‹ La peinture antiqueChapitre 21 sur 29 · HomoUe, ibid., 1890, p · texte numérisé non relu

HomoUe, ibid., 1890, p

des appliques de bronze doré, quelques touches noires pour souligner certains traits du visage, voilà de quels éléments elle se composait. Je ne crois pas, pour ma part, que dans ces ensembles les chairs fussent peintes; à moins d'imaginer le rouge vif Jadis appliqué au tuf, la coloration rosée des chairs eût passé inaperçue à une telle hauteur, ou elle eût fait avec les rouges répandus sur les divers membres deTédifice un pénible contraste. Tout autre était la condition des statues isolées : celles-là furent, de bonne heure, enluminées avec plus de réalisme, comme l'atteste un passage instructif de Platon ^ comme le prouve également rintimité de Praxitèle avec Nicias. Un jour qu'on demandait à Praxitèle quelles étaient celles de ses œuvres qu'il préférait : « Celles, répondit-il, auxquelles Nicias a collaboré », tant, ajoute Pline qui rapporte cette anecdote, il prisait l'habileté de ce peintre à pratiquer la ganosis. Or on a peine à croire que cette opération se réduisît, dans de pareilles mains, à une simple friction à l'huile et à la cire; ce devait être un patinage savant, qui ménageait sur les nus du marbre les transitions les plus délicates et les animait d'une morbidesse pleine d'art. Une tâche de ce genre n'avait rien que de relevé. De même, Van Eyck ne dédaignait point d'enluminer des sculptures, et l'on sait qu'il avait colorié de sa main six des statues destinées à l'hôtel de ville de Bruges^.

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