SAGESSE ET ROMANTISME. — LE PALAIS VAN DER DILT
GALLAND PEINTRE d'hISTOIRE.
ANS cette étude sur le Maître Décorateur le plus complet et le plus varié de notre temps, je n'ai eu garde de suivre l'ordre chronologique. Cet ordre, en efTet, n'oiïre d'intérêt sérieux que, lorsque, infidèle h lui-même, l'artiste, dans sa longue carrière, arrive à transformer son talent et, nouveau Sicambre, à condamner, sur ses vieux jours ou au cours de sa laborieuse maturité, ce qu'il avait adoré au temps lointain de sa jeunesse. La chronologie est indispensable quand il y a évolutions successives, et surtout quand chacune des œuvres entreprises, n'exigeant qu'une courte durée comme exécution, n'embrasse pas toute une période de l'existence.
Avec Galland, rien de semblable. Les énormes travaux qu'il exécuta pour l'Hôtel de Ville et les Gobelins absorbèrent chacun un nombre considérable d'années. En outre, cette recherche du mieux, qui parfois menaça de lui être fatale, fit durer presque aussi longtemps des œuvres infiniment moindres comme importance et comme développement de surface. Il travailla pendant près de dix ans h la Prédication de saint Denis, et nous avons vu qu'un simple tableau de genre, le Marchand de poisson à Londres, resta sur son chevalet un temps au moins égal.
Pendant ces longues périodes d'incubation et de production, le peintre ne restait
L'CEUVRE DE P.-V. GALLAND.
pas un instant oisif, et sa pensée n'était pas assez concentrée sur un unique sujet, pour qu'il n'entreprît pas d'autres ouvrages. Ces divers travaux étaient ainsi menés de front. De là un enchevêtrement et des pénétrations réciproques, qui rendraient toute classification chronologique vaine, si même elle n'était h peu près impossible; et, comme conséquence, le devoir, la nécessité d'opérer une sélection dans les productions du maître et d'envisager séparément celles qui peuvent à juste litre être considérées comme capitales. C'est au surplus de cette façon que nous avons procédé.