‹ La peinture décorative au XIXe siècleChapitre 33 sur 70 · IMPORTANCE DES PLIS DANS LE VÊTEMENT. — « LE MARCHAND DE POISSON · texte numérisé non relu

IMPORTANCE DES PLIS DANS LE VÊTEMENT. — « LE MARCHAND DE POISSON

A LA RECHERCHE d'uNE CHEVELURE. — « LE GÊNEUR. »

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N doit à l'exposition postiiume des œuvres de Galland une autre révélation non moins intéressante et également inattendue du grand public, mais qui ne fut point cependant une surprise pour ceux de ses amis avec lesquels le grand artiste aimait à s'entretenir longuement de ses projets.

Cette exhibition le montra peintre d'intérieur et de geiire, aussi habile, aussi varié, qu'il s'était révélé peintre de paysage.

On savait, en clTet, dans son entourage, qu'il avait exécuté pour qucl(|ues amateurs un petit nombre de ces tableaux. On l'avait vu pendant bien des années travailler à son Marchand de poisson à Londres, ([u'il recommença quatre ou cinq fois, et dont trois esquisses très poussées, avec des variantes assez curieuses, se retrouvèrent à sa vente. On se souvenait d'avoir aperçu sur son. chevalet la Prière à ta Madone, d'une si magistrale allure et d'une coloration si brillante qu'il n'acheva pas, bien qu'elle eût dans ses intentions une destination particulièrement chère. Enfin, le Jour des cuivres, que l'Etat devait acquérir pour le Luxembourg, jouissait déjà d'une véritable réputation, dans le petit groupe de ses confidents et de ses

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amis, quoique, pour nous servir d'une expression coutumière au niaîlro, et qu'on lui reprochait plaisamment d'employer un peu trop souvent, cet admirable tableau fût encore « en cours d'exéculion ».

D'autres ouvrages de même sorte, ou, pour parler plus exactement, d'autres projets de tableaux, confinant l'histoire, avaient été également communiqués à ([uelques intimes dont il réclamait les conseils. Galland, en esquissant une nouvelle interprétation d'anecdotes historiques particulièrement connues, comme la ToUetle (le Diane de Poitiers, comme Henri IV cl l'ambassadeur d'Espagne, comme Molière et sa servante, ou encore la Toilette d'un jeune prince, n'avait nullement l'intention d'infliger une leçon aux peintres illustres ou simplement éminents, qui, longtemps avant lui, avaient déjà traité ces divers sujets avec plus ou moins de bonheur.

11 prétendait uniquement se rapprocher davantage de l'exactitude historique, en essayant de remettre ces petites scènes épisodiques dans un cadre plus conforme aux découvertes de l'archéologie. Il pensait, et je crois avec raison, que si les peintres d'histoire ont pu nous intéresser à la représentation d'événements lointains, en donnant un libre cours à leur féconde imagination et à leur ingénieuse fantaisie, l'intérêt ne pouvait être moindre, en s'elTorçant de serrer la vérité d'un peu plus près comme décor, comme mobilier, costumes, attitudes, etc., et de rendre ainsi l'épisode plus vraisemblable.

C'est à T'aide de cette préoccupation maîtresse, au surplus, qu'on peut expliquer l'état d'avancement assez curieux de ces diverses études, état qui ne laissait pas que de surprendre,' d'étonner nièm.e' les visiteurs non initiés aux intentions du peintre.

Ce qu'il y avait d'achevé dans ces- petites scènes d'histoircj c'était l'architecture générale de la pièce, où s'accomplissait l'événement représenté; c'étaient, avec la décoration, les meubles déjà, mis en leur place. L'eiïet de la lumière, l'éclairage se trouvaient indiqués d'une façon à peu près définitive. Les accessoires étageaient leurs masses diversement colorées et chargées d'accuser nettement les diU'éients plans. Quant aux personnages, ils apparaissaient seulement à l'élat d'ébauches, de taches peu définies, parfois informes, souvent même ils n'étaient qu'indiqués au fusain ou à la craie, par un simple trait noir ou blanc'.

11 ne faudrait' pas conclure de là que Galland se montrât particulièrement dédaigneux des personnages chai'gés d'e/o/Jer ses compositions historiques. Peintre de ; figures, la forme humaine l'intéressait à ■ un trop haut point, pour qu'il n'en fût pas respectueusement épris. 11 l'étùdiait dans la vie réelle, avec cette extrême continuité d'observation et cette même perspicacité qu'il apportait à la connaissance des fleurs et des- plantes. Un certain nombre de notes consignées dans son journal montrent xju'en cette matière rien ne lai échappait. Il en est deux ou trois, notamment,. concernant le regard et les attitudes de la conversation, ([u'il serait fâcheux. de ne pas citer.

Oii sait qu'une des grandes difficultés.. éprouvées par le peintre d'histoire ou da genre, .désireux d'animer une composition, est debieh fçiire regarder les person-

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L'ŒUVJtE DE P.-V. GALLAND.

nages qu'il met en scène. Le regard, aussi bien que le geste, forme un lien entre eux. Il enchaîne l'action et la caractérise au besoin. On lira donc avec intérêt les lignes suivantes que Galland traça un soir, au retour d'une de ses courses dans Paris. « Quand les enfants de l'âge de dix ans ou environ causent ensemble, ils sont assez disposés à se dandiner ou à jouer avec quelque chose. A cet âge, à moins d'être mal élevé, l'enfant ne regarde presque jamais en face. Contre le collège Bonaparte et sur les marches de l'église (Saint -Louis-d'Anlin), un homme causait

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