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NOTICE HISTORIQUE

décorateurs; elle fait dériver ses motifs d'une infinité de choses, telles que Thabitation, les objets du vêtement, les mille bibelots de Tameublement, ou encore de l'industrie et du commerce, des arts et des sciences, etc. Mais elle cherche surtout des motifs simples, et lorsque les motifs qui lui sont nécessaires présentent certains caractères de complexité, elle n'hésite pas à les simplifier. En généraU il lui faut procéder par synthèse : l'analyse et le détail embarrassé ne sont pas du tout son fait.

Enfin, la troisième classe, que nous avons désignée comme fournissant des éléments à la peinture décorative, est la géométrie. Nous n'insisterons pas; on sait à quelle variété de combinaisons peuvent donner lieu la ligne droite et la ligne courbe, et nous aurons plus loin à montrer les peuples qui ont tiré d'elles de curieux effets décoratifs, tels que grecques, étoiles, rosaces, ogives, boucles, volutes, entrelacs, rinceaux, entablements, palmettes indiennes, accolades orientales, etc.

Nous ne dirons qu'un mot de l'application du décor et de son appropriation au sujet. Pour l'applicîition, l'artiste peut adopter deux partis, le parti symétrique et le parti irrégulier. Là encore nous trouvons des subdivisions, le parti symétrique peut être absolu ou relatif; absolu, quand il renferme des motifs rigoureusement semblables et disposés en sens inverse de chaque côté d'un axe imaginaire; relatif ,q\xdLnd l'ensemble, et non le détail, est soumis à cette symétrie.

Le parti irrégulier laisse plus de liberté; la symétrie y est remplacée par une habile pondération des parties, et l'indépendance laissée au décorateur lui permet de développer son idée avec plus d'abandon, sans que cet abandon puisse jamais donner lieu h des masses confuses ou à des vides dont le regard se choquerait.

Enfin, il faut que la peinture décorative soit essentiellement appropriée, comme sujet et comme facture, à la place qui lui est réservée. II faut que la peinture décorative s'impose comme telle, au premier aspect : point d'artifice, point de trompe-l'œil, le goût en souffrirait et l'art n'y gagnerait rien. Certes, la peinture décorative ne doit pas être enfermée dans une formule unique; il ne faut pas la supposer satisfaite d'une esthétique rudimentaire; elle peut exiger, au contraire, tous les procédés, toutes les intensités d'expression, elle a besoin d'une étude attentive et préalable de la nature; mais elle est appelée à produire des effets déterminés, et l'artiste qui l'exécute ne doit pas perdre de vue que l'architecte est plus que son collaborateur, son chef. Le peintre apporte sa part dans l'œuvre commune, mais il n'est qu'un des virtuoses appelés à briller dans l'ensemble, et s'il comprend sa tâche, il saura mettre son travail en harmonie avec le cadre architectural qui lui est réservé.

IV. — Il convient d'examiner maintenant, en quelques lignes, comment ces principes et ces éléments ont été appliqués par les différentes civilisations qui se sont succédé dans l'histoire de la peinture décorative.

En Egypte, c'est à l'intérieur des temples et des hypogées qu'il faut chercher la peinture décorative. La convention y règne absolument. Les sujets traités figurent des scènes historiques ou religieuses; ces dernières présentent des déesses aux ailes étranges : Isis et Nephthys. Dans les peintures d'histoire, les personnages ont une rigidité traditionnelle : on les voit de profil. Ils sont peints en teintes unies pour tout le corps, sans aucun souci des ombres; la teinte varie suivant le sexe : jaune clair pour les femmes, brun rouge pour les hommes; quand il s'agit d'un roi ou d'un dieu, le peintre, sans recherche de la vérité, le teinte de bleu ou de vert, et celte touche capricieuse suffit à afiirmer chez les Égyptiens le goût de la polychromie. D'ailleurs, le dessinateur, celui qui, sur la pierre, enserrait les figures et le décor dans un trait noir ou rouge, celui-là seul était un artiste; l'homme qui ciselait après lui la pierre, en suivant le contour indiqué, ou qui, par mesure d'économie de temps et d'argent, promenait dans l'intérieur du dessin sa peinture à la détrempe, n'était qu'un artisan. La peinture n'est vraiment alors qu'une enluminure. Ce n'est qu'après la conquête thébaine qu'on trouve à Béni -Hassan des peintures où le peintre n'a pas eu besoin de la tutelle préalable du dessinateur, et il faudra attendre que la période gréco-égyptienne se soit bien établie pour arriver à ces figures à l'encaustique, d'une si vivante expression et d'un art si merveilleux.

Mais autour de l'immobilité froide des hommes et des dieux dans la peinture de l'antique Egypte, il y a tout un décor d'une ingénieuse complexité; la convention dans la faune et la flore s'unit à la géométrie des symboles; à côté des damiers (de l'ancien empire), des méandres et des rosaces, des volutes et des spirales, le peintre, avec prodigalité, sème les ombelles, qu'il encadre entre les tiges tombantes des fleurs suspendues à de longs pédoncules, et les bucrânes, masques inspirés des têtes décharnées de bœufs, alternant avec le scarabée, dont l'écriture peinte se simplifie et finit par n'être plus qu'une boule flanquée des deux ailes de la déesse Isis.

Comme en Egypte, la peinture décorative des Assyriens n'est qu'une enluminure, mais une enluminure à la couleur éclatante et douce; le bleu et le jaune y dominent; le vert n'y fait son apparition que tardivement. Les Assyriens se servaient de la décoration picturale pour dissimuler les briques dont leurs constructions étaient faites. Pour l'intérieur, la peinture à la détrempe offrait une solidité suffisante. Pour l'extérieur, la solidité n'était acquise qu'à l'aide de

LA PEINTURE DÉCOnATIVE. 2

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