William Morris, liopes and fears for Art
Wappers. Leighton, qui à étudié à peu près partout, a moins étudié en France qu'en Italie et qu'en Allemagne, et Herkomer n'y a pas étudié du tout. Millais enfin, qui, comparé à ses collègues, ressemble à un Français, se sépare tellement de nous par sa couleur, qu'on distinguerait ses toiles entre mille des nôtres. Leurs critiques les exhortent à demeurer Anglais avant tout. M. Phillips dit de Walker « qu'il avait cette qualité spéciale, qui ne pourra jamais être prisée trop haut, que, dans ses innovations, il demeure national de sentiment et de caractère » , et il ajoute que , « quelque tâtonnant et incertain que pût être, sous certains rapports, l'art de cet innovateur, cela seul que c'était une chose née du terroir et nationale au point de vue de la couleur fit son succès ». M. Harry Quilter dit de Poynter que « son éducation a été de la méthode la plus insulaire, ses sympathies pour l'art moderne très faibles. Ce que les Français appellent les grands contours du dessin manque totalement chez lui ». M"""* Barrington, faisant l'éloge de Millais, nous apprend que « son sentiment est invariablement pur, transparent et profondément sain, et que ces qualités contrastent heureusement avec les épouvantails grossiers et les suggestions désagréables, si notables dans l'art que patronne le goût français ». Et pour que nous sachions au juste ce qu'est le goût français, elle nous avertit ailleurs que c'est, « en matière de sentiment, la recherche
de la médiocrité ». Ruskin dit en s'adressant à ses élèves : « Il faut regafrierks Grecs quelquefois, non pas continuellement, et Jamais comme des modèles à imiter. Car vous n^êtes pas des Grecs, mais, meilleurs ou pires, vous êtes des Anglais et vous ne pouvez pas, quand même vous feriez mille fois mieux que vous ne faites, produire quelque chose de bon en dehors de ce que vos cœurs anglais vous inspireront et de ce que les cieux de TAngleterre vous enseigneront. » A Tautre pôle de Testhétique, Millais dit de même : « Il y a parmi vous une bande de jeunes gens qui, quoique Anglais, s'obstinent à peindre avec un accent français bâtard, tous paraissant désireux et satisfaits de perdre leur identité dans Timitation de maîtres français qu'il leur est absolument impossible, de par leur constitution et la nature des choses, de copier avec honneur soit pour eux-mêmes, soit pour leurs modèles*. » Et aucun ne met en doute que les cœurs et les cieux de TAngleterre ne puissent inspirer un art supérieur à celui de tous les temps et de tous les pays. « Voici une esquisse de quatre têtes de chérubins, d'après Reynolds, à Kensington, qui est une chose incomparablement plus belle que tout ce que les Grecs ont jamais fait, » dit Ruskin. Et Millais : « Placez un Rembrandt de premier ordre, un Reynolds de premier ordre et une œuvre contemporaine de premier ordre côte