HUGUES VAN DER GOES
apparaît sous la robe noire des frères convers du couvent de Rouge-Cloître ^
Quel événement avait amené Partiste à fuir subitement sa ville natale, à quitter la vie mondaine pour aller prendre, dans un couvent des environs de Bruxelles, Phabit religieux de Tordre des Augustins ? On rignore; on sait seulement que, dans ce couvent, Hugues avait un frère et qu'une position particulière y fut faite à Partiste, qui ne fut jamais astreint à une discipline rigoureuse. Dans sa pieuse retraite, le peintre continua le libre exercice de son art; les seigneurs de la cour et Parchiduc Maximilien, époux de Marie de Bourgogne, lui-même, se plurent à aller le visiter, à admirer ses travaux, à banqueter avec lui. Cela dura six ans; puis, un jour, Hugues fut frappé d'une maladie mentale dont rien ne put parvenir à le guérir et il expira, à Rouge-Cloître, en 1482.
L'histoire suit donc Partiste pendant les dix-sept dernières années de son existence romanesque; que n'en peut-elle dire autant de ses œuvres! La seule qui soit authentiquement connue, grâce à Vasari% est le célèbre triptyque de V Adoration des Bergers, que Van der Goes [exécuta, vers 1470-75, à la demande de Thomas Portinari, le richissime représentant des Médicis à Bruges (fig. i3, 14 et i5). L'œuvre, imposante, tant par ses dimensions que par ses magnifiques qualités de style et
1. Alph. Wauters : Histoire de notre première école de peinture. {Bulletin de l'Académie royale de Belgique, i863, t. XV, p. 725.) Idem : Hugues Van der Goes, sa vie et son œuvre. Bruxelles, 1864, P- 12.