‹ La peinture flamandeChapitre 31 sur 150 · HANS MEMLING ET SES CONTINUATEURS · texte numérisé non relu

HANS MEMLING ET SES CONTINUATEURS

Dans Phistoire de Part moderne, il est peu d'artistes jlèbres dont Pexistence soit plus obscure que celle de [ans Memling (vers 1435-1495) *. Ce qu'on sait de sa te se réduit à quelques rares faits, assez insignifiants eux-mêmes. Quant aux dates fondamentales de sa biographie, à la position que Partiste occupa à Bruges, on en est toujours réduit aux conjectures.

Pour suppléer à cette absence de renseignements, qulques écrivains, plus romanciers qu'historiens, se sont crus autorisés à remplacer les documents par des fables, et, pendant plus d'un siècle, à Phistoire s'est substituée la légende de Memling. Inventée en 1753 par Descamps-, celle-ci n'a cessé depuis lors de se dé-

1. Œuvres principales. Bruges : Le Mariage de sainte Catherine (Hôpital Saint-Jean). — VAdoration des mages (id.). — La Châsse de sainte Ursule (id.). — Saint-Christophe (Académie des Beaux-Arts). — Dantzig : Le Jugement dernier (Dôme). — Lubeck: La Passion (Dôme). — Munich: Les sept Joies de la Vierge (E*inacothèque). — Turin : Les sept Douleurs de la Vierge (Pinacothéque). — Rome : La Descente de Croix (Galerie Doria). — Paris : La Vierge adorée par la famille Floreins (Louvre). — Florence: La Vierge et VEnfant (Offices). — Vienne : La Vierge et l'Enfant (Musée).

2. La vie des peintres flamands, allemands et hollandais. Paris, 1753.54.

velopper et de grandir^. LUnconduite de Memling, son incorporation dans les bandes du Téméraire, sa participation à la guerre contre les Suisses, sa blessure à la bataille de Nancy, son retour à Bruges, malade et misérable, son long séjour et sa convalescence à Thôpital Saint-Jean, son amour pour une des sœurs de rétablissement, son mariage avec une héritière, ses voyages en Italie et en Espagne, sa mort à la Chartreuse de Miraflorès... tels ont été les principaux éléments du conte. Les découvertes de M. James Weale ^, l'histoire des nombreux tableaux que les siècles ont respectés, démontrent à Pévidence que la biographie romanesque de Memling n'a d'autres sources que la verve plus ou moins poétique de quelques écrivains, qui ont transformé rillustre artiste en un personnage de fantaisie et l'ont transporté, sur les ailes de leur imagination, à des distances incommensurables de la vérité et de l'histoire^

Où et quand naquit Memling?... Rien encore nej répond à cette double question; mais il est presque certain que ce ne fut pas à Bruges. Quant à la date,"J certaines déductions la placent, très vaguement, entn 1430 et 1440. Tout tend à prouver c[ue Memling fit' son apprentissage dans l'atelier de Van der Weyden, à. Bruxelles; puis il se fixa à Bruges, on ignore en quelle année.

Sa biographie s'ouvre avec la date de 1462, inscrite

1. L. Viardot: Les Musées d'' Espagne, d'Angleterre et de BeU gique. Paris, 1843, p. 3o6. — Alf. Michiels : Histoire de /< peinture flamande. Paris, 1867, t. IV, ch. xxiv.

2. Elles sont résumées dans un petit livre : Hans Memling, ^rn leven en :(yne schilderwerken. Bruges, 1871.

Page 1