‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 163 sur 273 · Comptes, t. V, p · texte numérisé non relu

Comptes, t. V, p

7. D'Argenville, Voyage pittoresque des Environs de Paris, p. 22. Zéphyre et Flore est actuellement à Fontainebleau, de forme octogonale. D'Argenville l'indique comme ovale, mais la différence n'est pas suffisante pour detiuire l'identitication.

8. Vie des premiers peintres du roi, t- II, p. i3. Q. Les deux toiles de Psvehé sont à l'Ermitage.

.oo L'HISTOIRE DÉNKK PAR ANTOINE COYl'i:!.

vures de Château et de Tardieu que jamais Coypel ne réalisa mieux son aimable conception de la mythologie : les nudités élégantes de l'Amour et de Psyché sont relevées déjà d'une pointe de libertinage, les chairs de Silène sont grasses, et l'attitude de la nymphe Églé singulièrement audacieuse.

A peine Coypel a-t-il terminé ses peintures pour Monseigneur que le jeune duc d'Orléans lui confie la décoration de la grande galerie du Palais-Royal. « 11 désirait que l'histoire d'Enée fût représentée... et il était impatient de voir le premier crayon des idées que fournirait à un excellent peintre un poème tel que V Enéide^ ». La Liquidation des comptes de communauté du Réi>ent date par erreur cette commande du vivant de Monsieur'-. L'esquisse du plafond représentant Vénus suppliant Jupiter en faveur d' Enée devant les dieux assemblés (fig. n"' 27 et 31) est commencée pendant l'été 1702, les études de détail sont exécutées l'hiver suivant, et à la fm de l'été 1703 l'œuvre est en place. Les quatre voussures : Junon commandant àÉole de déchaîner la tempête (fig. n' 28 et hors texte n" 4), Neptune ordonne à Éole de calmer les /lois, les vaisseaux d'Enée ?nétamo?pliosés en nymphes et Vulcain montrant à Vénus les armes d'Enée sont terminées dès 1705^ Les autres compositions, au contraire : Enée emportant son père Anchise (fig. hors texte n" i), Didon dans le temple aperçoit Éfiée{{\g. n" 30), Eîiée détourné par Mercure de s'établir à Carthage (fig. hors texte n° i), la Mort de Didon (fig. n" 29), la Descente d^Enée aux Enfers (fig. n"' 33, 34 et hors texte n" 3), Junon excitant Turnus à faire la guerre à Enée, la Mort de Pallas, la. Mort de Turnus (fig. hors texte n" i), sont postérieures à la mort de Louis XIV*:

1. Vie des premiers peintres du roi, t. II, p. 17. La légende du héros était depuis longtemps familière aux artistes français. Au xvii" siècle, Claude Lorrain avait illustré de lumineux paysages avec les aventures d'Enée; la National Gallery conserve un Didon et Enée cherchant un refuge contre l'orage, du Poussin ; Le Brun emprunte cinq toiles au moins à la légende (Voy. Jouin, Charles Le Brun, p. Soj. 5o8, 5i5) et Coypel lui-même expose déjà au Salon de 1699 Vénus donnant des armes à Énée.

2. Archives Nationales, R* loGG, folio 232, on lit : « Entin le sieur Coypel a fait plusieurs ouvrages de peinture en la grande gallerie du Palais-Royal au temps de lad. A. R. Monsieur, à cause desquels ouvrages, il s'est trouvé qu'il étoit dû aud. sieur Coypel la somme de 60,000^, pour laquelle S. A. R. deffunct Mgr le duc d'Orléans lui a constitué par contrat et passé devant Bellanger, notaire à Paris, le i^' janvier 1706, une rente de 3, 000"*^ qui existe actuellement et dont les arrérages sont payés à lui ou à ceux qui le représentent. » Voir aussi folio 235.

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