‹ La peinture flamandeChapitre 81 sur 150 · Riibens et l'école d'Anvers. Paris, 1877, p · texte numérisé non relu

Riibens et l'école d'Anvers. Paris, 1877, p

196 DIX-SEPTIEM E SI ECLE.

vers i585 à la cour d^Alexandre Farnèse comme « ingénieur des armées royales » et, en 1 620, à celle d^Albert et Isabelle comme « garde des monnaies ».

Il naquit à Leiden, fit ses études à Liège, chez Lampsonius, puis partit pour Rome, où il subit vivement rinfluence de Zucchero, son maître. En 1594, il se fit inscrire à Saint-Luc dWnvers et finit par se fixer à Bruxelles, où il passa les neuf dernières années de sa vie. La Belgique est riche en tableaux de sa main. La Vocation de saint Mathieu et la Charité de saint Nicolas (musée d'Anvers), une Pietà (musée de Bruxelles) et la Résurrection de La:{are (église Saint- Bavon, à Gand) ne manquent pas d'exciter Pintéret par leur élégance correcte, le charme de leurs figures de femmes, leur sentiment sincère du beau. Aujourd'hui l'œuvre de Vicnius, par sa froideur et son classicisme maniéré^ nous laisse assez indifférents, mais l'artiste est néanmoins assuré de l'immortalité, car il fut le maître de Rubens.

Cet honneur, il le partage avec * Adam Van

NNooRT(i562-i64i),filsdeLAM- **

BERT**(r520?i-57o).Lalumière I ., XX " ^1 n'est pas faite encore sur la vie et l'œuvre de ce peintre, dont Van Dyck nous a transmis la physionomie sympathique et paternelle. Quelques auteurs se sont plu à le représenter comme un farouche ivrogne, doublé d'un peintre vulgaire et plat. D'un autre côté, s'il faut en croire les érudits d'Anvers, Van Noort serait l'auteur de l'admirable Tribut de saint Pierre, à l'église Saint-Jacques d'Anvers, et par conséquent l'un des plus étonnants coloristes de l'école, le véritable pré-

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rseur de Rubens et de Jordaens, ses élèves. Seulement, squ^à présent, cette attribution manque de preuves, spérons que la vérité sera un jour établie ; en attendant, le plus sage est de s^abstenir de tout jugement téméraire aussi bien que de tout enthousiasme prématuré. L Quelques autres peintres jouirent aussi, à cette époque, d'une certaine renommée. Nommons: Henri Van Balen ( 1575-163 2), qui animait les paysages de Brueghel le Velours avec des Fuite en Egypte, des Diane T "Tj à la chasse, des Banquet des dieux d^un faire i Jii oucement caressé, d'un dessin rond et banal, d^un colos fade et sans force; Henri de Clerck (1570-1629?), intre des églises de Bruxelles ; Servais de Coulx, qui eignait en i6o6-25 des sujets religieux pour Mons et Enghien ; enfin Martin Pepyn (1575-1643), qui conkyQ tinua les carnations blanchâtres de Técole de 1 i • Martin de Vos, son exécution tranquille, minutieuse et polie, et dont les deux triptyques de Sainte Elisabeth et de Saint Augustin (hôpital Sainte-Elisabeth, à Anvers) , nous montrent un peintre en retard de cinquante ans, le dernier sans doute qui, en plein xvii'^ siècle, rappelle encore le xvi*^.

Tel était le spectacle que présentait récole au moment où, en 1608, Parchiduc Albert négociait avec la république batave la « trêve de douze ans », qui allait donner aux Pays-Bas épuisés quelques années de repos. Rien ne permettait de prévoir, pour les restes du génie flamand, une ère meilleure et plus brillante. Il semblait, au contraire, devoir subir bientôt de nouvelles atteintes, car rélément national se perdait chaque jour

davantage. L^horizon se montrait donc plus menaçant que jamais, lorsque tout à coup on vit arriver d^Italie un jeune peintre ardent et superbe, qui apportait aux esprits inquiets la certitude et aux yeux fermés la lumière.

G^était Rubens.

Il tenait en main le pinceau qui allait enfin rendre Part flamand à lui-même.

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