Ibid., t. II, p. loG
4. Voy. Champier et S.indoz, Le Palais Royal, t. I, p. 208004.
5. Jean Buvat, Mémoires pour servir à riiistoire de la Régence, pa^e i 3. ô. Corresp. des direct., t. l\\ p. 426. Lettre du 8 sept. 1715.
LFS PEINTRES ET 1,1-, sv.sii,mi. .^
des hôtels, peindre des plafonds, décorer des murs. Ils s'appliquent à imiter le Régent, son entourage immédiat et répandent ainsi le goût des sujets galants qui n'avait pas encore atteint le public.
Law doit désirer le succès d'un art dissolvant. Pourfaire triompher définitivement le Système, au moins pour prolonger sa vie, il est bon qu'un idéal dejouissance remplace l'idéal de travail. Aussi Lair
JKAN II RESTOLT. — LES MIRACLES ET LES CONVERSIONS AU TOMBEAU DU DIACKK PARIS.
iPlanclie de La Vérité des miracles opérés par l'intercession de M. Paris, par Carre de Montgeron.l
emploie-t-il des peintres à glorifier les opérations financières. Pellegrini, par exemple, le beau-frère de la Rosalba, représente les Avantages de la Banque dans une galerie de l'hôtel de Nevers. L'œuvre, qui a disparu', devait être énorme, singulière et confuse : on y voyait la Seine embrassant le Mississipi, le Génie qui -r conduit par la main le Commerce suivi de la Richesse, de la Sûreté et du
I. Elle fut supprimée lors de rétablissement de la Bibliothèque du roi à l'hôtel de Nevers, pour ne pas faire disparate, les autres pièces n'étant pas décorées. \'oy. Mariette Abecedario., t. IV, p. 92.
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Crédit /^ ; on v voyait la Munificence, la Magnanimité «r, dont le sceptre et Tépée sont portés par deux enfants aux pieds desquels est une corne d'abondance de laquelle il sort des trésors qui se répandent sur la France »; on y yoyait aussi la Félicité « ayec des ailes », la Justice assise sur des nuées, ordonnant au Châtiment de chasser la Médisance, l'Ignorance et TEnyie ; la Bourse « représentée par un portique autour duquel on yoit diverses nations avec leurs différents habillements, qui négocient ensemble » ;... on y voyait bien d'autres choses encore*. Des estampes répandues à profusion dans le peuple représentent le bonheur des colons à la Louisiane ; plusieurs, d'une liberté excessive, montrent l'émigrant « jouissant de plaisirs sans obstacles et de richesses sans travail au milieu des nudités de l'âge d'or, des présents d'une terre vierge et des licences de la vie sauvage - ».
La débâcle qui survient bientôt est cruelle aux peintres ; elle les ruine presque tous. Louis Galloche et sa femme y perdent toute leur fortune : 80,000"^". Au beau temps de l'agiotage, Jean-Marc Nattier a échangé à Law ses dessins de la galerie de Rubens contre 18,000"^ de billets qui ne valent plus rien six mois après \ Jean- Baptiste Van Loo rentre en France à temps pour convertir en actions de la Banque 40,000"^ qu'il a gagnées en Italie et les perdre ^ Largillière ", Ant. Coypel' sont également atteints. Plus heureux, Rigaud s'en tire; malgré la rigueur du visa, on fait pour lui «ce qu'on n'avait fait pour personne ; on lui conserve le même revenu qu'il avait sur l'hôtel de ville, avec cette différence que ses rentes
1. La description complète en a été publiée dans VAbecedario. article Pellegrini. On la trouve encore dans la Vie des Premiers Peintres du Roi, de Lépicié, t. II, p. 122-127.
2. Lemontey, Histoire de la Régence, i832, t. I, chapitre ix, p. 3o5.
3. Mém. Inéd., t. II, p. 296. Sa femme lui avait apporté 40,000 francs de dot et il avait acquis une somme égale par succession.
4. Mém. Inéd., t. II, p. 335. On ne sait ce que sont devenus ces dessins. Le fils de Law les emporta et on n'en entendit plus parler. Ils ont été gravés. Les planches sont à la chalcographie du Louvre. Catalogue de 1881, p. 5o et 5i.
5. D'Argenville, Abrégé de la Vie des plus fameux peintres, 1762, t. IV, p. 3oi. Van Loo avait été appelé à Paris par le prince de Carignan qui, brouillé avec Victor- Amédée II de Savoie, avait quitté Turin.
6. « Le Système endommagea fort sa fortune. » Mariette, Abecedario, t. III, p. 62.
7. Cette phrase de Ch.-Ant. Coypel racontant les dernières années d'Ant. Coypel dans la Vie des Premiers Peintres du Roi, t. II, p. 36 : « Des malheurs presque inévitables avaient excessivement diminué son bien... » signifie certainement que l'artiste fut atteint par le Système.
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perpétuelles furent converties en viagères />'. Mais Claude Gillot, le maître de Watteau, laisse dans la tourmente toute la petite fortune qu'il a laborieusement acquise'. Il se venge, à la pointe du burin, par deux planches satiriques : l'Agioteur clerc par la Fortune an plus haut degré de la richesse et de iaboiidajice et la Fortuite <.jui détruit d'u)i seul de ses rayo)is la fortune de l'agioteur.