‹ La peinture flamandeChapitre 26 sur 150 · HUGUES VAN DER GOES · texte numérisé non relu

HUGUES VAN DER GOES

grâce ingénue et la distinction innée des « Enfants » de ■■/'an Dyck; les saints Thomas, Antoine et Joseph, Taus-

térité imposante, la grandeur de lignes et lés vastes têtes inspirées des évangélistes de Durer. Dans le portrait de Froimont, la naïve observation de la nature, le dessin merveilleusement serré et voulu, font que l'œuvre

passe, à PAcadémie de Venise, pour un portrait d'Holbein. N^a-t-il pas droit à une place d^honneur, celui qui, dans un style empreint d'une telle grandeur, se révèle ainsi comme un prophète et qui, devançant son époque de-plus d'un siècle, annonce déjà la Renaissance !

C'est en Italie aussi que se trouve la seule oeuvre authentique de Juste de Gand. Le musée de l'Institut des Beaux-Arts de la petite ville d'Urbin conserve la Cène de ce maître, le plus grand des panneaux connus de l'ancienne école flamande (H. 2,75. L. 3, 20).

Du peintre on sait peu de chose. Ni la date de sa naissance, ni son nom de famille, ni le maître qui le forma, ni le lieu et la date de son décès ne sont connus. Seul, le tableau d'Urbin aide à jeter quelque lumière sur la biographie de son auteur, grâce aux nombreux et intéressants détails qu'ont révélés les archives et qui sont relatifs à la commande et au payement de Tœuvre^ Ils nous apprennent que Juste se trouvait à Urbin à l'époque où la cour du duc Frédéric de Montefeltre jetait un si grand éclat; qu'il y résida une dizaine d'années au moins, de 1465 à 1475; que la Cène lui fut commandée par la confrérie du Corpus Christi et payée à l'aide d'une souscription, à laquelle prit partie duc; enfin que Juste acheva le tableau en 1474.

C'est une œuvre des plus importantes : elle permet d'étudier un maître que son style place, dans la filiation des gothiques flamands, entre Van der Weyden et Metsys. Il semblerait qu'il a été l'élève de l'un et

I. J.-D. Passavant : Rafaël d' Urbino.Leipzis^, iSSg, t. P"", p. 429.

Page 1