LES CLASSIQUES ET LES ROMANTIQUES
Au début du xix** siècle, il ne restait plus en Belgique qu\in seul artiste qui eût foi dans les anciennes
^traditions nationales ; c'était le directeur de l'Académie d'Anvers, Guillaume Herreyns (1743-1827)^ Seul, il conservait quelque chose delà pratique des maîtres d'autrefois ; il fut néanmoins impuissant à \J^ * s'opposer avec succès au courant qui r^ ^^^^ ]j/ acheva d'entraîner l'école vers le clas- L^ ,' q\ sicisme français, lorsqu'en 181 5 Louis ^ C^ ^ David (i 748-1825), proscrit par la Restauration, vint se fixer à Bruxelles.
Les quinze années de réunion à la Hollande qui
• suivirent furent encore pour l'école une sombre période. Malgré les efforts de quelques chefs d'atelier, tels que Herreyns et Van Brée, malgré les encouragements offi-
I. Portraits en pied de Charles VI et de Léopold II (Hôtel de ville de Malines); V Adoration des Mages (Musée de Bruxelles); le Dernier soupir du Christ 'Musée d'Anvers).
ciels largement distribués, la peinture ne parvînt pas à se dégager des bas-fonds obscurs où plus d'un siècle de décadence Pavait plongée. François (i/Sg-iSSi), Van Huffel( 1769- 1844), Odevaere (1783- 1859), peintre du roi Guillaume I", Paelinck (1781-1839)*, peintre de la reine, et Mathieu Van Brée (1773*1839), peintre du prince d'Orange, n'ont pas laissé à eux tous une œuvre qui marque-. Les héros grecs et romains continuaient à régner en maîtres. L'élégance et la correction du trait, la recherche naïve de la composition, la simplicité sculpturale de l'expression étaient proclamées, sinon les seules, du moins les premières qualités à admirer chez un peintre.
En Belgique, plus que partout ailleurs, une réaction était fatale. La présence du chef de Técole classique, avec ses grandes et belles qualités de style, la retarda seule de quelques années. Lorsque enfin elle éclata, elle n'en fut que plus violente. A Anvers, elle prit le caractère d'une protestation de l'art national contre l'influence étrangère.
François Navez (1787-1869)^ occupait alors le premier rang parmi les peintres nationaux. Brillant disciple de David, il fut comme lui un portraitiste du plus grand mérite, possédant à un haut degré le sens de la personnalité, une grande facilité à exprimer la physio- ^