‹ La peinture belge au XIXe siècleChapitre 3 sur 21 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

ment, le nom de Sécessionnistes, qu'ont adopté les artistes indépendants, qui se sont retirés sur le mont sacré de l’art, est considéré, dans les cercles gouvernementaux, comme l'équivalent de révolutionnaires.

Mais si les aspirations nouvelles et attentatoires à l’état de choses établi, si les tendances actuelles de l’art moderne sont adoptées par le public cultivé, il faut l’attribuer en partie à la justification historique et critique que certains historiens de l’art, parmi lesquels il convient de citer avant tout Muther, en ont donnée. Le public cultivé allemand est plus livresque que sensitif, et il fallut lui démontrer la beauté nouvelle pour qu'il se laissât séduire par elle. Le livre de Muther fut fructueux à ce point de vue, Écrit dans un style pétillant et d’une légèreté qu'a rarement la lourde prose allemande, il donnait un cours complet d'histoire de la peinture moderne sous une forme entraînante et originale, tranchant singulièrement sur la littérature scientifique habituelle. Aussi le livre eut-il ses détracteurs passionnés. Les réactionnaires pailaient de Journalistenstil, ce qui est la dernière critique que l’on puisse faire à un savant allemand, tandis que la majorité des

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