‹ La peintureChapitre 11 sur 44 · XXXVII · texte numérisé non relu

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formes plus nobles et plus pures; Parchitectureun caractère plus imposant ; les embellissements publics sont plus réguliers et de meilleur goût; enfin jusqu’aux choses d’un usage habituel pour les besoins ou les agréments de la vie, tout a reçu, sous la main des ouvriers, la forme la plus gracieuse et la plus élégante.

À qui devons-nous donc cette heureuse révolution dans les arts, si ce n’est au plus beau génie en peinture depuis le Poussin, et qui, plus heureux que lui, sut transplanter et faire fleurir dans sa patrie les lauriers des Apelle et des Zeuxis , des Raphael et des Michel-Ange! À ussi, en hasardant

cet ouvrage sur son art, il était bien

> XXXVII <juste que je lui en fisse l'hommage. Si certains espritsm’en blâäment,d’autres m'en loueront sans doute. Étranger à ces misérables débats politiques qui marqueront à peine dans les siècles à venir, auxquels survivra toujours le génie, j’ai dû nevoir en luiquele grand peintre, et, dans un ouvrage essentiellement consacré à établir les principes du beau et du grand, je devais nécessairement le proposer pour modèle , signaler en ses œuvres les chefsd'œuvre de l’art , et surtout la direc-

tion sublime qu’il a su lui donner*.

* Pendant que nous tracions ces lignes, l'école de David perdait un de ses derniers et de ses plus illustres représentants. Gérard n’est plus; celui qui par la pureté du dessin, le richesse de l’ima-

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Les règles de la peinture puisées dans la nature sont simples, fixes et invariables comme elle : on peut même dire qu’elles sont communes à tous les arts qui ont entre eux une sorte d'alliance et d’affinité. Avec la méditation elles s'offrent facilement à l’esprit ; mais les plier au joug poétique de notre langue, tout à la fois si pauvre et sifière , est la tâche la plus

délicate et la plus difficile. Les pré-

gination avait lutté avec tant de succès contre le mauvais goût, vient d’être enlevé aux arts, qu'il honorait autant par ses talents que par son esprit et son caractère, dans un âge où il pouvait ajouter encore tant de pages brillantes à ces pages immortelles qui ont placé son nom à côté des Drouais, des Gros et des Girodet, dont la gloire se confond avec celle de David, leur maître et leur modèle.

de -

> IX ceptes d’un art quelconque et les détails techniques qui lui appartiennent, sont les ennemis nés de la poésie et le fléau du poëme didactique. J’ai entendu dire à Delille, que la simple description de la charrue, dans le premier livre des Géorgiques , lui avait coûté plus de peine que l'Épisode entier d’Aristée ; d’après cet aveu de l’un de nos meilleurs poëtes, on me trouvera sans doute bien téméraire de m’étre engagé dans une lutte à peu près semblable , avec des forces et des armes tellement inégales. Entraîné par un penchant irrésitible vers cet art que je cultive et dont j’avais besoin de m’entretenir, j’ai pris, quitté ;

repris cent fois cet ouvrage, fait à Se:

> XL &la fois pour me plaire et pour me désespérer; à défaut du génie, j’aiinvoqué tous les secours dont j’avais besoin, les conseils, les emprunts, le temps, l’opiniâtreté, et la patience, en unmot, que Le Brun appelle avec raison la dixième muse. Enfin, convaincu qu’un poëme sur la peinture n’en est pas un traité , et que les plus grands maîtres sur cette matière seraient même embarrassés de dire ce qu’il faut faire, j’ai crudevoir, à l’exemple du sage Viraile, faire un choix de ces préceptes , et, les réduisant à un petit nombre pour ne pas trop effaroucher mes lecteurs, les opposer à des descriptions, des

épisodes et des images ; mais éle-

ver l’âme des artistes, y exciter le

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