‹ La peinture flamandeChapitre 76 sur 150 · BARTHÉLÉMY SPRANGER · texte numérisé non relu

BARTHÉLÉMY SPRANGER

ui une Conférence de on:{e hommes (TEtat, qui est une

fîuvre importante et tout à fait remarquable, acquise 3,000 fr. à la vente de la Galerie Hamilton, en 1882.

\ Allemagne. — Au delà du Rhin, la disparition (d'Albert Durer (i 528) et de ses fidèles disciples (de i53o jà 1545) fut promptement suivie de la décadence, nous idirons même de Textinciion de Pécole nationale. Ce qui restait de peintres passa les Alpes et alla se perdre <lans Pimitation servile des Italiens. Moins heureuse que la Flandre, PAllemagne ne devait pas avoir de Rubens. Le champ y resta donc largement ouvert aux artistes des Pays-Bas ; le tribunal de sang du duc d'Albe aidant, Témigration fut considérable. De nombreuses colonies artistiques flamandes se formèrent en Bavière, «en Bohême et au pays rhénan.

• La plus importante fut celle quUnstalla en son palais de Prague Tempereur Rodolphe II, grand admirateur des artistes des Pays-Bas. Barthélémy Spranger, d'Anvers, Roland Savery, de Courtrai, Pierre Stevens (1540- 1604), de Malines furent ses peintres; Gilles Sadeleer son graveur, Georges Hoefnagels son miniaturiste, et Philippe de Mons son maître de chapelle.

Spranger (i 546-1627) fut le chef de la colonie, non par le talent, mais par Page et aussi par la faveur impériale. On a quelque peine aujourd'hui à expliquer la réputation dont a joui cet artiste, en présence de ses œuvres, où le maniérisme du dessin et la bizarrerie des attitudes sont alourdis encore par le mauvais goût du coloris et Pabsence de tout caractère. Il y a cependant au musée de Vienne deux portraits, ceux du peintre et de sa

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femme, qui plaident en faveur de Partiste, par leur sincérité et leur modelé délicat*.

Mieux que Spranger, Roland Savery [i5y6-i63g)méritait d'occuper le premier rang parmi les hôtes du Hradschin. Ce fut un paysagiste de talent, au coloris un peu arbitraire, mais aux tons vigoureux et forts. A la demande de son protecteur, il parcourut le Tyrol et la Suisse allemande, dont nul, avant lui, n'avait reproduit les aspects grandioses. C'est là qu'il prit le goût des terrains accidentés, des cascades écumantes et des masses de rochers couronnées de pins, qui composent d'habitude ses sites pittoresques. Des animaux et des oiseaux de toutes sortes se voient d'ordinaire dans ses tableaux, qu'il intitulait souvent le Paradis terrestre, l'Arche de Noé, Orphée charmant les animaux, etc. La plus importante portion de son œuvre figure aux musées de Vienne et de Dresde.

Tandis que l'empereur Rodolphe patronnait, à Prague, Spranger et Savery, son frère, l'archiduc Mathias, — le même qui, en iS/S, eut quelques velléités de iB devenir gouverneur des Pays-Bas, — emmenait- ^yT* à sa résidence de Linz, sur le Danube, Lucas^ ^ Van Valkenborgh (vers 1 540-1 62 5) deMalines'', un pur Flamand de l'école du vieux Brueghel. Les galeries viennoises, les musées de Madrid et de Brunsw^ick possèdent de lui d'attrayants paysages aux tonalités grises et argentées très délicates, empreints d'un grand charme; plusieurs d'entre eux sont animés, à

1. Ed. Fétis : Les peintres belges à Vétranger, t. P*", p. 389.

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