Mariette, Ahecedan'o, t. VI, p
2. Pour toute la bibliographie de ce paragraphe il faut se reporter à Dussieux, Artistes français à l'étranger, 3* édition, passim.
3. Ils sont accompagnés d'un autre peintre fleuriste, Etienne Page (voy. P. Sq\ô.q\^ Galette des Beaux- Arts, iSgijt. I, p. 322). En 171 1, Pesne est nommé premier peintre. Il apporte en Allemagne un grand nombre d'œuvres françaises contemporaines (L. de Fourcaud, La collection de peintures françaises de l'empereur d'Allemagne. Magazine of Art, mars igoS).
4. Il amassa unegrosse fortune en Allemagne, puis « demanda sa retraite, etl'ayant obtenue il revint en France « (Mariette, Abecedario, t. V, p. 217-218). De 1717a 1724 on trouve auprès de lui Nicolas Wilbault, peintre, que lui a recommandé l'ambassadeur de Saxe en France (H. Jadart, Xicolas et Jacques Wilbault dans Réun. des Soc. des Beaux-Arts des dép., 1886, p. 27G).
5. Les Noiiv. Arch. de l'Art franc., 1878, p. 12, ont publié un congé accordé à Vivien pour aller à Munich en 171 5. L'artiste ne s'installa pas dérinitivement en Bavière, mais il y fit sans doute plusieurs voyages dont les dates ne sont pas exactement connues. Dés 1696 il peignit la deuxième femme du duc, Thérèse-Cunégonde de Bologne. A deux reprises il représenta le duc lui-même, la deuxième fois en 1715. Il peignit aussi des princes de la maison de Bavière.
6. Il exécuta des tableaux pour le duc, mais n'alla peut-être pas en Bavière. Les Mém. inéd., t. II, p. 23 1-232, publient sur lui une notice qui semble bien être de sa main et ne signale pas de voyage en Allemagne.
,5o RESSOURCES DES PEINTRES A L'ÉTRANGER
En Suède la culture française est en honneur depuis la reine Christine : les artistes français viennent volontiers travailler à Stockholm et les Chauveau sont seulement les plus célèbres de tous ceux qui vivent à la cour de Charles XII à la fin du xvii" siècle*. Au contraire, malgré les efforts de Pierre le Grand, nos peintres ne vont pas en Russie"'. Lcfort, le neveu du ministre, envoyé à Paris en 171 5 pour ramener des artistes en tous arts, embauche bien un architecte, Le Blond, convoyé d'une équipe de machinistes pour jets d'eau, de menuisiers, de sculpteurs sur bois, de ciseleurs, de constructeurs, de fondeurs en fer et en bronze, de tailleurs de pierre, de charpentiers, d'orfèvres, de serruriers, de tapissiers hauteliciers et basselicicrs, de jardiniers^ mais il n'engage pas un peintre. Jean-Marc Nattier', Oudry", pressentis, hésitent d'abord, puis refusent de partir. Le seul peintre français de quelque valeur installé en Russie au début du xviii' siècle est le Bourguignon Louis Caravacque qui peint en 171b et en 1723 des portraits de Pierre le Grande A défaut d'artistes, le czar introduit au moins des œuvres françaises à Moscou; le catalogue du Musée de l'Ermitage, rédigé en 1774", enregistre sept de La Fosse, quatre Ant. Coypel, quatre Santerre, deux Raoux, des Watteau ; et une bonne partie de ces œuvres est arrivée en Russie avant le règne de la grande Catherine.
1. Vie de Frjnçois Chauveau et de ses deux fils, par Papillon, réimprimée par Th. Arnauldet, P. Chéron et A. de Montaiglon. Paris, 1854, in-S^.
2. Voy. Veuclin : L'Art français en Russie {Réun. des Soc. des Beaux-Arts des dép., 1894, p. 366-307, d'après les Archives du }ni)iistère des affaires étrangères : Correspondance de Moscovie, volume II).
3. Nouv. Arch. de l'Art franc., 1878, p. 17 : Congés accordés à plusieurs ouvriers pour Saint-Pétersbourg et Réun. des Soc. des Beaux-Arts des dép., iSgS, p. 486 et 487 : Veuclin, Quelques artistes fra)içais... en Russie sous Pierre le Grand et Catherine II.
4. Pour Nattier, voy. Mém. inéd., t. II, p. 352-353. M. Veuclin, citant dans son article sur V Art français en Russie (Réun. des Soc. des Beau.v-Arts des dép., 1894, p. 370), ce passage d'un rapport d'un consul de Erance à Moscou {16 avril 1716), « Le prince Menzicon a fait faire par un habile peintre français le portrait de Pierre Pietrovitz, fils du czar, qui est âgé d'environ onze mois, pour l'envoyer à son père », ajoute que le peintre fut peut-être Nattier. Comme l'artiste n'alla certainement pas en Russie, cette hypothèse tombe. Le seul nom possible à proposer est celui de Louis Caravacque.
5. Mém. inéd., t. II, p. 372, et Nouv. Arch. de l'Art franc., 1878, p. 18 : Congé accordé à Oudry pour aller en Moscovie.
6. Le premier a été gravé par A. Massard et par Langlois, le deuxième par Soubeyran. Caravacque mourut en Russie en 1752. (Voy. Ministère des affaires étrangères, Correspondance de Moscovie, publiée par Veuclin dans Réun. des Soc. des Beaux-Arts des dép., 1894, p. 378.)
7. Réimprimé dans la Revue universelle des Arts, t. XIII, p. 164 et suiv.
PLACE DES PEINTRES DANS LA SOCIÉTÉ i3i
Malgré leur fortune souvent médiocre, les artistes occupent une belle place dans la hiérarchie sociale à la fin du xvir siècle. Si le peintre et le sculpteur sont encore des « ouvriers », le mot n'a pas un sens péjoratif. Ouvrier, d'après le dictionnaire de Trévoux, « est un terme général qui s'applique à celui ou à celle qui travaille d-e la main à quelque ouvrage que ce soit» et «se dit aussi de ceux qui font des ouvrages de l'esprit//. Antoine Coypel exprime l'opinion générale lorsqu'il écrit : « Quand je parle de la
Gia\u inii .\. de Larmessin. >
FIG. 45. — ANTOINE WATTEAU. — LOUIS XIV METTANT LE CORDON BLEU AU DUC DE BOURGOGNE.
peinture, je ne prétends pas parler d'un art méchanique qu'unesorte d'habitude et la pratique seules font acquérir, je parle d'un art que l'antiquité la plus polie et la plus éclairée a honoré comme une espèce de divinité'». Nicolas Lamoignon de Basville vient de faire reconnaître en justice, dans une défense de \''an Opstal, le titre de professions libérales jouissant de la prescription trentenaire à la peinture et à la sculpture considérées encore comme des métiers mercenaires soumis à la prescription annuelle ■. Dans le premier quart du xviii' siècle, Antoine Coypel et Louis de Boul-