciences et des arts, les plus riches collections ; mais n'accaparez pas une opulence inutile.

Pourquoi le superflu des cabinets et des bibliothèques de Paris ne serait-il pas versé dans les départements ? Gardez tous les chefs-d'œuvre uniques. Il est juste qu'ils fassent l'ornement des lieux qui les ont vu naître. Mais tous les doubles en fait de tableaux, de livres, de statues, de machines, d'objets quelconques d'études, vous en enrichirez les écoles départementales. Le génie portera ainsi sa flamme épuratrice jusqu'aux extrémités de la République. De là, par un effet réciproque reporté naturellement vers

le centre, il se fondera une circulation d'où dépendent Tembonpoint et la vie du corps social.

Les écoles normales ont annoncé à la France le complément de l'instruction qui ne peut être que dans les écoles centrales. Vous ne laisserez pas l'édifice imparfait. L'univers, la postérité sauront qu'au milieu des orages d'une révolution inouïe, dans les crises d'une guerre dont vous souffliez l'embrasement sur vingt nations punies de leurs forfaits ; tandis que, dans la terreur, vous terrassiez d'une main le crime et l'immoralité, et que de l'autre vous cicatrisiez les plaies que la patrie avait reçues de ses parricides enfants, votre génie infatigable, combattant sans relâche l'ignorance et le vandalisme qui menaçaient d'envelopper la République, élevait un temple immense, un temple éternel, et jusqu'à vous sans modèle, à tous les arts, à toutes les sciences, à toutes les branches de l'industrie humaine, et que vous assuriez par ce chef-d'œuvre à la nation française, sur les peuples de l'univers, une supériorité plus glorieuse que celle que nous avaient .donnée les succès de nos armées triomphantes.

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