‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 167 sur 273 · Vie des premiers peintres, t. II, p · texte numérisé non relu

Vie des premiers peintres, t. II, p

.,,(■. LA MYlllOl-OCÎlK DANS L'ŒU\'RE DE WATTKAU

du Louvre (fig. n" 42), par exemple: seuls, les attributs de Minerve donnent à la composition un caractère mythologique ; Junon, sur un nuage, est vêtue en marquise coquette et Vénus ôte ou remet une chemise qui eût bien surpris les Grecs. Le Vertumne — dans W'rtnmnc et Pomone (tig. n** 41) — a des allures inquiétantes d'entremetteuse. Parfois un accessoire brossé à la hâte indique seul qu'une jeune femme très moderne figure une déesse altière. Songerait-on à Diane devant cette jolie baigneuse nue, assise au bord de l'eau, si un carquois et des flèches n'étaient pas posés près d'elle {iïg. n"4o)'.

En réalité, pour Watteau, la peinture mythologique n'est déjà plus qu'une forme de la peinture de genre. Bien que cette conception ne choque pas les contemporains, aucun d'eux ne l'adopte avant 1721. Après cette date, au contraire, tandis que quelques peintres continuent la tradition d'Antoine Coypel et gardent une apparence de dignité aux scènes les plus audacieuses, les autres imitent Watteau et peignent sans contrainte les anecdotes les plus libertines. Mais comme les meilleurs d'entre eux, Boucher et Fragonard même, n'ont ni l'esprit, ni la délicatesse, ni le génie du Maître, leurs œuvres donnent souvent dans le grossier.

I. Il est probable que les jolies filles déshabillées des mythologies de Watteau ne sont pas plus que les Docteurs et les Mezzetins, des figurées imaginées. Le même modèle a sans doute posé pour la Pomone de Vertumne et Pomonc(i\g. n" 41), et pour la Vénus de la Naissance de Vénus. Dans la petite Source qui regarde derrière elle avec une ingénuité un peu vicieuse on a cru reconnaître la nièce de M. de Julienne. Watteau n'était pas incapable de cette audace; il est probable cependant qu'il représenta surtout des femmes de condition moins élevée. Quand il habitait aux Fossés de la Doctrine chrétienne, sa servante était pour lui un modèle agréable et complaisant.

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