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du soleil qui coulaient au travers du branchage des hêtres et qui jouaient en taches vacillantes sur les prairies d’un vert savoureux,ou sur le sable grisâtre du sol. II peignit les nuages voyageurs qui traversent le firmament avec un calme majestueux, et le vent qui gémit dans la couronne des vieux arbres. Le plus souvent, c'est l'automne. Des feuilles jaunes recouvrent le sol, et des oies jargonnantes s’avancent sur un sentier. Ou bien ce sont des canards qui se baignent dans un étang tranquille qui reflète des arbres verts et des nuées grises. Ou bien des oiseaux de marais volent au-dessus d'une plaine vaste et monotone. Ou bien une paysanne se repose au bord d’une prairie, tandis qu'au ciel s’assemblent de menaçants nuages d'orage. Et Boulenger n'eut de cesse qu'il ne pût exprimer sans déchet ce qu'il ressentait. Au début, ses tableaux étaient quelque peu chromo, parfois même sauceux et ternes. Dans la suite, il excella de plus en plus à saisir la fraîcheur vaporeuse de l'impression naturelle.
La lumière joue sur le sol, l’air vibre, les feuilles frissonnent dans le vent. Tandis qu'ordinairement l’on ne voit chez les Belges que des tableaux bien peints, Boulenger par-
vient réellement à communiquer des impressions : tantôt la mélancolie de l’automne, lorsque la nature s'apprête au repos ; tantôt la joie ensoleillée du printemps, lorsque les oiseaux chantent et les sillons verdissent.
Sa mort — il s'éteignit déjà en 1874, à l’âge de trente-sept ans — fut le plus grand coup pour la peinture belge. Mais malgré la brièveté de sa vie, il laissa des traces ineffacables. Le bois de Tervueren, qu'il avait découvert, devint dès lors pour les paysagistes belges, ce que la forêt de Fontainebleau était pour les Français.
Parmi les plus récents, Théodore Baron est le plus robuste. Tandis que la nature est chez Boulenger le plus souvent agréable et charmante, chez Baron elle est maussade et sérieuse. Il a rendu avec une grande maîtrise l'impression pluvieuse des ternes jours de novembre, la mélancolie de la bruyère sur laquelle pèse la masse épaisse du brouillard, la boue de ces jours d'hiver, alors que la neige fond et que le chasseur ou le bûcheron marche lourdement sur la tourbe humide de la glèbe. Jacques Rosseels, qui eut une grande influence comme professeur, est plus aimable, plus doux. Des maisonnettes de paysans, qui s’enlèvent, en gris perle, d’une
prairie grisâtre, d’accortes paysannes qui transportent dans leur brouette des légumes succulents, des meules, des vaches, des moutons et des champs de blé houleux ; tout cela donne à ses toiles une impression plus intime et moins mélancolique. Joseph Heymans est plus varié. Il a peint des dunes marécageuses, de vastes champs, des plaines où pousse une maigre verdure, mais aussi des forêts et des étangs, et dans ces paysages il à campé les hommes occupés à leur tâche quotidienne : le paysan qui fauche le blé, le journalier qui, dès l’aube, se rend à son travail, le bûcheron qui traverse la forêt, la hache à l'épaule. IE faut nommer encore Coosemans et Asselbergs, qui peignirent avec une véritable maîtrise l'atmosphère grise, lourde d'humidité, qui règne sur les tourbières marécageuses et les clairières moussues. C’est à eux que le bois de Tervueren doit la renommée dont il jouit dans l'histoire de l’art.
Parallèlement aux paysagistes, travaillaïent les animaliers. La peinture d'animaux qui jusqu’en 1860 était restée fort bas, entra à son tour en floraison. Nous avons déjà mentionné le vieux Verboeckhoven, qui fut le premier en date des animaliers belges. Après
FAISCH
ALFRED VERHAEREN. — Intérieur d'une chapelle.
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