‹ La peinture anglaise contemporaineChapitre 34 sur 45 · Sir John E. Millais, Thoughts on our art ofto-day · texte numérisé non relu

Sir John E. Millais, Thoughts on our art ofto-day

à côte; jugez-les en tenant compte de la différence apportée entre eux par la patine du temps, et vous trouverez qu'il y a peu de sujets de gémir de la décadence de Tart. Au contraire, vous serez fiers de notre art d'aujourd'hui \ » — Ils tirent leur espoir de rapprochements fort inattendus et, dans les Deux Chemins, il y a une boutade de Ruskin qui vaut toute une esthétique : « L'empire des mers, dit-il, semble avoir été associé, dans le passé, avec l'empire des arts. Athènes eut les deux ensemble, Venise aussi. Mais pour autant que notre puissance sur l'Océan dépasse la leur sur l'Egée ou l'Adriatique, nous devons nous efforcer de rendre notre art plus largement bienfaisant que le leur, quoiqu'il ne nous soit pas possible de le rendre plus noble, et ainsi de réaliser, dans leur sens impératif comme dans leur sens prophétique, ces grandes paroles du vieux Tintoret :

Sempre si fa il Mare maggiore *. )>

Ainsi vu dans son ensemble, l'art anglais contemporain est né d'un grand effort, d'une haute et prodigieuse obstination vers le noble, vers le philosophique et vers le national. Il n'est pas sorti spontanément, comme chez nous, de la joie d'admirer, de la joie de voir, du bonheur d'oublier,

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