‹ La peinture antiqueChapitre 18 sur 29 · SI · texte numérisé non relu

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représentent les autres portraits du Louvre, mais aucun ne vaut celui-ci pour la délicatesse du modelé et le charme de Texpression.

La plus riche de beaucoup et la plus variée de ces collections de portraits sur bois est celle qu'on a pu voir à Paris, il y a deux ans, et dont le possesseur est un Viennois, M. Graf.

Composée presque uniquement de monuments découverts à Rubaijat, dans le Fayoum, elle comprend plus de quatre-vingt-dix pièces de valeur très inégale, mais dont quelques-unes sont de premier ordre.

Ce qui frappe, quand on passe en revue tous ces visages, immobiles sur leurs tablettes de cèdre, c'est l'extraordinaire expression de vie qui s'en dégage. Hommes, femmes, jeunes gens, jeunes filles, ont, en général, une intensité de regard qui déconcerte ; certaines figures féminines, en particulier, où les yeux ont été démesurément agrandis, soit pour idéaliser le mo-

Fig. 149.

dèle, soit pour rendre Tagrandissement artificiel produit par le maquillage, paraissent suivre le visiteur et s'attacher, pour ainsi dire, à ses pas. Je n'en veux

pour exemple que cette tête de jeune fille, qui, sans être belle, intéresse par sa naïveté et par les contours enfantins de sa physionomie (fig. i5o).

Une chose digne d'attention, c'est l'air moderne de beaucoup de ces portraits. Les personnages qu'ils figurent semblent avoir vécu il y a quatre ou cinq siècles, quelquesuns même tout près de nous. Voyez cette jeune femme aux lèvres minces, à l'imperceptible sourire, au nez droit, aux cheveux artistement crépelés en forme de bonnet; cette autre, aux lourds bandeaux que surmonte un diadème d'or, à la riche parure de perles enroulées autour du cou ou pendant aux oreilles : ne dirait-on pas deux peintures de la Renaissance italienne? La figure i5o rappelle la manière de Greuze ; une tête virile (fig. i5i) à la che-

Fig. 150.

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