‹ La peinture flamandeChapitre 16 sur 150 · De Laborde : Les ducs de Bourgogne, t. [''■'■, p · texte numérisé non relu

De Laborde : Les ducs de Bourgogne, t. [''■'■, p

JEAN VAN EYCK. 49

Lisbonne le portrait de Pinfante, — portrait aujourd'hui perdu, — puis entreprit avec les ambassadeurs lamands une excursion en Espagne; il parcourut la jalice, l'Andalousie et la Castille, rendit visite à Jean II, roi de Castille, et à Mahomet, roi de Grenade. L'itinéraire et quelques détails de ce curieux voyage sont consignés dans un manuscrit du temps, que possèdent les Archives du royaume, à Bruxelles*.

De retour en Flandre, Jean reprit ses travaux interrompus et acheva notamment le grand retable de l'Agneau rnystique^ que Josse Veyt avait demandé, à Gand, à son frère Hubert. Celui-ci, nous l'avons dit, n'avait encore qu'ébauché l'œuvre lorsque la mort le surprit. Jean fit probablement transporter les panneaux à Bruges, où il passa plusieurs années à les peindre. C'est pendant qu'il travaillait à cette œuvre grandiose qu'il reçut dans son atelier la visite de son souverain, ainsi que celle des magistrats de la ville de Bruges^. L'exposition publique eut lieu ensuite à Gand, le 6 mai 1432.

En 1434, la naissance d'un enfant, dont Philippe le Bon fut le parrain, nous prouve une nouvelle fois le cas que le duc faisait de Van Eyck. D'autres actes encore, du reste, montrent l'estime et la vive affection que le prince ne cessa de témoignera son peintre. Dans une lettre, il l'appelle « Nostre bien-aimé varlet de chambre et peintre, Jehan Van Eyck » ; ailleurs il ordonne à ses trésoriers de payer plus régulièrement la pension de l'artiste, de crainte que celui-ci ne quitte

Page 1