I.A PEINTURE MYTHOLOGIQUE A TRIAXON igS
un palais royal*. La gracieuse légende de Zépliyre et de Flore, qui va devenir un des thèmes favoris du xviii'' siècle, est interprétée déjà par plusieurs artistes : Ant. Coypel accompagne les amants d'un amour portant un Jlambeau"-; Jouvenet représente Zéphyre offrant des fleurs à Flore étendue sur un lit, entourée de nymphes^; Corneille peint le couple escorté de nymphes qui élèvent une corbeille de fleurs, et d'amours qui penchent une corne d'abondance'. V Enlèvement d'Europe, et Jupiter transformé en taureau caressé par Europe commandés à Louis de BouUogne pour l'escalier du château sont déjà des œuvres très libertines. Ces tableaux ont
1. L'artiste, trop vieux d'ailleurs, peut à peine ébaucher la série, et la commande passe à Verdier qui peint trois toiles, et à Louis de BouUogne qui en donne deux. Bon BouUogne peint aussi pour Trianon Vénus accompagnée de l'Amour qui aiguise ses flèches (Voy. pour l'abandon des ébauches par de Sève, le document publié en 1892 dans les Nouv. Arch. de l'Art franc., p. 78, par M. J.-J. Guitfrey, d'après les Archives Xationales O* 1794, où on lit : « Surseoir, n'y ayant point d'achevés. Il y en a sept ébauchés. » Sur les toiles de L. de BouUogne, voy. Engerand, Inv. de Bailly, p. 447; sur celles de Verdier, Ibid., p. 462). Il paraît certain que plusieurs tableaux commandés pour Trianon ne furent jamais peints. Au début de la guerre de la ligue d'Augsbourg on arrêta sans doute ou, au moins, on ralentit les commandes faites en 1688 pour les reprendre en 1693 (Voy. Nouv. Arch. de l'Art franc., 1892, p. 7.7 et suiv. : J.-J. Qnx^vQj , Peintures commandées sous Louis XIV pour Trianon-sous-Bois) : un certain nombre de commandes furent alors annulées; mais il est presque impossible de déterminer lesquelles. Les documents d'archives sont contradictoires ; ainsi Verdier ne touche, d'après les Comptes, que 200"*^, le 23 janvier 1689, pour sa série des Amours de Jupiter et de lu (Guiffrey, Comptes, t. III, p. 287); il est certain cependant qu'il en exécuta plusieurs morceaux, puisque l'Inventaire de Bailly en signale quatre et que Piganiol confirme Bailly.
2. Ce tableau fait partie des collections du Louvre, mais n'est pas exposé. Ant. Coypel peint au moins deux autres Zéphyrs, l'un pour Thôtel Lambert, l'autre en 1699 pour le grand salon de Marly, où il avait été chargé de figurer le Printemps. — Au Salon de 1699, Noël Coypel expose un Zephyre et Flore entourés d'amours plafonnants et L. de BouUogne envoie le même sujet à la même exposition. En 1704, c'est Bon BouUogne et L. de BouUogne, de nouveau, qui interprètent la légende. Bailly signale en 1709 (p. 402) au nom de La Fosse, au Luxembourg, dans la chambre de Mademoiselle, « un tableau en plafond représentant Zéphyre que couronne Flore, assise sur un nuage, accompagnée de deux enfans; l'un tient un panier de fleurs et l'autre verse de l'eau avec un arrosoir d'or ». — On voit aussi à Fontainebleau, un Zéphyre et Flore sur un nuage, accompagnés d'un amour qui leur présente des fleurs, porté aux inconnus de l'école française, mais qui est de Nicolas Bertin, Et ce ne sont là que les tableaux peints pour le roi ou exposés aux Salons. Nous ne connaissons pas tous ceux qui décorèrent les boudoirs et les alcôves.
3. Signalé par Piganiol, Description de Versailles, t. II, p. 217, dans la salle qui faisait suite à l'ancienne chambre à coucher du dauphin et où Jouvenet avait peint deux dessus de porte représentant des Enfants, et Nicolas Bertin Vertumne et Potnone, autre forme du couple amoureux.
4. Voy. l'ordonnance de payement dans Engerand, Inv. de Bailly, p. 412-413. Les toiles sont signalées dans Piganiol, Description de Versailles , t. I, p. 2iu. Audessus des portes deux petits Zéphyrs de BouUogne se faisaient pendant.