LA CHAPELLE DE VERSAILLES
Antoine Coypel lui donne ce caractère dans la décoration de la chapelle de Versailles.
Les incidents qui ont marqué la distribution des commandes aux Invalides se renouvellent à la chapelle de Versailles. Mansart veut de nouveau confier toute la décoration à La Fosse, et, en 1707, il lui demande des esquisses*; mais il meurt en 1708, et La Fosse conserve à peine la commande d'une Résurrection au-dessus du chœur. Pour faire sa cour à ses protecteurs, le dauphin et le duc d'Orléans, le duc d'Antin, successeur de Mansart, demande à Antoine Coypel de peindre à la voûte le Père Eternel dans sa i^i'jire'' (fig. n" 15), et il confie les autres compositions à Jouvenet, qui peint la Descente du Saint-Esprit à la voûte de la tribune royale, à Louis de BouUogne, qui orne la chapelle de la Vierge (fig. n" 17) et partage avec son frère Bon la décoration des caissons du plafond des tribunes latérales (fig. n" 16). En réalité, d'Antin ne s'intéresse pas à l'œuvre ; il n'exerce de contrôle ni sur le choix des sujets ni sur leur exécution : aussi l'ensemble manque d'unité et d'harmonie. Mansart eût certainement surveillé le travail de plus près; nous avons une description du projet qu'il avait arrêté en 1707 avec de La Fosse : toutes les compositions devaient se rattacher à la dédicace du monument au Christ et mettre en scène les saints patrons de la famille royale'.
Le Père Éternel dans sa gloire de Coypel n'est pas la meilleure des compositions exécutées pour la chapelle de Versailles, mais
1. « Il (La Fosse) a fait les modèles pour peindre à fresque la chapelle de Versailles sous les ordres de M. Mansart. » (Mém. ined., t. H, p. 5.)
2. Peut-être le duc d'Orléans est-il intervenu lui-même en faveur de son peintre favori. Il écrit en effet d'Espagne à Coypel : « Je vous félicite du nouvel ouvrage que vous avez à faire. Je sais bon gré à M. d'Antin de son choix et de son goût et je l'en remercierai. » (Ch.-Ant. Coypel, Vie des Premiers peintres, t. II, p. 20.)
3. Nous n'avons pas les esquisses de La Fosse, mais il existe aux Archives (O* 1784) un projet de peintures non signé, mais daté de janvier 1707, c'est-à-dire du vivant de Mansart encore, et qui, selon toute vraisemblance, est celui qu'imaginèrent le peintre et l'architecte. Le voici :
« On pourroit dédier cette chapelle au Fils de Dieu, incarné pour le salut de tous les hommes, et traitter ce sujet depuis son incarnation jusqu'à sa glorieuse ascension.
« La chapelle haute au raz-de-chaussée des tribunes peut estre dédiée à la très Sainte Vierge, et l'incarnation qui commence le mistere de notre rédemption seroit représentée dans le tableau de l'autel par l'annonciation de l'ange.
« Dans la coupe de la voûte de cette chapelle. Dieu le Père y seroit représenté, entouré de plusieurs anges, comme le mistére de l'incarnation procédant de luy.
« La Nativité de Notre-Seigneur, qui suit l'incarnation, seroit représentée au maître-autel dans un tableau ou dans un bas-relief.
« Sa mort sur la Croix seroit représentée dans le tableau de l'autel de la chapelle basse qui pourroit estre dédiée à la passion de Notre-Seigneur et dans lecul-de-