‹ La peinture en EuropeChapitre 470 sur 501 · BRU ORS · texte numérisé non relu

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sainte Ursule, vue de face, lève la main droite comme pour écarter la flèche que s'apprôte à lancer contre elle un archor cuirassé, debout, de profil à droite. Entre la Sainte et l'archer, deux seigneurs cuirassés, dont l'un est vêtu d'un manteau rouge et coiffé d'un turban blanc ; derrière, plusieurs soldats et autres assistants devant des tentes en Unlo. blanche. Devant la Sainte, un petit chien; à l'horizon, la cathédrale de Cologne.

Parmi les personnages qui assistent au martyre, on remarque un laïque en houppelande rouge à col de fourrure et une femme, coiff'ée d'un petit hennin avec un léger voile blanc, — évidemment des portraits, — qui joignent les mains avec ferveur.

Sur l'une des petites faces de la châsse. — Sainte Ursule dans une chapelle gothique. — Debout, vue de face, en robe verte, corsage d'hermine, jupe violette doublée d'hermine, une couronne de pierreries sur sa chevelure blonde qui tombe en boucles sur ses épaules, une flèche dans sa main droite. Elle abrite dix saintes sous les plis de son manteau rouge, retenu au cou par un ruban noir et fixé par deux agrafes enrichies de perles.

Sur l'autre face. — La Vierge et V Enfant Jésus. — Dans une chapelle, la Vierge, debout, en robe verte et manteau rouge, sa chevelure blonde retenue par un ruban noir auquel est fixé sur le front un joyau enrichi de perles, tournée de trois quarts vers la gauche, porte sur son bras droit l'Enfant Jésus tout nu, auquel elle offre une pomme qu'il prend de la main gauche, tenant une fleur de la droite ; au premier plan, de chaque côté, une religieuse agenouillée en prière, dans le costume des sœurs hospitalières, robe noire, manteau blanc, pèlerine à capuchon noir.

Sur la toiture. — Dans les quatre petits médaillons, des anges musiciens, le premier jouant du luth, le second du psaltérion, le troisième de l'orgue, le quatrième de la viole.

Dans les deux médaillons plus grands : l" sainte Ursule debout, tenant une flèche, entourée de ses compagnes; 1° sainte Ursule, couronnée par Dieu le Père, en robe rouge et manteau blanc, coiffé d'une tiare, les pieds posés sur un globe terrestre, et le Christ en robe grise, manteau rouge, une croix dans la main droite; au ciel, le Saint-Esprit.

La chàssG de sainte Ursule futjplacée solennellement à l'hôpital, le 24 octobre 1489; mais, comme le remarque M. A.-J. Wauters {Memling, p. 4S\ il est curieux que ce soit la soûle des œuvres faites pour l'établissement qui ne soit ni datée, ni signée, et qui ne porte ni marque ni inscription quelconques. — n La Citasse de sainte Ursule est la plus charmante, non seulement des œuvres du maître, mais probablement de toutes les peintures existantes. C'est un véritable roman en peinture, car ces miniatures se distinguent par cette abondance de détails et cette lenteur d'actions qui caractérisent la narration romanesque. L'œuvre est attachante comme un récit, et il semble, à mesure qu'on la regarde, que les sens puissent être transposés, et qu'il soit possible d'entendre, aussi bien

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que de voir, par les yeux. Quelle exactitude minutieuse dès les premières scènes, j'allais dire dès les premiers chapitres ! La légion des vierges s'embarque avec Ursule ; Memling n'a omis aucun dos détails d'un départ. Les petites demoiselles allemandes et flamandes convenablement costumées pour lo voyage, marchent en troupe d'un pas grave, sans précipitation ni lenteur, leurs petits sacs et leurs petits nécessaires à la main, pendant que de robustes commissionnaires portent leurs petites malles et les déposent sur lo vaisseau. Cette exactitude continue jusqu'à la scène suprême du martyre, avec la gracilité touchante des vieux légendaires et dos vieux poètes épiques; mais, de mémo qu'entre les parties d'un drame musical on place souvent une mélodie rêveuse pour reposer l'âme d'une émotion trop continue, Memling a séparé eu deux parties l'histoire de sainte Ursule parles deux miniatures qui décorent les deu.v bouts de la châsse. Dans la première, qui est comme l'ouverture chargée do mettre l'âme des spectateurs a i ton do la légendo qu'il voulait peindre, il a placé la Vierge, protectrice naturelle d'Ursule et de ses compagnes. Dans la seconde, introduction logi(iuo à l'épisode du martyre des vierges, il a montré Ursule d^jbout et telle que la reine du royaume de la pudeur, abritant ses compagnes sous son manteau, comme une couvée d'oiseaux réservés aux campagnes du ciel. J'ai dit que Memling était plutôt adorable quo grand, pourtant il a louché à la grandeur au moins une fois, et c'est dans cette miniature qui, venant après les premières scènes de la légende, change brusquement les émotions du spectateur, et, do gai qu'il était, le dispose au sérieux et aux sentiments qui ne permettent pas do sourire, w (E. Monïiîglt, p. 1G5-168.)

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