‹ La peinture flamandeChapitre 93 sur 150 · FIG. 64.. JACQUES JORDAENS · texte numérisé non relu

FIG. 64.. JACQUES JORDAENS

Portrait de famille. (Musée de Madrid. H. i,8i. L. 1,87,)

gouverneurs, les corporations, les abbayes. Le Louvre possède le portrait équestre qu'il fit de Pinfant Ferdinand, gouverneur des Pays-Bas, et le palais de Justice de

Gand quelques-unes des grandes allégories qu^il exécuta pour les arcs de triomphe de la Joyeuse-Entrée de ce prince. Dans les sujets religieux, il s'est complu surtout dans les extases et les visions, les miracles, les martyres et les glorifications. Le musée de Lille conserve deux de ses oeuvres capitales : le Maj'tyre des quatre Couronnés et le Sauveur du monde; celui de Bruxelles, V Assomption de sainte Catherine et la Pêche miraculeuse (fig. 65); celui de Nancy, la Peste de Milan; celui de Rennes, VElévation en croix.

De Crayer fit le voyage d'Espagne et séjourna à Madrid, où il partagea avec Velazquez et Rubens Phonneur de reproduire les traits de Philippe IV. M. H. Hymans croit avoir retrouvé cet ouvrage important dans le portrait équestre que possède le musée des Offices et qui passe à tort pour une œuvre de Velazquez ^ On ne peut lui adresser un plus bel éloge.

En 1664, de Crayer, âgé déjà de quatre-vingt-deux ans, quitta subitement Bruxelles et alla se fixer à Gand, sans qu'on ait pu découvrir les motifs de ce brusque et tardif changement de résidence. Malgré son grand âge, il continua à peindre avec une inconcevable ardeur, et la mort seule finit par avoir raison de cet étonnant producteur. Ce fut en 1669; le vieux maître venait de terminer pour les dominicains le Martyre de saint Biaise (musée de Gand). D'un pinceau ferme encore, il signa son œuvre et, avec un légitime orgueil, il ajouta: Agé de 86 ans-. Puis il mourut. On parle souvent

Page 1