Voy. Engerand, Inventaire de Bailly, p
5. Un de ces tableaux est au Louvre, l'autre au Musée d'Orléans; celui du Louvre fut sans doute peint au début du wiii*^ siècle pour Meudon.
ô. Aujourd'hui au Musée de Dijon.
LA PEINTURE MYTHOLOCilQUE APRÈS LE BRUN i8.)
Michel-Ange Houasse, de François de ïroy, de Michel Serre. Au Salon de 1699 Ubeleski exposa la Naissance du dieu et son Arrivée à Naxos; au Salon de 1704, Louis de BouUognc, Vernansal, Ph. Lallemant et Bon Boullogne envoyèrent des Bacchus, Bertin, une Bacchanale, Henri de Favanne, Silène ix^veillé par la Nymphe Églé qui lui barbouille le visage de mures. Q uand Watteau peindra les Saisons dans une salle à manger de Fhôtel Crozat il imaginera V Automne sous les traits de Bacchus servi par Ganymède, et le souvenir du dieu, sinon le dieu lui-même, reparaîtra trois fois au moins dans son œuvre mythologique, dans les Enfants de Bacchus, les Enfants de Silène, les Jardins de Bacchus. Les plus timides de ces interprétations sont déjà libres : le Triomphe de Bacchus par Charles de La Fosse, au Musée du Louvre, est encore conçu avec une mesure et une dignité qu'on ne trouvera plus longtemps dans les sujets mythologiques, mais les enfants y sont déjà potelés, les femmes vivantes, charnues, souriantes, colorées de tons frais. Une volée d'amours roses éclaire la mauvaise petite toile d'Ant. Coypel, au Musée d'Avignon, IMrrirée à Naxos. La fantaisie tient tant de place dans le Vénus et Bacchus, de Louis de Boullogne (Musée de Troyes), qu'avant de rendre à cette œuvre son titre mythologique exact, on a pu longtemps n'y voir qu'une allégorie du vin et de l'amour sans personnages précis'. Toute la mythologie redevient vite galante après la mort de Le Brun. Ses successeurs n'empruntent au Premier Peintre que le mépris des réalités et des intentions antiques; ils inscrivent encore des allégories dans les légendes, mais presque toujours des allégories libertines. Une sélection s'opère entre les mythes : les aventures graves, ennuyeuses ou d'une philosophie trop élevée disparaissent du répertoire artistique devant la représentation du couple amoureux sous toutes ses formes classiques: Mars et Vénus, Apollon et Iris, Didon et Enée-, Les sujets d'histoire ancienne non my-
1. Les représentations de Vénus sont encore plus fréquentes; il est vrai qu'elles avaient été moins rares à l'époque précédente : Le Brun lui-même peint quatre fois la déesse, mais avec une froideur insupportable; Fénelon écrit en parlant d'une de ses interprétations : « Ce tableau me paraît peu touchant; la Vénus même n'est pas assez Vénus» (Fénelon, Jugement sur différents tableaux, édition Lebel, t. XLX p. 463.)
2. Ce couple, les artistes vont le chercher même dans le merveilleux féerique qu'ils négligent presque toujours cependant, parce qu'ils n'imaginent pas aisément les lutins, les démons, les fées, les enchanteurs, sous une forme matérielle. Ils représentent les épisodes amoureux empruntés à la Jérusalem délivrée : Renaud et Armide, Tancrède et Clorinde ou au Roland furieux : .Angélique et Médor, mais ces héros n'ont pour eux que la valeur de figures classiques. Ils les imaginent physiquement comme des demi-dieux antiques et ils les entourent des
,„.. I-A PEINTLRK D'HISTOIRK ANCIENNE
thologique deviennent également très rares parce qu'ils sont ennuyeux. La seconde moitié du xviT siècle les avait aimés au contraire ; ils servaient les desseins du Premier Peintre : toutes les aventures de rois victorieux, de rois cléments, de rois généreux devenaient aisément des hommages à la gloire, à la clémence, à la munificence de Louis XIV. Au Salon de 1673, ils sont encore nom-
Giuvc par 1'. Dicvct.
KIG. 56. — HYACINTHE RIGAUD. — PORTRAIT DE MADAME LE BRET DE LA BRIFFE.
breux; on les compte aisément au contraire aux expositions de 1609 et de 1704. C'est à peine si Corneille Faîne envoie une Aspasic
personnages traditionnels de la mythologie païenne. Vov. par exemple, les deux toiles d'Ant. Coypel, Armide prête à frapper Renaud et Renaud et Armide dans les embûches que leur tend l'Amour (fig. n° 38), dont nous avons les gravures par Dupuis et par Audran. On y rencontre Cupidon, des Amours, une Naïade à queue de poisson, un Fleuve à longue barbe, Apollon lui-même. Voy. aussi: Jean Raoux; Angélique et Médor (lig. n° 3(i).
LES SOURCES DE LA PEINTURE MYTHOLOGIQUE jqi
chcy^ Périclès; PaïUjt, une Dame romaine passant le Tibre qX. Arlémise combattant sur les j'aisseanx de Xeiwès; S. Guillebault, le Rapt des Sabines à la solennité de 1699^; et F. de Troy, Marc-Antoine et C/t?o/7t77rtM peut-être des portraits); Nie. Colombel, la Tolérance de Fabius; Bon BouUogne une Lucrèce'- à celle de 1704. De Piles recommande en vain aux artistes de consulter l'Histoire romaine de Coeffeteau, les Hommes illustres de Plutarque, la Colonne Trajane et les Discours qui l'expliquent'* : ceux-ci n'en tirent aucun profit.
Ils ne lisent pas non plus, d'ailleurs, la Religion des anjiejis Romains de Du Choul ou la Mythologie de César Ripa que leur indique aussi de Piles comme les meilleures sources de sujets mythologiques \ et répètent simplement les légendes transmises d'atelier en atelier par la tradition. Quelques-uns à peine connaissent les traductions d'Ovide : Louis de BouUogne, par exemple, qui emprunte directement aux Métamorphoses l'épisode de V Enlèvement d'Europe ■poMYTïis.non''. Ant. Coypel est peut-être le seul à consulter sérieusement les sources; il étudie ÏÉnéide avant de travailler au Palais-Royal, VIliade pour composer ses cartons des Gobelins en 1710; sa l'énus sur les eaux (fig. n" 36) et son Amour réfugié dans la maison d\4.nacréon illustrent le texte du poète alexandrin''; quand il peint pour Meudon Alceste qu Hercule ramène des Enfers, Mme Dacier traduit pour lui le cinquième acte de la tragédie d Euripide' . Mais, pour affecter de l'érudition, il n'en trahit pas moins l'antiquité véritable. Dans son œuvre, comme dans l'œuvre
1. Les esquisses du l'ioléniée Pliiladclplie.... de Y Alc.windre Sévère.... du Soloii.... du Trajjii..., exposées par Noël Coypel en 1G9Q, sont de vieilles œuvres peintes depuis lon^^temps aux voussures du salon de la Reine à Versailles et payées même avant iGqo.
2. Les sujets d'histoire antique que l'on trouve le plus souvent entre 1690 et 1721 sont des épisodes galants tels que le Lai d'Aristote par Ch. de La Eosse, au Musée de Montpellier, ou Apelle peii^nant Campaspe de Nicolas Vleughels, son morceau de réception en 171b.
3. Remarques sur l'Art de peinture de Dufresnov, édit. de 17G7, p. iSi et suiv.
4. Il y avait d'autres ouvrages encore où les peintres pouvaient aisément puiser : l'Histoire poétique pour l'intelligence des poètes et auteurs anciens du père Gaultruche, par exemple, publiée en 1 638, et qui comptait vingt éditions en 171 5, et le Pantheum mjythicum, seu fabidosa deoruni historia du père Pomey, de 1697, écrit en latin, mais illustré.
5. <( Le sujet que je prand pour les tableaux que je dois faire écrit-il, est tiré
du second livre des Métamorphoses d'Ovide. « (Engerand, Inventaire de Bailly. p. 448.)
b. Sous la gravure de la Vénus sur les eaux de Desplaces, par exemple, on lit : Anacréon, Ode li.
7. Ch.-Ant. Coypel, Vie des Premiers Peintres du Roi, t. II, p. i5-iG.