‹ La peinture flamandeChapitre 71 sur 150 · PAUL BRI L · texte numérisé non relu

PAUL BRI L

lasses de feuillages et un sentiment élégiaque très pénétrant.

|| Ils sont excessivement nombreux en Italie, car Bril a travaillé à la fois pour les églises et les palais, pour les nobles Romains, les cardinaux et les papes. Sa pièce capitale, une des plus hardies qu^ait abordées un paysagiste, décore la « Salle Neuve », au Vatican. Cest une fresque longue de vingt mètres représentant le Martyre de saint Clément, au milieu d^un magnifique site agreste, présageant le paysage héroïque du siècle suivant. « Paul Bril, dit M. Charles Blanc, fut comme la souche de cette génération de grands paysagistes qui ont immortalisé Fart du xvii* siècle... Claude Lorrain et Poussin descendent de lui^ ».

Un troisième artiste, contemporain des précédents et que l'école flamande paraît avoir un peu trop oublié, est Pierre De Witte, surnommé Candido (1548-1628)2. Il travailla longtemps à Florence, où Vasari remploya; puis il fut emmené en Bavière par le duc Maximilien I*"", au service duquel il consacra le reste de sa carrière. Peintre, dessinateur, architecte et sculpteur, on a de lui des œuvres multiples qui attestent ses nombreuses facultés artistiques. Ainsi il a attaché son nom à la construction du palais ducal, aux sculptures du magnifique mausolée de l'empereur Louis V, dans la cathédrale de Munich, aux tapisseries de la

1. Paul Bril, p. 6 et 7. (Histoire des peintres de toutes les écoles.)

2. G. Carton : Notes biographiques sur Pedro Candido... {Annales de la Société d'émulation de Flandre, 1843, 2^ série, t. V, p. 19.)

manufacture bavaroise (1604-1615), aux fresques de l'église Santa-Maria del Fiore, à Florence, et à de nombreux tableaux et portraits. Parmi ces derniers, nous citerons plus particulièrement celui d'une princesse de la maison de Bavière (Galerie de Schleissheim). Si dans ses compositions religieuses, mythologiques et allégoriques l'artiste est devenu Pietro Candido, il est resté Pieter De Witte dans ses portraits (fig. 40).

A la suite de ces trois artistes il convient de citer encore, parmi les peintres flamands qui se fixèrent en -rr^T^ Italie : Léonard Thiry, de Bavay, plus connu

■ ' sous le nom de Léo Daven (i5oo? - i55o), peintre- graveur, qui fut le collaborateur du Rosso et du Primatice pour les décorations du palais de Fontainebleau^ ; les Backereel d'Anvers, qui, au dire de Sandrart, étaient nombreux à Rome, tous hommes de talent et vivant avec faste; Michel Jonquoy, de Tournai, qui fut, en i565, le premier patron de Spranger, avec qui il décora de fresques l'église Saint-Oreste , à Rome; Arnould Mytens, de Bruxelles (i 541 -1602), dit Renaldo^ et Jean Francken, d'Anvers, dit Franco (i55o), qui tous deux s'établirent à Naples ; Paul Franchoys, d'Anvers , dit Franceschi (1540-1596), élève et collaborateur du Tintoret, et qui a au palais ducal, à Venise, un tableau représentant le Pape Alexandre III bénissant le doge Ziani-; Lucas Corneille et Guillaume Boides, de Malines, que nous trouvons, en i55o,à F'errare, travaillant aux cartons des

1. Ed. Fétis : Les peintres belges à l'étranger, t. II, p. 323.

Page 1