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CHAPITRE VII

INFLUENCE DE L ECOLE DE BRUGES

A l'Étranger.

Il y a nn travail considérable à écrire sur la vie et les œuvres des peintres flamands qui se sont fixés à Pétranger, et sur Tinfluence qu'a exercée, à diverses époques, Fart flamand en Hollande, en Italie, en France, en Angleterre, en Allemagne, en Espagne, en Portugal et ailleurs.

Si Fécole italienne a, plus que toute autre, attiré dans ses ateliers des artistes de toutes les nationalités, par contre, aucun pays n'a envoyé dans l'Europe entière d'aussi nombreux représentants que l'école flamande. Tous les pays, toutes les grandes villes ont reçu leur visite; toutes les cours ont mis à contribution leur talent; tous les musées, les palais, les églises conservent les traces de leur passage.

Nous esquisserons, à la suite de chacune des grandes périodes de ce Manuel, le mouvement de l'art flamand en dehors de ses frontières naturelles.

Hollande. — Déjà, en parlant de Van Eyck et de son séjour à La Haye en 1422-24, nous avons émis l'hypo-

INFLUENCE DE L'ECOLE DE BRUGES

thèse de Paction directe exercée par le chef de Fécole de Bruges sur Téclosion de Pécole holhmdaise.

C'est, en effet, vers cette époque qu^'apparaît Albert Van Ouwater, le plus ancien peintre des provinces du nord dont le nom soit connu. Gérard de Saint-Jean (1450), qui fut son élève, peignit à Haarlem; les deux panneaux qui lui sont attribués au musée impérial devienne, dénotent Pinfluencede Pécole flamande de la fin du XV® siècle. Celle-ci se manifeste non moins vivement dans Pœuvre du maître de Lucas de Leyde ; Cor- NÉLis Engelbreghts (1468-1553), en effet, ne fit que continuer les traditions de Van der Weyden et de Memling.

Allemagne. — • Les mêmes maîtres modifièrent de bonne heure le sentiment religieux de Pécole allemande, en lui imprimant leur réalisme; les anciennes traditions idéalistes des peintres de Cologne en furent profondément remuées. La célèbre Descente de Croix de Van der Weyden et les Vierges glorieuses de Memling n'ont cessé d'être reproduites à Cologne.

Plus bas sur le Rhin, à Calcar et à Xanten, quelques maîtres s'approprièrent également le style de l'école de Bruges et plus particulièrement celui de Memling^ mais avec plus de talent et de succès que les artistes

(dégénérés de Cologne. Tel est ce prétendu Jean Joest (1460?-! 5 19) qui a longtemps été désigné sous le titre àQ Maître de la mort de Marie. De cette époque, il reste aussi des tableaux de l'école de Westphalie, les uns exécutés par les frères Dunwegge (i525), les autres

I. G. Waagen : Manuel de l'histoire de la peinture, i863;t. I' p. 222.

no QUINZIEME SIECLE.

attribués à tort au graveur Isaac de Meckenen (mort vers i5o3), et où Ton retrouve cette même influence. Elle se fait sentir encore dans de nombreuses productions de récole de Souabe. C'est qu'en effet un vieux maître de Nordlingen , Frédéric de Herlen (mort en 149 1), vint à Bruxelles demander des leçons à Roger, et laissa dans ses oeuvres des imitations frappantes de celles de son maître ^ C'est de cette école de Souabe qu'un siècle plus tard devaient sortir les Holbein.

Mais où l'action de l'école des Pays-Bas se révèle avec le plus d'éclat, c'est dans l'œuvre de Martin Schon- GAiJRR de Colmar (144.0-1492). Il fut également l'élève de Van der Weyden^ Si, sous le rapport de -

la grandeur et de la puissance, il demeura ♦ V V, *^ inférieur à son maître, par contre, sous celui du dessin, de la composition et du raffinement du coloris, il le surpassa. Son influence fut grande sur l'école de Nuremberg. Celle-ci lui est redevable d'une partie des éléments qui formèrent Albert Durer; car bien que ce grand artiste apprît son art de Wohlgemuth, il modela néanmoins son style sur celui du peintre de Colmar. Le chef de l'école allemande remonte donc au chef de l'école flamande par Schongaùer et Van der Weyden.

Les tableaux authentiques de Schongaùer sont rares : plusieurs d'entre eux figurent dans les musées et les galeries particulières sous des nchms flamands. A l'Institut Stadel de Francfort, entre autres , trois magnifiques panneaux de Schongaùer, représentant la Trinité, la Vierge et Sainte Véronique, continuent à être attri-

1. G.-F.Waagen: Manuel de V histoire de la peinture jX. V,\>. 2 33.

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