‹ La peintureChapitre 38 sur 44 · AT · texte numérisé non relu

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tous les traits du vertueux magistrat, s'adressant (comme s’il eût été présent) à l'un de ces misérables qui osait lever sur lui ses mains parricides : Coquin, s’écria-t-il.… arrête. respecte l'innocence et la vertu.

On a vu un prince pardonner une injure après avoir admiré un tableau qui représentait la clémence d’Auguste.

Un peintre qui avait déployé dans OEdipe à Colonne tout le pathétique d’un sujet si touchant, exprimant le moment où le fils de Laïus, touché des larmes d’Antigone, et vaincu par le sentiment paternel, pardonne à Polynice, eut le bonheur et la gloire de reconcilier un père avec son fils.

age 73, vers 15.

Tel autrefois Eléon, etc.

Cléon ou Théon, florissait dans la Lx Olympiade ; c’était, dit Pline, un des plus beaux génies en peinture que

la nature se plut à former. Il avait un esprit pénétrant et

possédait au plus haut degré toutes les sciences, tous les | arts, qu’on pouvait connaître de son temps.

I était à la fois philosophe, rhéteur, peintre et sta- | tuaire. Son pinceau, dirigé par l'amour de la patrie, donnait souvent de fortes lecons aux Grecs , dont il se faisait craindre et aimer. On trouva son nom à Athènes inscrit sur des colonnes à côté des noms les plus illustres.

On voit, par le trait dont il est question, combien les arts, dans les anciens gouvernements, influaient sur la politique. Réduits, chez les peuples modernes, comme l’observe Delille !, à distraire l’oisiveté des riches, à exercer la critique des prétendus connaisseurs, à exciter l'envie | des artistes, à faire de bas protégés et d’insolents protecteurs, ils étaient, chez les anciens, un ressort puissant qui remuait les esprits de la multitude et les orateurs, les artistes, les poëtes furent en quelque sorte les premiers lé gislateurs.

Chez les peuples du moyen äge la peinture n’eut pas moins d'influence, quoique tout récemment rétablie à Florence par deux hommes habiles Giotto et Cimabué:; elle fut bien loin encore des ressources que la perfection lui ont acquises.

Parmi les hommes studieux dont les travaux devaient arracher l'Europe à la barbarie, on distinguait un jeune Romain, nommé Nicolas Rienzi, ami de Pétrarque, qui,

! Préface des Géorgiques.

né dans la classe du peuple, s’était élevé au premier rang des savants et des antiquaires de son temps ; un jour que le peuple, suivant sa coutume, s’était assemblé au Capitole pour écouter Rienzi, celui-ci fit découvrir, aux yeux de la fouleun tableau qui attira les regards de tous les assistants. Il représentait un vaisseau battu par une tempête et que les flots de la mer paraissaient prêts à engloutir. Sur ce vaisseau on distinguait une femme vénérable vêtue d’habits de deuil, qui, les yeux baignés de larmes, les bras élevés vers le ciel, semblait le supplier de ne la point laisser périr. Au dessus de sa tête, auprès de ce navire en danger, on voyait flotter les débris de quatre autres vaisseaux et sur chacun desquels on lisait les noms de Babylone, Carthage, Troie et Jérusalem, avec cette inscription remarquable : C’est l'injustice qui les a fait périr.

À la vue de ce tableau, le peuple s’anima, prit les armes et chassa les barbares qui, depuis longtemps, par leurs vexations faisaient le malheur et la honte de l'Italie.

Mage 76, vers 6

Quand l’art a disparu c'est le comble de l'art,

Artis erit summum nihil siné arte videri.

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