HANS MEMLING
de la naissance, de la vie et de la passion du Christ, véritable poème religieux, qu'il a appelé les Joies et
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^ /e5 Douleurs de la Vierge, Il a peint des épisodes de la vie des saints, et particulièrement de celles des deux
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saints Jean, ses patrons. A Pexemple de Jean Van Eyck, il s'est plu à célébrer la Vierge glorieuse et à agenouiller aux pieds de son trône de brocart les donateurs et leurs familles. Le Louvre possède, dans ce genre, un magnifique spécimen, qu'il doit à la générosité de la famille Duchâtel, et où Ton voit Jacques Floreins, riche marchand brugeois, sa femme et leurs dix-neuf enfants ! 1 (fig. 19). Enfin, comme Van Eyck et comme Van der Goes, Memling a peint d'admirables petits portraits en buste que possèdent les musées ou les collections d'Anvers, de Bruxelles (fig. 20), de Bruges, de Londres, de Florence et de Francfort.
C'est à Bruges, qui conserve avec une orgueilleuse vénération les plus belles et les plus nombreuses productions de son illustre artiste, qu'il faut aller pour apprendre à connaître Memling. A l'hôpital Saint-Jean, il est tout entier. Il s'y montre sous toutes les faces, sous les aspects les plus multiples : puissant et superbe dans ses grandes figures de saints et de donateurs du Mariage mystique de sainte Catherine ; touchant et ému dans les pittoresques panneaux de V Adoration des Mages; béat, ingénu et charmant dans les miniatures à l'huile de la Châsse de sainte Ursule; enfin mâle et vivant dans l'admirable portrait de Nieuwenhove.
Son talent, moins large et moins robuste que celui de Jean Van Eyck, est plus sensible, plus tendre et plus élégant. Son coloris est d'un éclat, d'une richesse et d'une résonnance qui ne le cèdent à aucun; le dessin de ses têtes, de ses belles mains aux doigts effilés, est