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CHAPITRE XXI

SNYDERS, FYT ET LES ANIMALIERS.

Nulle école, sans en excepter Técole hollandaise, n^a

^fterprété la vie animale avec la supériorité de Pécole

flamande. Ses grands combats, ses grandes chasses et ses

grandes natures mortes sont dUncomparables triomphes

dz hardiesse et d^opulence pittoresque.

Après Rubens, dont la surabondance et la fougue oit produit dans ce genre les chefs-d'œuvre que nous avons énumérés (p. 219), prennent place deux maîtres anversois également fiers et puissants : François Snyders et Jean Fyt.

Bien que SiNyders (i5jg-i6Sy) ait été élève de Brueghel d'Enfer et de Henri Van Balen, il procède directement de Rubens, dont il fut Pami et le collaborateur. Dans Pécole, il n'est même personne qui démontre plus complètement l'influence décisive que ce puissant génie exerçait autour de lui, sur ceux-là mêmes qui n'étaient pas ses élèves directs. Toutes les grandes pages décoratives de Snyders étonnent et retiennent par leurs qualités magistrales, la véhémence du mouvement, l'emportement de l'exécution, la vigueur du coloris, la chaleur et le souffle de la vie.

Il a été universel dans son genre : quadrupèdes, oiseaux, reptiles, poissons, animaux domestiques et sauvages, morts et vivants, il a tout peint. Il a des Chasses aux cerfs, à La Haye ; aux Ours, à Berlin ; au Sanglier, à Florence (fig. 70) ; au Renard, à Vienne; au Lion, en Angleterre ; au Tigre, à Rennes ; à l'Hippopotame et au Crocodile, à Amsterdam. Il a des Combats de chiens à l'Ermitage; de Cygnes et de Chiens, à Anvers; de Coqs, à Berlin; de Renards et de Serpents^ coll. Czernin, à Vienne; dQ Buffle et de Loups (vente Cypierre.) Il a une Lionne terrassant un sanglier ^ à Munich; une Cigogne attaquée par des Faucons, en Angleterre; des Loups terrassant un cheval, à Bologne. Et encore des Scènes de basse-cour, des Singes jouant au tric-trac, des Concerts d'oiseaux, etc., etc. Dans ses trophées de gibier : cygnes, oies, paons, chevreuils, sangliers, lièvres et faisans (musées de Munich, de Caen, de Marseille, de Bruxelles, de Valenciennes), il a introduit des chiens et des chats en maraude (fig. 71); dans ses étalages de poissons et de mollusques (fig. 72), des phoques et des tortues; dans ses amas de légumes et de fruits, des volées de perruches et des singes grignotant. Il a tout traité avec une égale maîtrise, une même ampleur et une suprême abondance. Rien n'est surtout comparable à ses impétueuses attaques de chiens contre des bêtes sauvages. Aucun poète ne les a chantées avec un accent plus mâle et plus élevé. Ses lions, ses ours et ses sangliers ont quelque chose de l'héroïsme des hommes de Rubens.

Rubens n'eut pas moins d'amitié pour la personne de Snyders que d'estime pour son talent : il lui fit

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