CHAPELLE SOUTERRAINE, PAR G RA N ET
s’évanouir dans l’essence divine, soit que l’ange quitte la famille de Tobie et s’envole au sein d’une lueur miraculeuse, soit enfin que, dans l’humble demeure1 d’un charpentier, où une mère allaite son enfant, il! tombe un rayon du ciel qui, tout «à coup, nous annonce que cette mère est une vierge et que son enfant nous promet un Dieu ! Il est une composition de Rembrandt, où la lumière joue un rôle sublime, c’est une pensée rapidement écrite sur un dessin lavé de bistre, pour le tableau des Pèlerins d’ Emmaiis. Les deux disciples! à table avec Jésus-Christ dans une maison pauvref l’ont vu tout à coup disparaître de devant eux, et ils sont saisis d’une frayeur religieuse, car, à la place où ils venaient d’entendre sa voix et de rompre le avec lui, ils voient trembler une lumière surnaturelle qui a remplacé le Dieu disparu.
Au peintre qui a imité les combats du jour et de la nuit, il reste encore à imiter la présence de l’air et le^ profondeurs de l’espace. La perspective, qui déforme les lignes, altère aussi les tons, et de même que la bruit s’affaiblit, en s’éloignant, et se perdant peu il peu, finit par devenir le silence, de même les ombrea et les lumières, à mesure qu’elles s’éloignent de nos yeux, subissent une dégradation insensible, et finissent] à une grande distance, par n’être plus ni lumière ni ombre, et par s’évanouir dans le ton de l’air. Léonard de Vinci a prouvé par une figure de géométrie qud cette dégradation était mesurable. On peut d’ailleursi
n observer le phénomène à l’entrée d’une galerie )ngue, qui serait également éclairée dans toute son tendue et soutenue par des colonnes ou ornée de staues en marbre, à des intervalles égaux. Si le spcctaeur se place de manière à voir toutes les statues se
CL/UDC if. LORRAIN .