‹ La peinture flamandeChapitre 15 sur 150 · Die Christliche Kunst. Leipzig, i853, p · texte numérisé non relu

Die Christliche Kunst. Leipzig, i853, p

3. Quelques critiques allemands estiment que le tableau de Madrid n'est qu'une copie exécutée au commencement du xvi*^ siècle. •

JEAN VAN EYCK

i^comment son nom n'est cité nulle part, avant Guicciardini (iSô/); enfin, comment Albert Durer, un bon juge celui-là, dans le journal de son voyage aux Pays- Bas (i 520-21), où il mentionne les noms et les travaux des grands peintres flamands du xv« siècle, ne dit pas un mot qui puisse faire supposer l'existence d'Hubert. C'est qu'en effet le Triomphe de l'Eglise chrétienne sur la Synagogue est un tableau qui ne révèle qu'un peintre de mérite secondaire. S'il nous montre un metteur en scène habile, il dénote par contre un exécutant peu intéressant, un dessinateur sans caractère, un coloriste médiocre, en somme un artiste n'ayant guère de titre pour prendre place dans le cénacle des grands peintres flamands du xv siècle. Si ce nom d'Hubert, inscrit sur le cadre de l'Agneau mystique, passe avec quelque éclat à la postérité, il est donc permis de dire, jusqu'à preuve du contraire, que c'est au génie de son frère qu'il le doit. A celui-là, à l'illustre Jean seul, le titre glorieux de père de la peinture flamande.

Hubert mourut à Gand le 18 septembre 1426, ainsi que le révèle son épitaphe, et fut enterré à Saint-Bavon.

Jean Van Eyck (?-i44o)^ — Ce ne sont pas même

]. Œuvres principales : Gand, Berlin et Bruxelles : L'Agneau mystique (Église Saint-Bavon, musées de Berlin et de Bruxelles). — Bruges : La Vierge et l'Enfant adorés par le chanoine Vander Pale (Académie des Beaux- Arts). — Paris : La Vierge et l'Enfant adorés par le chancelier Rollin (Musée du Louvre). — Londres : Arnoulfîni et sa femme (Nat. Gallery). Le portrait au turban (id.). — Berlin : Le portrait aux œillets (Musée). — Dresde : La Vierge au donateur (Musée). — Francfort: La Vierge et l'Enfant (Inst. Staëdel). — Turin : Saint -François (Pinacothèque.)

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des traditions, mais seulement de pures conjectures qui fixent la naissance de Jean Van Eyck entre les années i38o et 1390. De sa jeunesse on ne sait rien. On suppose qu^il quitta Maesyck, sa ville natale, pour aller s'établir à Liège et s'y appliquer à Part de la peinture, sous la direction de son frère Hubert.

Liège avait à cette époque pour èvêque Jean de Bavière, surnommé Sans pitié, exécrable gouvernant, mais prince fastueux et ami des arts. Il nomma Jean son peintre et varlet de chambre. En 141 7, il résigna son évêchè de Liège pour aller guerroyer en Hollande. Il s'empara rapidement du pays, s'en fit reconnaître comte et établit sa cour à Dortdrecht d'abord, à La Haye ensuite. Il est possible que Van Eyck suivit le prince; on a tout au moins la certitude qu'il le rejoignit à La Haye : on sait, par des pièces authentiques, découvertes dans cette ville par M. Pinchart, que Jean Van Eyck y travailla depuis le mois d'octobre 1422 jusqu'au mois de septembre 1424 ^

L'année suivante, nous trouvons l'artiste à Bruges, à la cour de Philippe le Bon, avec le titre de peintre et de varlet de chambre du duc, et investi de toute la'confiance de celui-ci -. Dès l'année 1426, il est chargé de missions secrètes, sur lesquelles on n'a aucun détail, et, en 1428, il accompagne l'ambassade que le duc de Bourgogne envoie à la cour de Portugal demander la main de la princesse Isabelle, fille du roi Jean I". L'absence de Van Eyck fut de quinze mois. Il exécuta à

1. Bulletin de T Académie royale de Belgique : t. XVIII, p. 297.

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