LE TEMPLE ABANDONNÉ, PAR CLAUDE LORRAIN
létachant les unes sur les autres, il reconnaîtra que a seconde est moins brillante que la première et la troisième moins claire que la seconde, et ainsi de fuite. Par contre, les ombres, qui étaient fermes dans la Première, s’adoucissent dans la seconde et vont s’atten- Irissant de proche en proche, jusqu’à la dernière itatue,qui est à la fois la moins lumineuse et la moins imbrée, et conséquemment la plus confuse au regard.
11 est inutile d’ajouter qu’a distances égales, l’allaiblissement du ton devient plus sensible dans une atmos-f phère épaisse et vaporeuse que dans un air pur. Mais une telle dégradation ne s’obtient pas seulement en peinture par l’apaisement des clairs et l’adoucissement des ômbres ; elle s’obtient aussi par le caractère de l’exéJ cution ou'dc la touche, comme nous le dirons bientôt! Les objets avancent ou reculent, non pas uniquement parleur clarté et leur obscurité, mais encore et surtout par la précision ou le vague avec lesquels le peintre nous les montre, c’est-à-dire par le fort ou le faible de la touche qui les accuse; car il peut arriver qu’un lointain soit clair et qu’il reste lointain, comme il arrive aussi que les objets les plus obscurs sont les plus
prochés du cadre. Ces masses de vigueur que les p ires mettent quelquefois sur le premier plan — et < vaut mieux mettre sur le second — s’appellent
fuir les objets éloignés, de les repousser. Claude ]
fonds plus lumineux, a soin de placer sur le de quelques arbres touffus au feuillage sombre, ou quel! ques ruines d’un ton vigoureux, qui remplissent dan^ son tableau le même rôle que les coulisses sur la scèn^ d’un théâtre. Pourvu qu’ils ne soient pas gauchement employés et que le peintre ait su les dissimuler par la vraisemblance, les repoussoirs peuvent être une res-j source utile et même un artifice nécessaire, quand il
repoussoirs, parce qu elles ont pour but de faire m
rain, pour approfondir son paysage et en rendre
LA PKINTURE