ANGELICA KAUFFMANN
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hommes. Le monde n'a qu'une raison d'être, l'art : Tartiste est le sauveur du monde.
Aussi, pénétrés de Timportance de leur mission, les peintres de 1815 ne voulurent-ils s'inspirer ni des maîtres de la première moitié du dix-huitième siècle, ni de Mengs, ni de Ghodowiecki et des naturalistes. L'école nouvelle suivit sa voie propre; ses modèles ne furent pas artistiques mais littéraires. Sous TinQuence de la philosophie, elle voulut remonter à la source de tout art, à Tidéal (l).
{!) En analysant la raison pure, Kant avait distingué les objets eux-inénies des furmes sous lesquelles les objets nous apparaissent; nous ne pouvons rien connaitre que ces formes, la nature des objets nous échappe entièrement. Maïs l'étude de la raison pratique fit découvrir à Kant V Impératif catégorique, la loi du devoir, qui commande à Thomme de faire le bien, dût-il même n*en tirer aucun profit, dût-il même en souffrir. Cette loi nous révèle la nature des objets en soi, qui sont les idées morales. Aucun lien existe-t-il entre le monde des pbé-, nomènes transformés par la raison pure et le monde des objets en soi tels que nous les connaissons par la raison pratique ? En d'autres termes, le monde que nous appelons matériel et le monde moral n 'exerceront-ils jamais aucune action l'un sur l'autre? Kant répond que ces deux mondes peuvent s'unir dans l'art : le {;cnie crée comme la nature, mais il crée non plus d'après les lois de la nature, il crée d'après V Impératif catégorique. L'œuvre de l'art est une création matérielle faite sur les principes de Tidéai. Dans l'art, Tidée et la matière se réconcilient;* par suite, l'art seul satisfera pleinement l'esprit humain. Schelling a voulu donner une valeur objective à ce qui n'avait dans la pensée de Kant qu'une valeur subjective. Dans son traité sur Les Rapports des Beaux^Arts et île la Sature (1804) et ses Lectures sur la Philosophie de l'Art publiées après sa mort en 1859, il voit dans l'art l'union complète de l'idéal et du réel, qu'en dehors de l'art il conçoit comme identiques dans le fond mais distincts dans la forme. L'esthétique de l'école de Schellin{; est exposée par son élève Solger (1780-1819) dans : £Vti'i;^- Quatre Dissertations sur le Beau et iArt (181 5\