PIERRE VAN MOL
aie imitateur du maître , à en juger par ses ouvrages des musées du Louvre, d'Anvers et de Berlin. Il paraît
Iependant avoir joui de quelque considération à la cour 'Anne d'Autriche, où il peignit les portraits de difîéents personnages et entre autres celui de Mazarin. ajoutons que les noms de Juste d'Egmont et de Pierre Tan Mol figurent parmi ceux des douze fondateurs de ''Académie royale de France {J64.S).
• Les Liggeren et certains auteurs révèlent encore les loms de quelques élèves de Rubens: Van der Horst j i598?-'i646), Hoffman (1591-1648), Moermans (1602t653), Pennemaeckers, Nicolaï, etc.; mais le peu que l'on connaît de leurs œuvres ne leur assigne qu'un rang tout à fait inférieur.
Rubens ne fut pas seulement le chef de l'école dans la peinture d'histoire et le portrait; nous allons voir ce que lui doivent les animaliers, les paysagistes et les peintres de genre. De plus, il créa à son insu une nouvelle sculpture flamande, dont les Quellin, les Duquesnoy, les Fayd'herbe, son élève direct, les Grupello et lesVerbrugghen furent les principaux maîtres. Il forma chez lui, sous ses yeux, pour interpréter son œuvre, une armée de graveurs d'élite, agiles, hardis et savants; Soutman, Vosterman, Pontius, Bolswert portèrent à la perfection, dès les premiers pas, la gravure coloriste ^ Enfin il n'est pas jusqu'à l'architecture elle-même qui, par lui et par son élève Francquart, ne témoigne de sa robuste puissance et de son goût du grandiose. Peintres, sculpteurs,
I. Henri Hymans : Histoire de la gravure dans l'école de Rubens. Bruxelles, 1879.
graveurs et architectes, si différents qu'ils paraissent, si divers que soient leurs genres, se ressemblent dans leur idéal et dans leur culte pour le chef de Fécole ou plutôt de la famille.
Car c'est une vaste famille que Fécole anversoise au xvii" siècle. Presque tous ses disciples sont liés et même alliés. Presque tous font partie de plusieurs gildes, de plusieurs chambres de rhétorique ; ils s'unissent dans leurs travaux ; ils se font réciproquement leur portrait. Ils se marient entre eux : Janssens donne sa fille à Brueghel II, Van Noort la sienne à Jordaens, Van Balen la sienne à Van Thulden. Jean Brueghel I devient le gendre de Jode, Coques, celui de Ryckaert, Teniers et Kessel ceux de Brueghel de Velours, Quellin celui de Teniers. Snyders est le beau-frère des De Vos, Simon de Vos celui de Van Utrecht, Rombouts celui de Van Thielen. Aux jours des noces, ils sont là comme témoins, aux jours de baptême, comme parrains; enfin, au moment de la mort, ils savent qu'ils peuvent compter sur les confrères pour la tutelle et la protection de leurs enfants. Famille solidaire et étroitement unie par les liens du sang et par ceux de la plus franche amitié.