Van Mander : Het Schilderboeck, p
4. Ed. Fétis: Les peintres belges à Vétranger. Bruxelles, i865, t. II, p. 35o.
partit pour Pltalie, où il résida sept ans. Puis il visita la Suisse et PAutriche, rentra aux Pays-Bas, alors dévastés par la guerre, se fixa à Haarlem et alla terminer sa carrière à Amsterdam. Ses œuvres, assez rares, n'eussent vraisemblablement pas sauvé son nom de l'oubli, s'il n'avait pris soin de l'attacher, en plus, à l'éducation d'un peintre illustre, Frans Hais, et à la publication d'un livre célèbre, Het Schilderboeck. Cet ouvrage, qui contient les biographies des principaux peintres flamands, hollandais et allemands, depuis les Van Eyck jusqu'à la fin du xvi« siècle, est resté, en général, la source la plus précieuse et le guide le plus sûr que l'on puisse CQ/isulter pour les anciennes écoles du Nord^
Italie. — Y a-t-il lieu de s'étonner de ce que l'Italie, conviant les artistes de l'Europe entière à venir s'inspirer du grand mouvement artistique de sa Renaissance, en ait retenu chez elle un grand nombre, les uns séduits par les trésors et le charme du pays, les autres par les offres flatteuses des papes et des princes?"^ De ce nombre furent les Flamands Galvaeri, Bril et De Witte.
Denis Calvaert (i 540-1619), d'Anvers, que les Italiens appellent Denis le Flamand^ porte un nom
1. Voici le titre de l'ouvrage: Het Schilderboeck. 3* partie. Hct leven der Doorluclitighe nederlandische en hooghduytsche schilders. La première édition, i vol. in-4", parut à Haarlem en 1604. Nos citations y renvoient. Une traduction française : Le livre des ■peintres de Cari Van Mander, 2 vol. in- 8^ illustrés, annotés par M. Henri Hymans, conservateur du cabinet des estampes à la Bibliothèque royale de Bruxelles, est en préparation. (Bibl. intern. de l'Art.)
2. Bertolotti : Artisti belgi ed olandesi a Roma nei secoli XVI e XVII. Firenze, 1880.
Hp DENIS CALVAERT. 175
célèbre dans l'histoire de Pccole de Bologne, car il fut
FIG. 39. DENIS CALVAERT.
Danaé. (Musée de l'Académie des beaux-arts, à Lucques.)
le premier maître du Guide, de l'Albane et du Domi-
niquin^. Par sa vie, passée tout entière à Rome et surtout à Bologne, et par son œuvre, Calvaert est Italien; c^est à peine si, de loin en loin, dans certaines figures de saint Pierre et de saint Laurent, de Madeleine ou de Danaé (fig. 39), il révèle encore son origine par réalisme de quelques attitudes ou l'ampleur plantureuse de quelques formes. La plupart de ses tableaux sont restés dans les églises et les musées de l'Italie septentrionale. Les principaux sont : les Ames du Purgatoire et le Paradis, à Bologne, le Martyre de saint Laurent, à Plaisance, la Vierge et sainte Apolline, à Reggio.
Paul Bril (1556-1626)* n'abdiqua pas, comme son «■ — I concitoyen, le titre d'artiste flamand. Tan- I c$^^ I dis que tant d'autres n'allaient en Italie
que pour y faire des emprunts, Paul Bril et
son frère Mathieu (i55o-i584) introduisirent, au contraire, dans l'art italien un genre nouveau, d'origine bien flamande , et montrèrent aux peintres romains une route jusqu'alors inexplorée par eux : le paysage interprété comme genre spécial. Paul Bril en est le véritable créateur. Il comprend encore la nature à la manière des Memling, des Gérard David et des Paiinier, mais avec plus de grandeur et de simplicité et en s' attachant surtout à ses côtés poétiques. Ses paysages se distinguent par une grande variété de conception, une savante distribution de la lumière, un dessin élégant, une coloration harmonieuse, de belles
1. Ed. Fétis : Les peintres belges à l'étranger, t. II, p. i5: