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l'écueil ordinaire du poëme didactique : la froideur. M. Fournier des Ormes a su animer, réchauffer son poëme par des descriptions vives et brillantes, par desépisodes habilementamenés et liés au sujet, par des réflexions morales mêlées avec délicatesse et mesure aux préceptes de l’art ; enfin par cette vie intime et continue de l'expression qui soutient et nourrit la pensée , par celte vivacité de coloris qui fixe et charme l'imagination. Mais le côté neuf du poëme de M. Fournier, c’est le caractère philosophique et élevé sous lequel il considère l’art. La peinture n’est pas seulement pour lui l’expression de la beauté, mais une école de morale ; elle n’a pas seulement pour résultat de charmer les yeux, mais de fortifier, d’ennoblir, d’épurer l'âme. Fille du ciel comme la poésie, comme elle, la peinture doit se souvenir de sa céleste origine.
À ces heureux artifices, M. Fournier des Ormes a joint un habile et discret emploi de la fiction. M. Fournier des Ormes n’a pas cru que l’usage de la mythologie, des termes mythologiques, du
moins, dût être entièrement proscril; que les divi-
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nités de la fable dussent fuir à jamais devant les sylphes , les nains, les sorcières qu'a évoqués la poésie denos jours.Onretrouvera donc quelquefois dans ce poëme Flore, Pomone, Uranie, Vénus, toutes ces divinités qui sont l’âme de la poésie antique et les plus douces souvenances de notre imagination. Que s’il était besoin d’autorités pour justifier cet emploi savant et délicat de la mythologie, nous n’en manquerions pas; Car, si ces divinités poétiques ont, comme toutes les divinités, trouvé des blasphémateurs, elles ont aussi trouvé de fervents et ingénieux apologistes. Voici le poëte à la voix mâle et romaine du dix-septième siècle, Corneille, qui prend en main la cause des divinités du
Pinde :
Qu'on fait injure à l’art de lui voler la fable ! C’est interdire aux vers ce qu'ils ont d’agréable, Anéantir leur pompe, éteindre leur vigueur,
Et hasarder la muse à sécher de langueur.
Quoi! bannir des enfers Proserpine et Pluton !
SPC
tation du latin de &
—+> XXVIH - Bire toujours le Diable, et jamais Alecton !
Sacrifier Hécate et Diane à la lune,
Et dans son propre sein, noyer le vieux Neptune!
Un berger chanlera les déplaisirs secrets,
Sans que le triste Echorépète ses regrets !
Les bois autour de lui n'auront point de Dryades ! L'air sera sans Zéphirs, les fleuves sans Naïades ! EUpar nos délicats, les Faunes assommés, Rentreront au néant dont on les a formés!
Qu'ont la terre et la mer, si l'on n'ose décrire
Ce qu'il faut de Fritons à pousser un nayire,
Cet empire qu'Eole a sur les tourbillons,
Bacchus sur les coteaux, Cérès sur les sillons ? ous les vieux ornements traitez-les d'antiquailles; Mais si jamais je peins Saint-Germain et Versailles,
Les nymphes, ma
vous, voleront tout autour ; Cent demi-dieux follets leur parleront d'amour ; Du Satyre caché les brusques échappées,
Dans les bras des Sylvains feront fuir les Napées ;
Et, sije fai
s baller pour l'un de ces beaux lieux,
J'y ferai malg
ile
; po poés
Ecoutons maintenant Voltaire :
Savante antiquité, beauté toujours nouvelle, Monuments de génie, heureuses fictions !
Environnez-moi des rayons De votre lumière immortelle ; Vous savez animer l'air, la terre et les mers; Vous embrasserez l'univers.
Cet arbre à tête longue, aux rameaux toujours verts C'est Atys aimé de Cybèle;
La précoce Hyacinthe estle tendre mignon
Que sur ces prés fleuris caressait Apollon.
Flore, avec le Zéphir, a peint ces jeunes roses De l'éclat de leur vermillon.
Des baisers de Pomone on voit, dans ce vallon,
Les fleurs de mes pêchers nouvellement écioses.
Ces montagnes, ces bois qui bordent l'horizon, Sont couverts de métamorphoses.
Ce cerf aux pieds légers est le jeune Actéon :
Du chantre de la nuit j'entends la voix touchante; C'est la fille de Pandion; C'est Philomèle gémissante.
Si le soleil se couche, il dort avec Thétis :
Sije vois de Vénus la planète brillante,
C'est Vénus que je vois dans les bras d'Adonis
ie che em