Voy. Dangeau. Journal, t. VI, p
LA PEINTURE MYTHOLOCilQUE A LA MÉNAGERIE 197
la Querelle de Neptune et de Minerve par Poerson*. Toutes les autres compositions sont gracieuses et galantes : Louis de Silvestre et Colombel peignent Arion sur le dauphin jouant de la lyre et Orphéedans la quatrième pièce de l'appartement d'été; Vernansal donne Actéon changé en cerf pour la première pièce de l'appartement d'hiver"* ; dans la deuxième, consacrée à Vénus, Louis de Boullogne représente Vénus et Vulcain et Vénus donnant des armes à Enée \ Bon Boullogne, la. Naissance de Vénus et Vénus à sa toilette^, Antoine Coypel, Vénus dans une conque portée par trois Tritons'''; dans la quatrième enfin, avec les toiles d'Ubeleski et de Poerson, on trouve le Triomphe et la Mort de Niobé par Blanchard ^ Le choix des artistes lui-même est significatif : Blanchard est le premier apôtre du coloris en France,
1. Le tableau de Poerson est aujourd'hui au Musée de Fontainebleau.
2. M. Engeranddans V Inventaire de Bailly, p. 467, note à l'actif d'Antoine Coypel « Un Jeune homme sur un dauphin jouant de la lyre et deux Nayades auprès, figures de 9 à 10 pouces, ayant de hauteur 18 pouces sur 22 pouces 1/2 de large, dans sa bordure dorée ovale. Versailles, Ménagerie. » Ce tableau, dit-il, a été omis par Bailly dans l'inventaire de 1709, mais se trouve porté à celui de 1706. C'est une erreur. Bailly n'a pas omis l'œuvre en 1709. S'il ne l'a pas indiquée, c'est qu'il ne le voulait pas, c'est qu'il avait commis une erreur en 170G. A l'article Louis de Silvestre de l'Inventaire publié par M Engerand, p. 5o3, on trouve « un tableau représentant Arion monté sur un dauphin jouant de la lyre, figures de 11 à 12 pouces ayant de hauteur iS pouces sur 22 de largeur. Ménagerie. » Si les deux toiles ne devaient pas être confondues, le même sujet aurait été traité par deux artistes dans les mêmes dimensions pour la même décoration. En réalité, il ne l'a été qu'une fois et par Silvestre. La mention de 1709 n'est qu'une rectification de celle de 1706. D'abord les Comptes n'indiquent pas à! Arion au nom d'Antoine Coypel, tandis qu'au nom de Silvestre, le 29 août 1708 {Comptes des Bâtiments, t. IV, p. 962), on lit: « Au sieur Sylvestre, peintre, pour un tableau représentant Arion qu'il a fait et posé à la Ménagerie de Versailles pendant l'année 1701 : 25o"^ ». Piganiol, ensuite, dans sa description de la Ménagerie, n'attribue à Coypel aucun Arion; mais il dit (Description de Versailles, édit., 1751, p. 2o5) : « Dans la quatrième (pièce de l'appartement d'été), il y a deux tableaux, dont l'un représente Arion jouant de la lyre et porté par un dauphin. Ce tableau est tout gracieux. On est surtout charmé de l'élégance du dessin et de l'harmonie des couleurs. Il est de Silvestre le jeune; il a I pied 6 pouces sur i pied 10 pouces 1/2 de large». Ni l'Inventaire, ni Piganiol n'indiquent la forme ovale de l'œuvre, mais celle-ci faisait pendant à un Orphée jouant de la lyre que l'Inventaire de 1709 donne comme étant ovale. Il faut donc modifier une fois déplus l'attribution du tableau conservé au château de Compiègne : l'œuvre n'est pas de Noël-Nicolas Coypel comme on l'a cru longtemps, ni d'Antoine comme le voudrait M. Engerand, mais de Louis de Silvestre.
3. Piganiol, Description de Versailles, t. II, p. 2o5, et Engerand, Inventaire de Bailly, p. 465.