AVANT-PROPOS VII
plétés et spécialisés dans ses livres, plus détaillés sur la peinture française, la peinture anglaise et, enfin, sur la peinture belge.
Le grand ouvrage de Muther fit en Allemagne l'effet d’une pluie bienfaisante sur le terrain aride et poussiéreux de l’historiographie de l’art. Car, si dans les progrès que l'histoire de l’art a faits depuis Winkelmann, l'Allemagne tient peut-être le premier rang, l'érudition germanique revêt rarement une forme séduisante et aimable, et surtout la compréhension intime des œuvres d'art lui fait souvent défaut. Celles-ci ne l'occupent que comme documents archéologiques, dans lesquelles l'intérêt du fond prime celui de la forme. Cette tendance, à considérer surtout le côté littéraire de l’art, est d’ailleurs une caractéristique de l’art allemand lui-même, où les illustrateurs, done les raconteurs, brillent au premier rang.
Ainsi Moritz von Schwind, Ludwig Richter, Menzel, Klinger..…. |
Mais l’art allemand, grâce à quelques grands artistes dont la réputation est européenne, se débarrasse peu à peu de l’académisme et du provincialisme où il végétait.
La lutte a été ardente et l’art officiel ne se
tient pas encore pour battu. À Berlin notam- |