LE FIFRE, PAR FRANÇOIS IIALS
pratiqué à ravir Rubens, Téniers, Van Dyck ; mais ce n’est là qu’une vérité relative. Peindre les ombres lép-èrement , avec ces couches minces de couleur dé-
layée dans l’huile, qu’on appelle des frottis , et, lorsqu’elles sont tout à fait transparentes, des glacis, c’est une bonne méthode si l’on opère sur une toile prépa-
rée à la colle, bien sèche et par conséquent bien claire dans le présent et dans b avenir. Si, au contraire, le dessous est prépare à l’huile, il ne convient plus de glacer les ombres, parce que l’huile qui est entrée dans la préparation, dans Y imprimure, étant destinée à s’obscurcir, transparaîtra plus tard au travers des glacis, et rendra les ombres d’autant plus noires que l’on aura ajouté, en glaçant, de l’huile suide l’huile. Mieux vaut en pareil cas empâter les ombres à l’ébauche, parce qu’on les empêchera de noircir, en étouffant le dessous, qui disparaîtra sous les épaisseurs de la pâte.
Véronèse, qui peignait sur des toiles préparées en détrempe, pouvait glacer les ombres; mais quiconque travaille sur des toiles préparées à l’huile fera bien de couvrir, même les ombres, de couleurs assez épaisses pour interrompre la communication du dessous avec le dessus. C’est ce qu’a fait Géricault lorsqu’il a peint le Naufrage de la Méduse. Toujours est-il, cependant, qu’il faut charger les couleurs dans le clair plus que dans l’ombre, par la raison que les grumeaux, accrochant les rayons du jour au passage, ajoutent une lumière naturelle à une lumière feinte.
Peinture ait pastel. — C’est une peinture qui se fait avec des pâtes ( pastes ) de diverses couleurs, posées à sec, et assez tendre pour s’écraser sous le doigt. Un coloriste qui veut saisir des teintes fugitives, un peintre qui veut s’assurer promptement d’un certain
elïet, se servent volontiers du pastel, parce que cette manière de peindre ne demande aucun préparatif, se
prête à l’improvisation, et peut être interrompue ou reprise à volonté.
Mais le pastel n’est pas seulement un moyen auxiliaire : quelques peintres excellents en ce genre, La Tour, Chardin, Tocqué, Prud’hon, et même la Vénitienne Rosalba et Mmc Vigée-Lebrun, en ont fait une