Mém. Inéd., t. I, p. 3o
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à l'rcsqiie\ rend visite h Gérard Edelinck aux Gobelins'-'; fouille familièrement dans les eartons de Desportes'\ ouvre à tous, enfin, sa galerie si riche en Vénitiens et en Flamands, même avant l'acquisition des tableaux de la reine Christine '.
I/art favori de Louis XIV ne subsiste bientôt plus qu'en façade. Les mêmes peintres travaillent pour le duc et pour le roi et ils changent de manière selon leur client avec une remarquable souplesse. Après avoir peint les dames de la Cour en galant déshabillé au Pahiis Ro yal, Antoine Coypel décore la chapelle de Versailles et donne à l'Académie des Inscriptions d'ennuyeux dessins de médailles. Dans le temps où il travaille aux Invalides et à Versailles, Ch. de La Fosse peint Aristote chevauché par Campaspe et de petites scènes antiques où la grâce des femmes demi-nues le séduit plus que l'interprétation des mythes. Le sévère Jouvenet lui-même prend plaisir, vers la fin de sa vie, aux scènes mythologiques et il les traite avec un souci d'élégance et de jeunesse inattendu sous son pinceau.
« On n'a jamais vu si peu de tristesse à la mort d'un roi », écrit Jean Buvat en 171^'' : la lin de Louis XIV est une délivrance môme pour les artistes. Seul, d'Antin, qui dirige l'administration des Bâtiments, se lamente : « Vous avez apris, Monsieur, par les Couriers, écrit-il à Poerson, la grande perte que le Royaume vient de faire... Les Arts et les sciences sont bien à plaindre dans une longue Minorité... >/". D'Antin se trompe : la jeunesse de Louis XV importe peu; l'action du Régent, au contraire, peut s'exercer avec plus de liberté, et l'École entière devient plus aimable, plus légère, [Mus galante. L'art guindé du règne passé n'apparaît plus que dans les circonstances ofticielles : le Premier Peintre seul y est encore astreint, et de moins en moins rigoureusement.
Le triomphe, puis la chute du Système sont les seuls événements économiques et politiques de la Régence dont les artistes subissent le contre-coup. Les grands, ruinés, commandent beaucoup moins de décorations et de portraits, mais des fortunes nouvelles surgissent. Tous les nouveaux riches, par\enus sans passé, s'approprient hâtivement les traditions de la vieille noblesse. Ils font construire